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Tournois des VI nations Imprimer Envoyer
Écrit par Morizet   

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Rose, chardon, trèfle…à chacun son emblème.

écrit par le Siranais

 

Les fans de rugby sont à la fête : Le Tournoi des VI nations a fait son ouverture le vendredi 4 février. Il rendra son verdict le 19 mars.

Incollables sur les couleurs des équipes, capables de reconnaître dès la première note l’hymne de chaque nation ou encore de nommer sans la moindre hésitation le nom des stades mythiques de chaque nation, les mordus du ballon ovale sont-ils aussi nombreux à connaître l’origine de l’emblème que chaque joueur porte avec fierté, côté cœur, sur son maillot ?

Entre légendes, faits historiques avérés ou supposés l’emploi du conditionnel est de rigueur. Mais peu importe : l’honneur du sport est de permettre à l’être humain de manifester de façon pacifique, par le jeu, le sentiment d’une identité collective. Force est de constater que l’origine de l’emblème puise toujours ses racines dans un passé lointain, une époque où à y regarder de près, émerge dans chaque pays l’idée de nation. A la lecture de ces informations vous comprendrez sans doute mieux pourquoi les chants repris en chœur avec ferveur par tout un public conquis d’avance, donnent la chair de poule aux joueurs adverses les plus aguerris à l’heure de sortir du tunnel et d’aller défendre quatre-vingt minutes durant, avec son cœur et ses tripes, l’honneur et la fierté de porter les couleurs de son pays. Ceci dit, bon Tournoi et vive le rugby !

L’Angleterre et la rose :

L’emblème de la rose trouve son origine à la guerre des Roses qui opposa en 1450 la famille royale des Lancaster, dont l’emblème était une rose rouge à celle des York dont le symbole était une rose blanche. La victoire du premier camp sur Richard III, roi d’Angleterre, marqua la fin du régime d’York. Le mariage de Henri VII, nouveau roi d’Angleterre avec Elisabeth d’York réunit les deux familles dont le nouveau blason serait désormais une rose rouge à cœur blanc appelée rose Tudor. Les internationaux la portent sur leur maillot depuis 1871, date de la création de la Fédération Anglaise de Rugby.

L’Ecosse et le chardon :

La tentative des Vikings de s’installer sur la terre écossaise serait à l’origine de cet emblème national.  La légende raconte qu'en 1010, lors de l’attaque nocturne d’un château,  pour éviter d'être trop bruyants, les guerriers vikings enlevèrent leurs chaussures. La garnison écossaise dut son salut aux cris des assaillants qui tombèrent sur des chardons. Le château et l'Écosse furent sauvés. De ce jour, le chardon devint l’emblème de l’Ecosse.

Le Pays de Galles et le « poireau » :

Le Pays de Galles a pour emblème trois plumes d’autruche stylisées. Ces trois plumes font référence à la fameuse bataille de Crécy (1346)  qui vit la victoire du roi Edouard III d’Angleterre sur le roi de France. Après la bataille, Edouard aurait arraché les trois plumes d’autruche ornant le heaume de Jean de Luxembourg pour les offrir à son fils, le Prince Noir. Cependant on surnomme le XV du Pays de Galles "le dragon" et plus souvent encore "l’équipe du poireau", sans que le légume soit son emblème. Ce surnom fait référence à une bataille que les Gallois auraient livré et gagné contre les Anglais. A cette époque (indéterminée comme dans toutes les légendes !), les uniformes n'existaient pas. Afin de distinguer les amis des ennemis, les Gallois décidèrent de fixer à leurs casques des brins de poireaux qui poussaient près du champ de bataille. Aujourd’hui encore, chaque 1er mars,  le plus jeune membre du régiment des Gardes gallois mange un poireau cru sous les acclamations de ses pairs.

L’Irlande et le trèfle :

La légende raconte que le trèfle aurait été utilisé par Saint Patrick lors de sa mission d'évangélisation de l'Irlande. Alors que celui-ci tentait de convertir le roi à la cause chrétienne, Saint Patrick eut l'idée de se servir d'un trèfle à 3 feuilles pour illustrer la Sainte Trinité. D'après lui, chaque feuille représente une entité : le Père, le Fils, et le Saint Esprit. Le trèfle dans son ensemble, représente Dieu lui permettant ainsi d’expliquer comment un seul dieu pouvait être présent en trois personnes (en Irlandais Triur i n-Aon "trois personnes en un"). Cette illustration se répandit dans toute l'Irlande, et l'on associa très rapidement le trèfle à Saint Patrick, puis à l'Irlande entière. Le trèfle orne le blason du maillot des Verts depuis 1874, date de création de la Fédération de rugby irlandaise.

L’Italie et la couronne de lauriers :

L'Italie a choisi pour emblème la couronne de lauriers. Elle symbolise la grandeur de l'histoire romaine et les victoires de Jules César dans l'Antiquité. Elle était portée par les empereurs romains et était aussi accordée à titre de récompense pour victoires militaires à des généraux méritants. Elle figure sur le maillot italien depuis 1928, année de naissance de l'équipe nationale et de la fédération italienne de rugby.

La France et le coq gaulois :

Le coq apparaît dès l'Antiquité pour symboliser les Gaulois. Il devient symbole de la Gaule et des Gaulois à la suite d'un jeu de mots. Les Romains se moquaient des Gaulois, parce que, en latin, le mot gallus signifie à la fois gaulois et coq. Ils les considéraient donc comme des oiseaux braillards et vantards, mais qui ne faisaient pas le poids face à l'aigle romain.

Pour répondre à leurs rivaux qui les traitent de coqs, ils diront que le coq est un oiseau courageux et un ami de Jésus-Christ, qui s'en sert pour révéler au petit matin le manque de foi de Saint-Pierre. Au début du XIIe siècle, les ennemis de la France réutilisèrent le calembour par dérision, faisant remarquer que les Français (tout particulièrement leur roi Philippe Auguste) étaient tout aussi orgueilleux que l'animal de basse-cour. Par esprit de contradiction, les Français reprirent à leur compte cette expression en mettant en avant ce fier animal. Par une ordonnance du 30 juillet 1830, le coq gaulois doit figurer sur les boutons d'habit et doit surmonter les drapeaux de la garde nationale française.

Le premier écusson sportif frappé d’un coq apparaît en 1909-1910.

Mise à jour le Dimanche, 20 Février 2011 11:19