Au choix:Mai frais et venteux fait l’an plantureux.Après la Saint-Urbain,plus ne gèlent ni vin, ni pain.Quand l'aubépine rentre en fleur,crains toujours la fraicheur.Sans oublier:En mai fais ce qui te plait !


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Cantal Magazine novembre 2005
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Novembre 2005

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Non, en cent ans le Cantal n'a pas changé : il s'est métamorphosé ! Le temps, me direz vous, n'a pas aplani les montagnes, ni transformé la rudesse de son climat en douceur méditerranéenne. Certes. Mais à observer de plus près le quotidien de nos aïeux, nous avons effleuré du bout de la plume les exigences de leur époque. Fermons les yeux un instant pour imaginer un village, mieux, toute une vallée, englobée dans le noir absolu d'une nuit d'hiver. L'arrivée de l'électricité a dû être vécue comme un miracle. Dans le même temps, le pays se désenclave par la voie ferrée et des chemins vicinaux peu à peu transformés en routes. Retourne­rions nous au lavoir, aurions nous envie d'élever des familles de dix enfants sans chauffage à la maison, sans aucune commodité ménagère, de travailler la terre, privé de toute mécanisation ? On comprend mieux leur légendaire résistance physique et morale. Elle était condition de survie.

De ce pays, dont Legrand 'Aussy disait dans son célèbre « Voyage dans la ci-devant basse et haute Auvergne » qu'il n'y ait eu « la crainte de l'esclavage

et l'insatiable besoin de liberté, qui primitivement ait pu conduire les hommes dans une contrée pareille »,

nous avons voulu faire resurgir pour vous, amis lecteurs, des visages sortis de la brume du temps. Leur quête fut passionnante : témoignages oraux de petits-enfants ou d'arrières-petits-enfants, recherches bibliographiques aussi denses que variées... Le résultat se veut modeste. Il a pour but une immersion le temps d'une lecture, dans un Cantal situé à des années-lumière de celui que nous vivons aujourd'hui. Retirons des richesses de cette mémoire collective et réalisons que chacun et chacune

de nous apporte à sa mesure et en son temps, une petite pierre à l'édifice. Bien sûr, de nombreux problèmes subsistent : qui nierait l'enclavement du département quand, en 2005, il est plus facile d'aller à Paris en partant de Clermont plutôt que de Cheylade ? Qu'il est honteux de devoir se battre pour sauver les services publics en milieu rural, qu'il est regrettable que la téléphonie mobile soit inaccessible aux territoires qui en ont le plus besoin, que le problème de l'emploi condamne à la migration des jeunes qui resteraient bien au pays...

Mais que ferions nous de nos vies dans des vies sans « problèmes » ? La vocation primitive de l'homme est d'avancer, de bâtir, de transmettre... pétri de « bon vouloir », fier de son courage, porté par l'énergie de l'espoir.

Ce regard tourné tout à la fois sur le passé et l'avenir, a fait ressurgir dans mon coeur une lecture de mon enfance, au pays de Gaspard des Montagnes cher à Henri Pourrat : « C'est la bise, il fera clair demain. Nous avons assez bien senti l'odeur de la fougère et ce qu'est l'amitié pour savoir que le temps devrait tourner au beau. Et que le matin devrait être un de ces matins d'espoir où, de la petite chambre de chaux et de sapin, en s'éveillant face à la montagne, on reprend pour soi le vieux dire mystérieux des paysans : ' Au jour d'aujourd'hui, mille ans qui commencent... ' »

Carpe diem, amis lecteurs. Le temps compte parmi nos biens les plus précieux.

Merci aussi pour votre fidélité.

 

Monique Roque

 

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