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Né dans une famille de cultivateurs le 9 juillet 1910 à à Amplalat (Laveissière, Cantal) le jeune Alfred Jacomis put cependant étudier à l’école d’agriculture d’Aurillac après un cursus primaire à Murat. C’est tout naturellement que pendant les vacances, en particulier l’été, il rentrait aider aux différentes tâches agricoles telle que les moissons, la traite des vaches ou la transformation du lait en fromage à près de 1400 m d’altitude. L’hiver, la tâche était encore plus rude, il fallait toujours traire les vaches restées à l'étable enen altitude mais, cette fois-ci, il fallait descendre au village d'Albepierre les 30 litres de lait à dos d’homme deux fois par jour. Le ski était alors un véritable outil de travail qui rendait moins pénible cette double tache quotidienne. Au fil du temps, le jeune Alfred améliora sa technique pour alléger la pénibilité de la tache et sécuriser sa précieuse charge.

Jacomis JO1936

Un club de ski avait vu le jour à Prat de bouc en 1909, La Montagnarde, et c’est tout naturellement qu’Alfred s’y inscrivit en 1928 et participe régulièrement à des concours de ski de fond. Malgré un matériel fait maison, lourd et pesant (5 kg pour les seuls skis), le jeune Alfred semblait aussi à l’aise avec ses skis que s’il marchait avec de simples chaussures et, malgré la rudesse des parcours lors des concours de descente de Prat de Bouc, le jeune homme semblait insensible à la fatigue. Il fut remarqué par Monier-Granier, entraîneur de ski renommé dans la région. Dès lors Alfred allait s’entraîner sérieusement et régulièrement sous la houlette de son mentor sur le domaine de Prat de Bouc. Il remporta très vite toutes les compétitions locales.

« Lutter contre soi-même pour triompher » allait être la devise d’Alfred Jacomis et de son entraîneur Monier-Granier. On commence à parler de lui après sa victoire au concours de ski de Besse (Puy de Dome), le 16 février 1930. La même année, il gagne à nouveau, cette fois-ci en prenant de court le jury toujours attablé au café du coin en train de se réchauffer tandis qu’il passe la ligne d’arrivée le premier. En 1931, il participe à sa première compétition « extérieure », à Villars de Lans, parti 39e, il termine 19e. Alfred Jacomis effectue son service actif dans le 27e Bataillon de Chasseurs Alpins. A cette occasion, il passe le brevet de skieur militaire.

Feuille matricule Jacomis alfred

En février 1932, il est présent au XXIe concours international à Chamonix avec la sélection d'Auvergne. La même année, à Annecy, il participe à deux courses, l’une de 25 km par équipe de 4 avec armes et bagages, l’autre de 18 km en individuel qu’il terminera 1er devant 37 concurrents.

jacomis à chamonix

De 1932 à 1935, Monier-Granier tentera, en vain, de le faire sélectionner dans l’équipe de France mais un Cantalien parmi l’élite, essentiellement composée jusqu’à présent de skieurs originaires des Alpes, du Jura ou encore des Pyrénées, cela semble totalement impensable aux dirigeants de l’époque. Un temps il est même évincé de l’équipe d’Auvergne. Enfin, la chance semble lui sourire quand, fin 1935, il est sélectionné à Morzine. Il a 25 ans.

Affiche JO36

Puis les choses s’accélèrent : après le cap des éliminatoires à Morzine, il est remplaçant de l’équipe de France à Megève en janvier 1936, puis titulaire en février de la même année. Le voici le 6 février 1936 à Garmisch-Partenkirchen (Allemagne) où il assiste à l’ouverture des 4emes jeux Olympiques d’hiver par Hitler. Le relais français - Gindre, Mermoud, Crétin et Jacomis - se classe 9e. Le lendemain, épuisé par l’épreuve de la veille, Alfred Jacomis terminera à la … 42e place/72.

Jacomis est à nouveau sélectionné en équipe de France en 1937. En froid avec la fédération d’Auvergne, c’est sous le dossard du Ski Club Toulousain qu’il participe aux championnats du Monde de ski à Chamonix en février 1937. La compétition est dominée par les pays nordiques.

Côté vie privée, le bonheur semble sourire à Alfred qui se marie à Virargues (Cantal) en septembre 1937, hélas deux mois après, c’est au cimetière que le jeune marié conduit son épouse. Ses parents décèdent également en 1937. 1938 ne sera guère meilleure, Jacomis et Gindre sont défaits aux Championnats de France.

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Fort heureusement la roue semble enfin tourner … en 1939. Alfred Jacomis remporte l’épreuve de grand fond aux championnats de France à Luchon-Super-Bagnères en effectuant les 32 km en 2 h 23’57, soit 2’23 d’avance sur Gindre, son éternel rival. Il est également vice-Champion de France en ski de fond derrière Gindre. 1939 est également l’année où Il est appelé et affecté au Bataillon de Chasseurs Pyrénéens. En 1941, Alfred participera à une dernière compétition, il termine 4e sur 14,5 km. A la fin de la guerre il a 35 ans, sa carrière sportive est terminée.

PresseJO Jacomis

Alfred Jacomis décède en 2004 à l’âge de 94 ans. Roger Delcros, son petit-neveu, découvrira presque par hasard le glorieux passé sportif de son grand-oncle, enfoui dans un quasi secret familial et s’attachera à lui rendre un hommage mérité à travers entre un site internet détaillant ses principales compétitions. A Albepierre, il est possible de suivre le parcours de ses premiers concours, Place du 19 ars 1962 au niveau du panneau d’information, emprunter le circuit VTT n°1 « Le grand tour » de 17,5 km pour un dénivelé de 420 m.
En décembre 2017, le nom d’Alfred-Jacomis a été donné à une piste rouge de 4,8 km au Domaine de Prat de Bouc, juste et tardive reconnaissance de sa terre natale.

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