| Les alicaments sous la lumière des projecteurs |
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| Écrit par Pastrou | |||
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Nous sommes tous soucieux de notre santé, de notre forme ou de notre bien-être, et à en croire la publicité de certains produits, nous n’aurions que le désagrément de mettre la main à la poche pour nous maintenir en bonne santé. Qu’en est-il vraiment ? Serait-ce si facile ? Vous avez tous vu ou entendu les allégations telles que "Facilite la digestion", "Facilite le transit intestinal", "Renforce l'immunité", "Aide l'organisme à se défendre", "Active la santé", "Equilibre la flore intestinale". Bien des yaourts vendus avec force publicitaire à l’appui ou campagne télévisuelle sans pareil, nous vante leurs bienfaits. Les prétendus effets positifs sur la santé de ces alicaments viennent d’être contestés, pour la plus grande majorité, par les autorités scientifiques. Un coup dur pour les industriels, qui ne pourront plus axer leur stratégie marketing sur ces arguments. Des titres des plus évocateurs au sein de magazines spécialisés semblent déceller quelques « vices de forme » : Quand manger est un danger ! Les industriels de ces produits (yaourts, fioles de lait fermenté, compléments alimentaires, ect…) rencontrent quelques soucis de justification à l’égard de notre santé, d’ailleurs leurs puissantes forces de communication ont déjà modifié, sans tarder, les messages publicitaires délivrés. La référence au -bienfait à notre santé- est progressivement ou radicalement retiré des spots publicitaires et de l’étiquetage. Mais que s’est-il passé ? Ces produits que l’on appelle aussi des alicaments (contraction de aliment et médicament) doivent démontrer par des études scientifiques sérieuses, la réalité des effets annoncés auprès de l'EFSA, qui n’est autre que l’autorité européenne de sécurité des aliments (European Food Safety Authority). Et les résultats communiqués dés la fin 2009 sont éloquents, l'EFSA a rejeté la quasi-totalité de ces allégations mentionnées sur ces produits enrichis en probiotiques notamment, (les probiotiques sont des bactéries qui sont naturellement présentes dans notre flore intestinale). Les réactions industrielles en chaine : Déjà Nestlé a préféré retirer toutes les allégations figurant sur ses boîtes de lait infantile (Nidal, Natea). Pour Danone aussi, l'enjeu est colossal. Ses deux produits phare, Activia et Actimel, réalisent chacun plus de 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires dans le monde. Après l'échec commercial d'Essensis, un yaourt aux propriétés cosmétiques. Le service commercial de Franck Riboud va devoir trouver de nouveaux arguments pour convaincre ses clients de payer les yaourts Activia au bifidus, environ deux fois plus cher que des yaourts classiques. Et le marketing d’Actimel, vendu près de 5 euros le litre et plus sucré de 50 % que les célèbres sodas caféinés, va devoir justifier son prix. L'enjeu aussi, pour Bion, autre industriel, se chiffre en dizaines de millions d'euros. Surfant sur la vague de la santé et du bien-être, le Bion Sans compter l'effet grippe A. "Notre positionnement spécifique sur le renfort des défenses naturelles a attiré l'attention du grand public et des professionnels de santé durant cette période. Les ventes du dernier trimestre 2009 ont été excellentes : + 40 % en moyenne entre septembre et décembre", reconnaît Laurent Henaux, directeur de Merck Médication familiale, maison mère de Bion, qui vise un chiffre d'affaires de 50 millions d'euros d'ici à 2012. La médecine et les chercheurs vers une autre démonstration. Et si ces micro-organismes dopaient surtout l'obésité ? **Dernièrement Didier Raoult, chercheur de l'hôpital de **Un article publié dans le Federation of American Societies for Experimental Biology Journal, corédigé par un chercheur du Centre de Recherche "Nestlé Research Center de Lausanne", confirmerait : "Les éléments dont nous disposons suggèrent que la flore intestinale joue un rôle dans l'obésité". ** Source l’Expansion Plusieurs exemples incitent à la prudence. Les effets bénéfiques des antioxydants ou de l'acide folique (vitamine B9) sont bien connus, mais des chercheurs ont récemment démontré leur rôle dans le développement de certains cancers. Mais tous s'accordent pour dire que ces connaissances sont encore embryonnaires. DANONE pose un genou à terre : le géant industriel vient d’annoncer qu’il ne représenterait pas son dossier devant l’EFSA pour un nouvel avis. Les allégations santé n’ont et ne pourront pas être démontrées ou validées. Dans tous les cas, l'EFSA a levé le voile sur cette activité de l'industrie agroalimentaire. Peut-on imaginer encourager la consommation d'un aliment dont le bénéfice n'est pas prouvé et qui, à l'inverse, pourrait se révéler dangereux pour une partie de la population. Le risque d’absorber des probiotiques n'étant pas nul, il doit être rigoureusement évalué. Mais quel rapport de cet article avec notre département Cantal ? Simplement que l’industrie de recherche et de production de probiotique, est bien présente au sein de notre département. -------------------------------------------------------------------------------- http://www.cantalexpansion.fr/L-avenir-des-probiotiques-se-joue.html
L’avenir des probiotiques se joue dans le Cantal Basé à Aurillac, l’Institut de recherche pharmabiotique (IRP) vient de recevoir le label « cluster d’excellence »*. Un projet innovant qui associe entreprises et universités auvergnates autour de la recherche sur les probiotiques. Hébergé par l’IUT d’Aurillac, l’IRP est un véritable pôle scientifique de compétences académiques et industrielles associant 20 adhérents, tous auvergnats : PME, laboratoires publics et privés et centres de formation. Avec un objectif ambitieux : réaliser le premier état de l’art mondial des connaissances sur les probiotiques. Le choix d’Aurillac comme centre stratégique du cluster ne relève pas du hasard : le Cantal héberge en effet trois entreprises leaders sur le marché des probiotiques (Lyocentre, Lallemand et Biovitis). Peu connue du grand public, cette filière offre pourtant des perspectives de développement industriel, d’où le soutien des collectivités locales par le biais de partenariats public/privé. Le label « cluster d’excellence » assure ainsi à l’IRP des moyens financiers et techniques au cours des 3 prochaines années, avec à la clé une enveloppe de 2,1 M€ (20 % provenant de Jusqu’ici destinées à l’industrie agroalimentaire, qui les commercialise sous forme de compléments alimentaires, les probiotiques présentent un intérêt particulier pour l’industrie pharmaceutique. L’évolution récente des connaissances montre en effet que ces microorganismes pourraient jouer un rôle préventif et curatif dans le traitement de certaines maladies, notamment inflammatoires. La création, fin 2009, de l’Institut de Recherche Pharmabiotique (IRP) vise justement à étudier et valider ces propriétés thérapeutiques, de « D’ici 2013, nous espérons obtenir l’accord des autorités de santé sur une autorisation de mise sur le marché spécifique pour les probiotiques », explique Magali Cordaillat-Simmons, coordinatrice de l’IRP. « Une fois les probiotiques reconnus comme des médicaments, cette filière sera appelée à se développer très rapidement ! ».
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| Mise à jour le Jeudi, 15 Juillet 2010 11:07 |





