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Etranges lueurs du Puy Courny….. Imprimer Envoyer
Écrit par Morizet   

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AURILLAC       Juillet 1847..

Etranges lueurs en fin de soirée au sommet du Puy Courny…..

   Déjà la rumeur enfle c’est la (sainte) VIERGE qui apparait …

Il fait chaud, trés chaud ce soir la à Aurillac vers 15h 17h, de nombreux promeneurs flânent le long de la Jordanne, la promenade d’Orléans, ainsi nommée a l’époque. Les pentes du Puy Courny s‘animent de derniers troupeaux agités par l’orage menaçant.

Puis le sommet du Puy Courny attire l’attention…, des lueurs, des lumières se déplacent prés du sommet, puis disparaissent. Certains distinguent prés des flammes une femme vêtue d’une robe blanche.. Non, ce ne sont pas des éclairs, l’orage s’est éloigné..

Le lendemain, les promeneurs sont plus nombreux. Dés la nuit venue, la foule s’amasse car la rumeur circule dans le quartier Saint Géraud, puis dans toute la ville, chacun a un avis : c’est un signe de DIEU, de la VIERGE, du bon comte St Géraud, le saint protecteur…

De nouveau le soir suivant, des lueurs furtives plus vives, plus étranges, disparaissants, virevoltants et revenant, les jets de lumières sont l’âme de Saint Geraud affirme un prêtre… L’apparition avait lieu régulièrement tous les jours vers 4 heures le soir... Mais disparaissait dés qu’on approchait du lieu se faisait le miracle dit le préfet, un peu agacé, dans son rapport au ministre de la justice et des cultes.. De plus en plus d’aurillacois colportent la rumeur, chacun y allant d’un détail de plus en plus précis. Oui, c’est la VIERGE celle qui déjà attire les bergers a la FONT SAINTE…

Ici ou là, près de ce qui est aujourdhui le Gravier, le Pont Bourbon, des le soir venu, s’assemblent de pieuses dames, à genoux elles prient égrenant le chapelet, ici ou là quelques hommes plaisantent faisant les esprits forts, ce sont des feux follets disent-ils.

Le Puy Courny fond de nouveau dans l’obscurité, bientôt 23h, chacun regagne ses pénates un peu à regret. Le spectacle est fini, le miracle se reproduira t-il demain?

Oui Aurillac s'agite, le préfet s'interroge, les saintes gens s'émeuvent, les sceptiques se pincent, quelques mécréants s'insurgent devant cette crédulité de beaucoup.

Et si ‘était vrai! Et si la (sainte) vierge voulait racheter l’auvergne des péchés de la Révolution??

Edifier une chapelle là haut au Puy Courny… Certes, disent certains, mais cela sera fort coûteux et malaisé…. Si DIEU le veut, on le peut, répondent les plus convaincus prés de l’extase…. Le lendemain, la foule grandit encore, monsieur le préfet s’inquiète : apparition mystification, réveil des vieux volcans

Pendant ce temps deux aurillacois se préparaient, ils se sont cachés dans un fourré et un champ de seigle près des apparitions du soir, ils attendent le miracle et découvrent le subterfuge : trois jeunes filles et un homme (le préfet soupçonne un jeune prêtre ), enfin ce petit groupe allume des bougies, tend un grand drap et chacun s’agite entre les bougies devant les flammes que le vent agite….

Quelque cris! Débandade générale, voilà la fin du miracle, plus de vierge, plus d’espoir de chapelle, Aurillac ne sera pas ville sainte. Dommage, quelle manne touristique. Déception des aurillacois peu fier d’avoir été abusés.

Tout ceci donne lieu à un long courrier détaillé de monsieur le préfet au ministre de la justice et des cultes. Oui un membre du clergé, trois jeunes filles (dont la fille du jardinier de la préfecture) ont joué un beau spectacle de théâtre de rue avant l’heure. La supercherie s’achève, Aurillac retrouve son calme, le préfet demande une sanction contre dit-il, ces filles de mauvaises vie

Que retenir? loin de mettre en cause la religion cet incident inquiète les autorités de la préfecture : l’influence du clergé reste trop forte Ainsi l’anticléricalisme préfectoral, la rouerie de trois jeunes filles (marginales ou non), le rationalisme de deux mécréants étaient les pendants de la religiosité (crédulité ?) de la majorité des habitants.  

Sources :

ANBB/18 145/A   titre du rapport : le préfet du cantal au ministre de la justice ministre des cultes (correspondance du 16 juillet 1847)

Ces documents sont consultables aux archives nationales (communication sur place du micro film)

Voir aussi   LE CANTAL A L OMBRE DU POUVOIR (milieu XIX siècle à 1914)

De CHRISTIAN ESTEVE (presse universitaires Blaise Pascal – 2002)

Mise à jour le Samedi, 03 Décembre 2011 17:26