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ALPINISME
DANS LE CANTAL
L'avenir des voies mixtes

Escalade mixte au Puy Griou
par A Cayrol
Pour
le voyageur, le Cantal est surtout un obstacle à contourner qui rend les
réseaux routiers et ferroviaires pour le moins sinueux, ce qui est encore un
doux euphémisme.
Pour l'alpiniste, c'est une belle montagne à vaches, idéale pour
la randonnée pédestre où la combinaison de l'eau et du froid donne naissance
à de très éphémères cascades de glace qui permettent même d' organiser un
rassemblement de glaciéristes lors d'hivers exceptionnels.

La face nord du Puy Mary
Pourtant, si les alpinistes locaux n'attendaient qu'après les
cascades de glaces pour grimper, ils ne sortiraient en montagne que cinq
fois par an environ. Non, l'intérêt du
Cantal pour l'alpiniste n'est pas dans les cascades de glace mais dans le
mixte.
En effet, les monts du Cantal se composent d'une multitude de petits
sommets que l'on appelle des puys et dont beaucoup possèdent des petites
faces extrêmement raides entre 100 et 150 mètres. Ces faces sont souvent
rayées par des couloirs qui en font des voies classiques en neige ou en
glace assez souvent parcourues. Mais de part et
d'autre de ces couloirs, c'est le terrain mixte par excellencestyle="color: black">;
glace, neige, rocher avec quelques ingrédients supplémentaires comme mousse,
herbe et terre. Le mélange subtil de tous ces éléments donne lieu à des
faces dont la dominante est plutôt végétale et qui sont pour la plupart
ingrimpables en été mais surtout sans intérêt.

Escalade d'une cascade de glace par A Cayrol
au Puy Mary
En hiver, par contre, elles
se transforment en de véritables joyaux pour l'escalade mixte avec une
constante quelle que soit la difficulté de l'itinéraire choisi; l'engagement
lié à la pose des points d'assurance. Ici peut-être plus qu'ailleurs il est
difficile de se protéger car le rocher volcanique n'est pas très solide et
la glace rarement assez épaisse pour accepter de bonnes broches. Ici, il
n'est pas rare de planter une lame à frapper dans la terre gelée et les expendings
basaltiques sont monnaie courante.
Tous ces paramètres ont vu se développer une pratique locale qui refuse
l'aseptisation des itinéraires pour en préserver l'engagement. On ne
trouvera donc aucun matériel en place à l'exception de quelques rares
relais. Dans le Cantal, les hivers sont assez rigoureux et par conséquent
ces faces sont toujours plus ou moins carapaçonnées de neige ou de glace
quel que soit le temps.
Il faut choisir un itinéraire en fonction des
conditions de gel, mais l’altitude très modeste et la faible hauteur des
faces ne permet pas de se replier derrière le prétexte d’une météo mauvaise.
On ne fera donc pas la grasse matinée la conscience tranquille car il sera
toujours possible de faire une vois moins dure que prévu sous un crachin
d’influence océanique.
En conclusion, le Cantal est un peu comme l’Écosse dont Tom Patey disait:je me garderai bien
de décrire l’alpinisme hivernal écossais comme une simple école
d’apprentissage au grand alpinisme. Ce serait une hérésie: l’alpinisme
hivernal écossais est bien unique en son genre.
Principaux sites et itinéraires :
Cinq lieux se dégagent plus
particulièrement pour la pratique de l’escalade mixte dans le Cantal.
-la face nord du Puy
Mary et les Roches Taillades:
une dizaine d’itinéraires de toutes
difficultés sur une hauteur de 100 mètres environ. La partie inférieure des
Roches Taillades constitue l’essentiel du réservoir de cascades du massif.
-les Fours de Peyre Arse:
orientés au nord et d’une hauteur de 100
mètres ils sont composés d’une vingtaine d’itinéraires de difficultés
variables.
-la face nord du Bataillouze
quatre voies de difficiles à
extrêmement difficiles. Dans cette face de 130 mètres environ.
-la face sud du Puy Griou:
Rarement en condition en raison de
l’exposition sud , cinq voies de 80 mètres environ de difficultés moyennes.
-La face nord du Arpon du Diable :
Cinq voies de toutes difficultés
sur une hauteur de 100 mètres.
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