Voilà novembre ! Faites provision de bois pour le cantou. Si vous avez été prévoyants vous y dégusterez entre amis de délicieuses châtaignes grillées sur la braise…


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la carraou (Estive ST Simon Velzic)
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“La Carraou”...8° édition Ce sera le samedi 15 mai 2004 à Saint Simon et Velzic à l'occasion de la fête de la randonnée de la communauté d'agglomération d'Aurillac Nous vous invitons tous: gens des villes et gens des campagnes à venir partager avec nous un agréable moment de convivialité.






Réservations:

OFFICE DE TOURISME D'AURILLAC

Tél : 04 71 48 46 58

Contact par mail

Saint Simon Velzic
8H 30 - 9 H Place de l‘église : Attente du troupeau qui vient de la Ferme de Fabrègues aux portes d’Aurillac.

Remise des tickets repas.

9 H Au Puy : Bénédiction du troupeau. Montée derrière les vaches par le chemin boisé et par la route de Boussac.

10 H 00 Boussac ( près du ruisseau):

Les vaches font une pause, randonneurs et agriculteurs se réconfortent avec des boissons chaudes ou un petit coup de blanc avant de poursuivre la montée vers Fraysse Haut.

11 H 00 Fraysse Haut: Arrivée du troupeau, les vaches retrouvent leurs veaux. Moment intense. Accompagnement du troupeau jusqu'au buron de Fabrègues.

11 H 30 Descente vers Falhès pour le repas : animations Découverte des plantes des estives, des ressources en eau ...
8H 30 - 9 H VELZIC : Attente du troupeau de la Ferme de La Laubie qui vient de Belliac et arrive par le CD 17.

Remise des tickets repas et du questionnaire (un repas à gagner)

Montée derrière les vaches par le chemin du Cailac Ecoutez bien l'accompagnateur en montagne!

9 H 45 Au Cailac : Arrivée du troupeau, les vaches retrouvent leurs veaux. Moment intense. Bénédiction du troupeau. Pausecasse-croûteavant de poursuivre la montée vers La Condamine.

11 H 00 Au buron de la Condamine: Arrivée du troupeau et pause rafraîchissement avant de poursuivre vers le hameau d'Auzolles et Falhès

Attention cette année REPAS des 2 Carraous à FALHES

12 H 30: Repas à Falhès:

Apéritif musical, animations, découverte des plantes des estives, des ressources en eau ...repas

A partir de 14 H 00 : Départ de la Rando du retour

Rando VTT

Rando sur le plateau du Coyan avec des accompagnateurs:

histoire géologique et humaine du plateau du Coyan, sa flore, sa faune.

Balade enfant Les burons
Menu

Tarifs Adulte: 12 € Enfant -12 ans: 5 € (Nombre limité)

10 H 00 : Casse croûte et boissons

13 H 00 : Assiette de charcuterie

Cochon à la broche

Aligot

Fromage

Tartelettes

Vin et café compris


Depuis le Moyen Age et peut-être bien avant, les troupeaux des fermes de la Vallée de la Jordanne montent à l’estive sur le Plateau du Coyan, ou, pour celles du haut de la Vallée sur les crêtes environnantes: Cabrespine, Puy Mary...

La proximité de ces terres d’estive a contribué à maintenir la transhumance des troupeaux qui se fait toujours à pied, en empruntant les “carraous”, chemins pavés qui mènent vers les hauts pâturages.

Certes les temps ont changé, l’agriculture évolue et les agriculteurs d’aujourd’hui ont des exploitations modernes, mais il reste des moments forts qui rythment les saisons. La montée à l’estive en est un. Deux agriculteurs, messieurs Salles et Gaillard, ont bien voulu que nous nous joignons à eux pour partager cette journée de printemps..
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     Carraou 2003.

vaches_au_Sully.jpg (25681 octets)

...C'est dans la vallée de la Jordanne

(Histoires de transhumance...)



La veille “lou Cura” est passé. L’année dernière il est venu une semaine avant le jour de la “montade” pour bénir le troupeau, un soir au moment de traire. Après la brève cérémonie, il est reparti, quelques oeufs et un peu de pounti sous le bras. Il a bien fait son travail. “Lou nostre cura” est sérieux, ce n’est pas comme celui de là-bas qui bénit un troupeau à un kilomètre de son goupillon pourvu qu’il aperçoive les bêtes à cornes! Est-il fâché avec le fermier ou ce dernier n’est-il pas assez bon chrétien?

Bon, enfin c’est fait, c’est béni.

Oui, chacun y pense, le fermier, le vacher. Ils ne vont pas souvent à la messe (si ce n’est les jours d’enterrement et encore seulement pour un aller retour jusqu’au cercueil en haut de l’église!) mais... sans doute ne “ monteraient-ils” pas sans la bénédiction.

Il en court de drôles d’histoires. Des malheurs, des drames il en arrive dans les estives. Aussi on ne plaisante pas avec le sort. Nous ne sommes plus au XIX° siècle, personne ne croit plus aux mauvais présages: bâton ferré aux deux extrémités abandonné par un vagabond, signe d’entérite aux meilleures vaches, lacet noir noué autour d’une corne juste avant la montée annonçant au vacher une prochaine blessure... mais....

Enfin tout est prêt. Le char est chargé de “lo valiso”, non pas les seuls vêtements du vacher et du berger dans une “samsonite” mais l’ensemble des outils nécessaires à la fabrication du cantal: les gerles et autres “guerlous” en châtaignier, “lou pouget”, la présure... Il y a aussi quelques clèdes nouvelles en frêne fabriquées pendant l’hiver par le grand père. Tout est là sur le char. Demain matin, il ne manquera plus qu’à mettre le joug à la Pommelle et à la Marquise.

Quatre heures du matin, debout!

La nuit est claire, on va avoir du beau temps pour la montée cette année . Pourvu que cela dure, la neige était là pas plus tard qu’il y a huit jours, qu’elle ne revienne pas la semaine prochaine!

La Cabro sait ce qui l’attend, depuis douze ans qu’elle vit ces moments-là. Avec le “sellou” du vacher entre ses cornes et sa belle cloche de bronze, elle est la reine du jour. Pas plutôt sortie de l’étable elle est prête pour filer la première dans le chemin d’en haut, celui de la montagne. Quelques “anciennes” aussitôt lui emboîtent le pas. Plus pressées que lorsqu’elles vont au pré après la traite du matin, mais toujours dans le même ordre. Quelques coups de cornes et la hiérarchie s’est installée dans le troupeau depuis longtemps. Trottinant à leurs côtés les veaux suivent leur mère sans trop savoir ce qui leur arrive ce matin. On ne les a pas habitués à des promenades aussi matinales! Fermant la marche, “lou brau” est là. C’est un jeunot, un bourret. Il devrait être vaillant cet été pour conter fleurette à ses vingt fiancées.

Derrière ce troupeau meuglant et tintant, le char de “lo valiso” sera mené par le grand père. La mère et la fille, quant à elles vont pousser les cochons, du voyage eux aussi: une truie et quatre petits. Il faut bien ça pour ne pas gaspiller le petit lait.

Cette année, on fera quelques économies, les temps sont durs , c’est le Pépé et Pierrot qui tiendront le buron. A tous les deux, ils devraient y arriver. Pépé n’est plus très jeune mais encore costaud et puis Pierrot est dégourdi pour ses treize ans.





Et tous cheminent dans la “carraou”. Les vaches se bousculent un peu entre les murailles bordant le chemin creux, étroit et profond comme une tranchée. Dans ces coteaux, la place est laissée depuis des lustres aux champs de seigle, le chemin est bien assez large*...

Une fois de plus, les roues du char cerclées de fer usent le sol et laissent leur marque sur les pavés mal ajustés des premières rampes du chemin. Les deux vaches peinent sous le joug mais progressent silencieusement tirant le lourd fardeau.

Randonneurs d’aujourd’hui, dans ce P.R. bien balisé, arrêtez-vous un instant. Entre ces murets de pierres sèches, écoutez dans ces lignes de Vermenouze, chantre de nos montagnes. le troupeau qui avance

“ Les unes derrière les autres, à travers le sentier taillé dans le roc et qui serpente sous les grands arbres les “Salers” montent lentement. Les cornes luisent comme des éclairs, les sonnailles tintent et les bêtes fatiguées par la pénible randonnée avancent, la tête basse, reniflant le sol... Derrière, le vacher et son aide de toute la force de leur volonté, poussent le troupeau vers la solitude des monts, loin des bruits du monde, loin des routes qui crachent la poussière. Ils ne sentent même plus s’ils marchent sur ce sol volcanique où l’air saturé d’émanation d’herbes et de fleurs sauvages, les assaille de son archet vigoureux.

Et ils seront arrivés quand le buron émergera du sol, comme une caverne antique, quand le troupeau tout entier sera groupé sur le serre aplani où l’air libre et l’herbe verte ont établi leur fantastique domaine... quand le berger criera: Uôlo! Uôlo! Som!”

* CHEMINS DE SERVITUDES: Leur largeur est de 2m60 pour un char attelé; pour animaux disjoints de 1m et pour piétons de 0,50 m* (extrait du Registre des droits et usages . Garnier)

Nous y sommes en effet, au terme d’une dure ascension à travers les fougères déjà chauffées par le soleil levant, puis plus haut sous le bois de hêtres toujours frais et lumineux avec sa frondaison au vert tendre. Nous y sommes mais pas pour quatre mois au masuc, quatre jours tout au plus dans ce buron réaménagé en gîte d’étape. Cette bâtisse sur le serre, construction ressuscitée au milieu des derniers squelettes chancelants sur les crêtes, ce refuge au murs épais, aux énormes lauzes de phonolite, nous raconte, les souvenirs des burons perdus. Il nous dit la mémoire de ces espaces de vie, de travaux et souvent de souffrances.

Pouvons nous comprendre aujourd’hui, parcourant les monts du Cantal, admirant leurs originalités et leurs sites, protégés par nos “gore-tex”, la vie pénible et rude d’autrefois sous ces cieux, sous ces voûtes.



“Le troupeau rouge broute à deux pas des abîmes

Sur un plateau bordé de sombres entonnoirs...

Mais le pâtre tournant le dos aux monts sublimes

Regarde au Sud.

C’est là que se cache, aux confins du Cantal

...parmi les genêts en fleur son toit natal.”

A. Vermenouze

La rudesse légendaire des vachers à l’égard des bergers puise ses sources dans la nuit des montagnes arvernes. Plus rare chez les derniers vachers la violence fut quelquefois bien réelle. Certaines personnes encore présentes ici bas n’ont pas toujours été tendres avec leurs subordonnés ... Mais écoutez plutôt le vent du Coyan...

Cet été là, à la montagne de Canteloup, c’était Louis le vacher, un gars pas commode, un drôle de type ce Louis, jamais grâcieux. Comme berger il avait Paul, pauvre gamin de seize ans qui en paraissait douze tant il était fluet et craintif.

Et ça avait commencé pour un “oui”, pour un “non”, pour un veau mal attaché sous la mère, pour un seau de petit lait renversé. Louis battait de toute sa force le malheureux Paul. Les voisins, bergers et vachers le savaient bien, surtout depuis le jour où Louis, non content de rosser son berger, s’en était pris au petit pâtre de la montagne voisine, celle du Martinet. Les deux enfants avaient eu le malheur de se parler tout en gardant leurs troupeaux respectifs.

Entre “patrons” l’explication fut rude, le vacher du Martinet n’avait pas apprécié l’intervention du voisin à l’encontre de son aide et il en avait profité pour lui intimer l’ordre d’arrêter les sévices sur son berger. Mais cela n’avait pas été suivi d’effet, Paul ramassait toujours les mauvais coups. Son copain du Martinet ne supportait plus cet état de fait et ce mardi après-midi, il lui vint une idée.

Comme à l’accoutumée lorsqu’il fait très chaud en juillet, Louis pique un somme l’après midi. Il va se mettre à l’ombre de la muraille de pierres sèches qui délimite les deux montagnes, les arbres sont rares sur le Coyan.

Le berger s’approche, rasant le sol, au milieu des sauterelles. Il grimpe lestement sur les dalles branlantes du mur, s’accroupit, saisit le plus gros morceau de basalte qu’il peut soulever...

Descendu... , allongé... sur un char à l’hôpital d’Aurillac, Louis n’a plus jamais caillé le lait sur le Coyan!


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Et ce vieil homme que Pierrot Freyssinet croise sur le chemin de l’école. Effrayé par sa mine, il monte deux fois plus vite à Auzolles!

Ce vieux, c’est un ancien bagnard. Le séjour à Cayenne il l’a gagné en étranglant son berger à Pempadouyre.

Le berger, un” caillou”, une tête brûlée, il faut le secouer pour le faire obéir. Ce jour-là entre les bras solides du vacher, le caïd s’est un peu trop calmé, tombé au sol il ne se réveille pas.Vite il faut descendre à Lascelles chercher des secours...

Au retour, le pâtre est toujours là au milieu du masuc, il n’y a plus rien à faire... La” pièce” attend, le vacher veut reprendre le travail du fromage... La maréchaussée n’est pas du même avis.

Quelquefois les faits divers de la montagne font la une des journaux de l’époque: CRIME AU BURON titre “La Croix Cantalienne” journal du 24 août 1899.

“ Pierre Denevers, 31 ans, fermier à Rudez, soupçonnait fortement son vacher Sylvain Malidor surnommé Cuquerle, de lui dérober de la tome pour régaler de “truffades” ses amis, les domestiques des environs. Dimanche, Denevers partit pour la montagne en compagnie de sa fille, une enfant de 7 ans. Il emportait son fusil avec lui. Au buron les soupçons du fermier se confirmèrent. Le vacher était bel et bien occupé à des préparatifs de festin. Denevers se fâcha. Cuquerle répondit sur un ton arrogant. Ce fut une querelle en règle... A bout d’arguments, Cuquerle s’arma d’une hache et courut sus au fermier qui battit en retraite, puis brusquement, se voyant poursuivi, fit demi-tour, mit l’adversaire en joue et lâcha la détente. Cuquerle dit: “ Tu m’as fait mal!” et tomba. Mais il eut encore le courage de se relever et de faire quelques pas en avant, pour retomber de nouveau. Cette fois il était mort.

...M. Cheylus, maire, accompagné du garde, procéda aux premières constatations. Lundi le parquet d’Aurillac montait à Mandailles...”

Ce matin, il ne fait pas bien chaud à l’abri de cette voûte sombre. Le brouillard se faufile sous la porte, les cendres de l’âtre, humides et noires n’ont plus aucun tison, La journée s’annonce mal.

Hier l’orage nous a surpris en Bertrande, heureusement le buron était proche. Le temps s’est gâté, le froid arrive en cette fin septembre. Gustave Burnol qui a bien connu les burons de Légal au Chavaroche nous relate ces fins d’été à l’approche de la “davalade”:

“Moment unique. Toute la vie des burons est suspendue au maintien du beau temps. Chaque jour de soleil est un jour de plus à rester en montagne et fait reculer d’autant la fin de l’estivade... Mais aux premières pluies de l’automne la montagne froidit, l’herbe jaunit et fond, les gentianes pourrissent sur leurs tiges. A chaque traite “ le lait tombe “... Les bergers chantent le vieux refrain de la descente: “Donnez nous de la pluie et du vent mais de la neige plus souvent.”

Regagnons la vallée! Abandonnons aux montagnes cet abri précaire, le chemin est là , à l’angle de la fumade, quelques minutes et le vent humide ne fouettera plus nos joues, quelques enjambées dans la pente du bois de hêtres et la nature sera plus accueillante. Voilà l’automne avec ses contrastes, ses splendides journées, les belles randonnées, son vent d’Autan et ses pluies torrentielles.

0%" align="justify"> Ce soir autour d’une chaude “truffade” nous évoquerons sans doute les crêtes ennivrantes parcourues dans la journée. A Saint Julien, sur le pont ou tapant la belote à une table du petit café, cet “ancien” nous demandera: “D’oun bene?” Et la discussion s’enclenchera... l’ancien temps, le bon temps, quand il avait ses jambes de 15 ans... à la montagne de Bertuyre...

La nuit s’annonce froide, les nuages s’enroulent autour de la silhouette déchiquetée du Chavaroche et le Puy Mary cède peu à peu à leurs assauts. A l’aube, un blanc manteau recouvrira les hautes terres, leurs souvenirs.


“ Quand la montagne avec l’âpre hiver entre en lutte

Ce taudis rechigné, qu’abrite un grand tilleul

Se drape dans la neige ainsi qu’en un linceul.”

L’automne a eu raison des heures chaudes de l’été,

le siècle a emporté les heures pleines des burons.

Est-ce dommage?

Est-ce tant mieux?

Les regrets ne sont pas de mise,

plutôt les souvenirs, plutôt l’avenir.

“ Là-haut c’était plein vent et pleine solitude,

Des laves de soleil descendaient des rochers,

Une senteur de miel montait de l’herbe rude.

Là-haut, c’était plein ciel au pays des bergers...”


Page réalisée par Bernard Montimart.

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