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Heureux qui comme Ulysse... Imprimer Envoyer
Écrit par Estival   

Les bords de la Méditerranée sur la côte tunisienne ont le charme si bien décrit par Flaubert, dans Salambô...

Au retour de Carthage, et Sidi Bou Saïd blanche et bleue, dans l'avion qui me ramène en Auvergne, je lis ces lignes merveilleuses de Julien GRACQ* que je vous livre avec émotion :

"La première fois que je pris la route de Bort à Neussargues, au déclin de l'après-midi, les herbages du Cézallier avant Allanche étaient si lustrés par le soleil ras que, contre la couleur de pain blond craquant sortant du four, le ciel au bord de l'horizon prenait la teinte d'un orage de mai ; une gaie ferblanterie de sonnailles secouées faisait la haie tout le long de la route et aiguisait cette odeur de foin coupé qui ènivre et semble faire chavirer en nous une mémoire très ancienne (...) Quand je quittai (Allanche), un petit train de voyageurs dans un pli du terrain roulait à même la prairie au milieu des troupeaux sonnaillants, enfoui dans l'herbe jusqu'à ses marchepieds, ses vitres illuminées par le soleil couchant, pareil à un train du Far West au milieu des bisons au pacage"...

La poésie du Cantal est toute entière contenue dans ce texte, n'est-ce pas ?

*cf "Les carnets du grand chemin"
Françoise Estival

Mise à jour le Jeudi, 10 Juin 2010 15:56