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MARCENAT,
LA HAUTE AUVERGNE A L’ÉTAT PUR
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Ce
reportage est tiré du N° 5 de la revue Cantal Magazine et
a été réalisé par Monique Roques. Nous remercions M.Roques
pour son autorisation de publication sur CantalPassion. |
ON NE
PEUT QUE «
MONTER » À MARCENAT :
PAR CONDAT, PAR LUGARDE OU VIA LE
CÉZAILLER CÔTÉ SOLEIL
LEVANT. NICHÉ À 1060
MÈTRES D'ALTITUDE, LE
VILLAGE, QUI COMPTE 627 RÉSIDENTS PERMANENTS, OUVRE EN TOUTE SAISON
SES ESPACES AUX AMATEURS D'AIR PUR ET DE
LIBERTÉ. DE
DÉCOUVERTES INSOLITES AUSSI. CAR
MARCENAT DÉTIENT DE BIEN
SINGULIERS TRÉSORS AVEC UN RICHE HÉRITAGE CULTUREL ET ARCHITECTURAL,
UN CENTRE DE RECHERCHES
AGRONOMIQUES, UN MUSÉE ABSOLUMENT DÉTONANT ET...
UN MONASTÈRE ORTHODOXE.
DÉCOUVERTE ET VISITE D'UN VILLAGE
OÙ IL FAIT BON VIVRE, PENSER, CRÉER ET...
MÉDITER EN TOUTE SÉRÉNITÉ.
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La place du marché, entièrement rénovée. |
Soyons
réalistes ! Ce n est pas
la peine de rêver d'usines
et d'industrie
lourde dans un pays comme
le nôtre. Non, il est
propice à la création
d
écoles:
d écoles
de métiers de la nature, d'écoles
de mode ou d art, de
centres de théologie... Le
milieu est naturellement propice à
la création »,
explique
posément Pierrette Serre, en
achetant des fruits chez son
amie Annie Dubois. La
première est une commerçante en retraite tandis que
la seconde tient « l'épicerie la
plus ouverte de France».
Pour preuve : vous pouvez
en pousser la porte du lundi au samedi, de 8 h à 19 h, et le
dimanche de 8 h à 12 h 30
! La gérante de Vival, qui vend
des produits Casino,
garantit aussi le sourire. «
Chez nous, les gens se
ressourcent. Ce sont eux qui le disent. Une cliente de
passage m’
a
confié dernièrement que le
silence alentour était
pour elle très positivement troublant,
souligne
Annie
Dubois, en servant un client.
Mais il est
parfois regrettable
qu'on parle souvent de nous., comme des arriérés. On
dirait que le
qualificatif est proportionnel à l'altitude et à
la dureté
du
climat
! »
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Entrez donc dans l'épicerie la plus ouverte de France
! |
Un village
de montagne
De grands
travaux -
l'enfouissement des lignes
électriques et
téléphoniques - ont
momentanément occasionné la pose d'un feu rouge dans le village.
Cela ressemble
à un grand nettoyage de printemps
! Parallèlement, l'air
s'est fait depuis peu soudainement
plus doux, les oiseaux s'imposent musicalement et les jonquilles
gagnent chaque jour un peu
plus de terrain sur les
perce-neige. La belle saison
sort tout doucement du calme
hivernal la petite commune
du Parc des Volcans d'Auvergne, inscrite aussi
dans la communauté de communes
du Cézallier. L’hiver 2005 a été particulièrement enneigé et début
mai, des plaques
blanches s'inscrivent encore dans le paysage
des montagnes alentour. A Marcenat, la vie
s'égrène encore au rythme des
saisons sans échapper au
souci majeur de tout territoire rural :
la baisse
démographique et ses
conséquences. Sur le service public, immanquablement. La
gendarmerie a fermé ses portes
voilà un an. La poste est condamnée à
terme. Les écoles, jadis au
nombre de deux, se réduisent
aujourd'hui à deux classes : une de maternelle
et une regroupant les différents
niveaux de l'école
primaire. Mais les bonnes volontés locales n'ont pas
dit leur dernier mot. La mairie
s'active et une jolie bibliothèque garantit l'accès au plaisir de
l'instruction libre,
volontaire et ludique. Les paroissiens se
fient, quant à eux, aux bonnes
grâces de Soeur Bruno
Le saviez
vous?
Origines
Marcenat est
un nom d’origine celte, signifiant le «bourg au-dessus des
forêts».
Corporation
Marcenat est le fief d’origine reconnu des marchands de toile.
Vers1890, Jacob Tible, né à Marcenat en 1830 et représentant
l’industrie linière à Paris, développa la profession en aidant les
débutants. Il leur fournissait de la toile à des conditions très
intéressantes ainsi que des conseils pour la vendre. Les besoins en
toile dans les campagnes étaient alors considérables et il n’y eut
pas une région qui ne fut pas visitées par les marchands itinérants.
Le principe de vente était le suivant: organiser leurs tournées de
façon à repasser chaque année chez les mêmes clients à la même date.
Des liens d’amitié se tissèrent entre marchands et clients. Des
commis furent employés, jusqu’à dix parfois. Ils allaient à pied ou
à bicyclette. Dès 1910 les plus riches des marchands eurent une
automobile. En 1926, 620 personnes sur 2619 habitants quittaient
Marcenat pour vendre de la toile… Aujourd’hui, une dizaine de
«négociants» , du nom de leur nouveau statut en date de 1964,
originaires de Marcenat, exercent encore leur activité dans les
différentes régions de France.
| La maison de retraite est l'un des principaux pôles
d'emplois pour le village. |
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Soeur Bruno Dominiqe, cheville ouvrière de la vie
paroissiale, aussi active que souriante. |
Dominique,
qui distribue sans relâche foi et énergie.
C'est elle qui remplace le curé d'Allanche, chaque
fois que le
besoin s'en fait sentir. Elle assure en particulier
tous les enterrements et des assemblées de
prières. Les
commerçants, pour leur part, n'ont pas
déserté le
pays, qui compte deux boulangeries, deux
épiceries,
un café-tabac-presse, un hôtel restaurant...
Le corps
médical est bien représenté avec un médecin,
un kiné et une pharmacie au look plus citadin
que
campagnard. «
Toute la
difficulté est de maintenir ou
d'attirer au
pays des gens en activité. Il n’y a pas de vie possible
sans économie
! » souligne
un élu.
Maintenir une
activité économique
La maison de
retraite, rénovée de manière attrayante,
accueille une
cinquantaine de résidents et emploie plus de vingt personnes.
L’agriculture demeure un
des piliers
de l'activité économique. Les exploitations
ont la possibilité
de produire
du saint nectaire,
puisqu'elles
se situent
dans la zone
de
l'appellation d'origine
contrôlée. Des
ventes à la
ferme ou sur les marchés de
pays,
organisées tous
les étés, le
vendredi
soir,
attirent de plus en
plus de
monde. Il faut
dire que la
population
est
multipliée
par
quatre
entre l'été et
l'hiver. De
quoi booster les ventes de produits du
terroir.
«
Le terroir et ses nombreux héritages restent des
valeurs
sî0res pour des territoires comme les nôtres »,
assurent
les responsables de l'Association de Sauvegarde
du
Patrimoine, créée en 1995. Elle s'est consacrée
dans un
premier temps à la restauration des objets
d'art de
l'église, puis à celle du petit patrimoine, tel que le four de
Maucher, la croix du Godde, le pont
romain et le
four à pain du Saillant...
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Un riche patrimoine
culturel.
L'église et ses retables
baroques
-
L'église, née
romane, se trouve
aujourd'hui dans sa
disposition
du XVIIe siècle, époque
de pèlerinage
pour Marcenat, en dévotion à Notre
Dame de Montaigu.
Les retables, de style baroque,
sont, inscrits à l'inventaire des Monuments historiques. Une
très belle Piétra,
une statue de Saint-Sébastien, un remarquable lutrin, font
partie du mobilier
classé. La châsse, à
droite dans l'église, présente les reliques
de
Sainte Atilie. |
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... et naturel
La cascade du Saillant
Les cours d’eau
serpentent tranquillement sur les plateaux jusqu'à ce
qu'ils
se
trouvent
subitement au niveau
d'un
front de coulée de lave,
souvent franchi par
une
cascade. Celle du Saillant est une des plus spectaculaires de
la
région.
Le Bonjon y
décrit une chute d'une
vingtaine de mètres, à l'extrémité d'une
coulée
épanchée
dans une ancienne vallée
depuis environ trois millions d'années. Le front
de coulée,
franchi par la
cascade du Saillant, marque l'extrémité occidentale du volcanisme
du Cézallier. |
Monique Roque
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