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Jean marie charbonnel agriculteur à Albepierre dans le Cantal
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Jean-Marie est agriculteur en montagne A Albepierre depuis 30 ans.


Vue de la ferme dans les années 50
Jean Marie avait 10 ans


La ferme en 2006.

La vie est parfois rude à + de 1000 mètres d'altitude...


A soixante ans, Jean-Marie aurait pu partir cette année (2006) Mais un engagement européen le tient encore sur ses terres pendant encore un peu plus d’un an.

L'agriculteur est un peu soucieux pour les jours à venir mais néanmoins heureux de sa vie active passée à  la campagne.

Conscient dès son jeune âge que pour se lancer dans l’agriculture il valait mieux être formé en mécanique, après avoir passé un C.A.P à Murat il fait une année de formation supplémentaire à Neuvic d’Ussel en corrèze.

Cela l’amènera à travailler comme mécano chez Citroën, puis ses qualités de skieur et sa réputation de bon mécanicien lui valent d’être embauché comme chef d’exploitation de la station du Lioran qui commençait à s’organiser. De 1966 jusqu’en 1981 il a la responsabilité de l’entretien des téléskis puis des pistes de la station.

Mais à partir de 1975, parallèlement à cette activité il aide son père qui tient une petite exploitation familiale à Albepierre.

8 hectares exploitables, 7/8 vaches laitières. Des «salers» qui progressivement sont remplacées par des «Montbéliard»

"Il y a encore quelques décennies, à Albepierre, chaque maison du village était une exploitation familiale avec 2/3 vaches. Au moins deux pour pouvoir atteler…

Aujourd’hui la commune en compte autour de 24, et dans le village il n’y en a plus que 7/8!

L’avenir n’est pas très difficile à prévoir… Certains pourront racheter ou louer des terres laissées par les anciens, mais le voudront ils? Et… le pourront-ils?

Lorsqu’on sait que les aides que je reçois de l'Europe sont égale à 20% de mon revenu (Pour la viande c’est bien plus élevé, mais je ne fais pas de viande) si un jour elles disparaissent dans notre région presque tous les agriculteurs mettront la clé sous la porte" nous dit Jean-Marie avec un brin d’amertume.

"Il ne faut pas croire qu’on devient riche avec une petite exploitation comme la mienne.

Il y a 4 ans on nous achetait le lait à 2 Francs, aujourd’hui on nous le prend à 1F 76!

Prenez aussi le prix de vente des vaches de réforme: Il a chuté de moitié entre les années 80 et aujourd’hui!

Et dans le même temps les charges ont augmenté, Le coût du matériel a grimpé. Heureusement que je peux entretenir moi-même le moteur de mes deux tracteurs et la mécanique de la botteleuse, de l’andaineuse, de la faneuse et de la faucheuse à disques"

"Je nourris mes vaches avec l’herbe et je rajoute quelques compléments de céréales comme la luzerne déshydratée"

"Mais surtout, ce qui m’assomme ce sont les frais vétérinaires.

Ce sont eux qui me prennent tous les bénéfices que je pourrais faire!

Un exemple: trois fois par an je fais traiter les bêtes contre les tiques..."

"Heureusement que je vends quelques veaux . Ils consomment le lait que les quotas ne m' autorisent pas à vendre et c’est d’un bon rapport. Sans la vente des veaux ce serait impossible de maintenir l’exploitation" 

"Je ne me plains pas trop, car même si je me lève tous les jours à 5h ½ et si à 21 heures je suis encore en train de nettoyer l’étable je n’ai de compte à rendre qu’à moi-même. Et puis j’aime mon métier! Bon, je ne prends pas de vacances, et le dimanche il faut que je sois là pour la traite…mais de temps à autres je vais quand même arbitrer un match…"

"Et puis j'ai la chance, si je suis malade, de pouvoir compter sur un jeune de La Molède, un hameau voisin, qui vient traire les vaches à ma place."

Dans son étable où il s’affaire auprès de ses vaches Jean-Marie a installé le téléphone. "Il arrive qu’on m’appelle pour un problème concernant la mairie car je suis élu dans la commune depuis 1971!" Jean Marie a été également pompier pendant 34 ans, et les 3 dernières années comme chef de Centre!

Il prépare les lingettes qui trempent dans un liquide désinfectant, ("Autant de lingettes que de vaches"), il nettoie le trayon de chaque vache avant de mettre en place la trayeuse électrique, donne à chaque bête un complément de luzerne déshydratée, puis commence la traite mécanique.

Lorsque il finit de traire une vache il lui applique sur chaque trayon un produit antiseptique pour éviter toute infection


Le lait est ensuite versé dans la cuve avant d'être récupéré par la laiterie qui viendra le chercher sur place.


Tout cela se passe sous la surveillance du chat qui ronronne en écoutant s'égrainer les secondes de la pendule...

Mais Jean Marie a encore 2 bonnes heures de travail avant d'aller à la soupe. Ensuite il fera son courrier et parfois s'occupera de quelque dossier de la commune ...

 

 

En attendant une retraite bien méritée, l'agriculteur a des journées bien remplies. Dans son exploitation et au service de la commune.

Deux conseillers à l'honneur

 

C'est le secrétaire d'État à la Défense, chargé des anciens combattants, Mr Alain Marleix, qui a décoré le 15 décembre 2007 les deux récipiendaires.

M. Bernard Nairabèze, de la médaille d'argent comme conseiller de 1977 à 1983 et premier adjoint de 1995 à 2001, président de la coopérative ainsi que du GVA de Murat-Allanche.

E.Jean Marie Charbonnel, de la médaille de vermeil, également conseiller élu en 1971, puis réélu en 1983 jusqu'à ce jour. Premier adjoint de 1989 à 1995 et deuxième adjoint depuis 2001, secrétaire de la coopérative laitière et pendant de longues années chef des sapeurs-pompiers de la commune. La plus haute distinction"or" lui a été décernée en 2002.

Les personnalités présentes, les amis, la famille se sont retrouvés au vin d'honneur pour féliciter les récipiendaires.

Article "Paroisse Notre Dame de la Haute Auvergne. Décembre 2007.

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