| Les Enfarinés de Cassaniouze |
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Le document du mois de janvier 2012En mai 2011 a été célébré, dans la Châtaigneraie, le centenaire de la fin du schisme des Enfarinés de Cassaniouze. Ces populations, profondément catholiques, n'avaient pas accepté le Concordat conclu en 1801, après la tourmente révolutionnaire, entre Napoléon et le pape. La Séparation des Eglises et de l'Etat ouvrit la voie à une réconciliation, qui fut célébrée en mai 1911 par la venue de l'évêque de Saint-Flour au hameau de la Bécarie, où vivait la famille Malbert, dernière représentante de cet attachement aux "anciens évêques" (antérieurs à la Révolution). La dernière descendante de cette famille a confié à la mairie de Cassaniouze, avant de vendre la Bécarie, des souvenirs de famille qui sont aujourd'hui conservés dans l'église paroissiale. Outre des livres et un chapelet, on y trouve des reliques de saints renfermées en 1671 dans des étuis de papier scellés de cachets de cire rouge et deux "authentiques" de reliques : l'une, de 1671, provenant du vicaire général de l'évêque de Rodez, qui reconnaît pour authentiques les reliques ; l'autre de l'abbé Delom (1795), qui explique qu'il a emporté de Sénepjac (commune de Mouret, Aveyron) ces reliques, "pour les libérer de la déprédation et de la profanation", à l'époque de la persécution. L'abbé Delom fut l'un des "pontifes" de la Petite-Eglise ; il pratiquait le culte (eucharistie, baptême, mariage et même exorcismes), comme plusieurs confrères des confins de l'Aveyron et du Cantal, dans les fermes écartées et dans les bois. Ces reliques, précieusement conservées par les "Enfarinés", les rattachaient physiquement aux "anciens évêques", alors même que leurs prêtres étaient morts et qu'ils n'avaient plus ni eau bénite ni saintes espèces. On ne dira jamais assez l'importance des reliques dans l'histoire du catholicisme : présence réelle des saints, elles sont dans la pierre d'autel où est célébrée l'eucharistie ; elles servent naturellement au culte des saints ; on prête serment sur elles ; leur authenticité doit être reconnue par le pouvoir épiscopal ; on leur demande des miracles. Leur possession assurait à la "dissidence" de Cassaniouze des objets de dévotion et un signe tangible de la légitimité tirée des évêques d'Ancien Régime. Ces reliques sont exposées aux Archives départementales durant le mois de janvier. L'association "Les Gens du Veinazès" viennent de publier une chronique intitulée "Les Enfarinés de Cassaniouze : une étrange histoire de fidélité (1801-1911)". Illustrations : 1. Authentique de reliques, par le vicaire général de l'évêque de Rodez (1671) 3. Cachet de l'un des reliquaires (1671) 4. Authentique de reliques, par l'abbé Delom (1795) En 1801, plusieurs groupes refusèrent le Concordat conclu entre le pape et Bonaparte. Ils formèrent un schisme, qui perdure en Poitou (Deux-Sèvres) sous le nom de Petite Église. Dans le nord de l’Aveyron et le sud du Cantal, le schisme cessa voici un siècle. En 1911, en effet, les Malbert, habitants du hameau de la Bécarie à Cassaniouze, rejoignirent le giron de l’Église catholique. Cent ans plus tard, une journée culturelle (et cultuelle), suivie par plus de 200 personnes, commémora ce petit événement. Une plaquette a été publiée en décembre 2011 par l’association « Les Gens du Veinazès », intitulée Une étrange histoire de fidélité : les Enfarinés de Cassaniouze (1801-1911). Nous vicaire général d’illustrissime et révérendissime père dans le Christ Gabriel de Voyer de Paulmy, évêque et seigneur de Rodez, nous faisons foi que nous avons donné les reliques de saint Crescence martyr par nous vérifiées sur l’ordre dudit seigneur évêque, de saint Gervais martyr vérifiées par le susdit illustrissime évêque dans l’église de Bonnecombe, de saint Grat martyr à nous données par le recteur de l’église saint Grat au cours de la visite, et de saint Fleuret évêque et confesseur que nous avons reçues dans la translation desdites reliques dans l’église d’Estaing. À Rodez le 2 mai 1671. Thomas Regnoust, vicaire général. Le vicaire général de Mgr Gabriel Voyer de Paulmy, évêque de Rodez (1667-1684) reconnaît et authentifie, en même temps qu’il les donne, les reliques de quatre saints. Ces reliques et ces authentiques du XVIIe siècle étaient renfermées dans une enveloppe fabriquée à partir d’une gravure aquarellée du XVIIIe siècle représentant une pensée (« Viola lutea grandissima »), sur laquelle est portée l’inscription « Reliques provenant de Sénepjac » (« Reliquiae a Senepjaco »). Un petit billet autographe de l’abbé Delhom, l’un des « pontifes » de la Petite Église (qui demeurait habituellement au Taulan, commune de Mouret) accompagne et explicite cet ensemble de documents : Moi, soussigné, je fais savoir à tous ceux auxquels cela importe que les reliques ici présentes proviennent de l’église paroissiale Saint-Germain de Sénepjac, diocèse de Rodez ; qu’elles ont été libérées de la déprédation et de la profanation et qu’elles avaient été exposées à la vénération des fidèles avant la persécution philosophique. En foi de quoi : fait et consigné le 6 janvier 1795. [signature manquante], vicaire de Sénepjac, le pasteur étant défunt, la persécution faisant rage. Le jour de Pâques, 11 avril 1819, l’abbé Delhom pratique un exorcisme public sur une jeune fille possédée. On peut imaginer qu’il utilisa, au cours du rituel, les reliques ici authentiquées. Bon prédicateur, bon musicien, il avait un enthousiasme communicatif dans la célébration, mais semble avoir eut également un goût baroque pour la controverse et les cérémonies spectaculaires. Collection Commune de Cassaniouze (église paroissiale Notre-Dame-de-la-Purification)
Le document du mois de février 2012 : Gros plans sur l'hôtel de la préfecture
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| Mise à jour le Lundi, 02 Janvier 2012 22:13 |





