Quelques portraits

     "tirés" dans les rues d'Aurillac

     lors du festival

     (20/23 Août 2014)

 

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Après les attentats du 11 Septembre 2001

Le témoignage et les réflexions d’une Cantalienne vivant à NEW YORK

New York, le 22 septembre 2001

Travaillant depuis plus d’une année à New York, je peux dire que j’aime cette ville au charme cosmopolite. J’aime me promener dans Central Park le dimanche, parler avec des inconnus avec mon accent américain coloré – signe de mon intégration - croiser dans la rue différentes nationalités et vivre dans l’immensité du rêve américain. C’est ce côté relationnel facile qui me plaît ici, loin des rapports humains sophistiqués que l’on peut parfois connaître en Europe.

Il me semble pourtant que les choses ont changé depuis l’attentat terroriste du mardi 11 septembre. J’espère que ce n’est qu’une situation temporaire, le réflexe d’un peuple blessé qui se replie sur lui-même et que l’ordinaire va reprendre ses droits. On constate ces jours-ci moins de monde dans les rues, moins de gens dans les boutiques… les gens affichent des expressions graves et pensives; on surprend même le silence que vient seul interrompre le bruit lancinant des sirènes des pompiers, ambulances et véhicules de police.

Toute une ville en état de siège.

Je me souviens de ce mardi noir…. nous avions été évacués du bâtiment des Nations Unies par mesure de sécurité et renvoyés dans nos foyers. Habitant à dix minutes de mon bureau, j’avais donc regagné mon appartement à pied. Les trains et le métro ne fonctionnaient plus, la circulation avait été interrompue entre l’île de Manhattan et l’extérieur, les ponts étaient bouclés. Les New-yorkais, rejetés dans la rue, prenaient le chemin de l’exil vers le nord de la ville. Tout un peuple en marche donc, avec, comme toile de fond, une épaisse fumée noire qui montait du sud de Manhattan. Des visages hagards, des regards effrayés, la panique visible face à tant d’incompréhension.

Qui peut vouloir attaquer le peuple américain qui se définit comme le garant des libertés individuelles et de la paix dans le monde? Un peuple visiblement peu préparé à un terrorisme de proximité… la violence loin de nos frontières n’est pas plus acceptable, mais elle est moins réelle. Le gouvernement du Soudan bombarde les civils du sud du pays de manière régulière depuis des années, mais qui s’en soucie à part quelques humanitaires? Et pourtant, c’est le quotidien de ce peuple soudanais qui connaît aussi les maux de la sécheresse et de la famine.

Pour comprendre la réalité américaine, il faut aller se recueillir à Union Square, à l’angle de la 14ème rue et de Broadway où, au XIXème siècle, se déroulaient des manifestations politiques et des rassemblements ouvriers. C’est ce jardin que les Américains ont choisi pour se retrouver dans la prière et rendre hommage aux disparus du World Trade Center. L’ambiance est émouvante. A la tombée de la nuit, des centaines de bougies illuminent le jardin entre les photos des disparus, des poèmes de compassion et de multiples drapeaux étoilés posés à même le sol. Les gens se recueillent, chantent ou récitent des prières, certains groupes sont d’origine latino-américaine, d’autres d’origine chinoise, et chacun à sa manière participe à la cérémonie. On peut même acheter des photos prises par des amateurs qui montrent les deux tours du World Trade Center en train de s’écrouler (même au cœur des grandes catastrophes, on ne perd pas le sens du business ici). On peut également adopter un chien abandonné qui appartenait peut-être à une personne disparue (le droit des animaux est un courant fort aux Etats-Unis).

Pour des esprits cartésiens comme les nôtres, ce déferlement d’émotions semble exagéré. Bien sûr, dans un pays où le Président de la République appelle à la prière pour souder l’esprit patriotique de ses citoyens, on ne peut guère s’étonner d’une telle ferveur religieuse. Une seule phrase à retenir: «God Bless America» (Que Dieu bénisse l’Amérique). En France, depuis la séparation de l’Eglise et de l’Etat, il serait malvenu pour un Président de mélanger les deux institutions aussi ouvertement. Ici, l’esprit critique n’est pas de mise par rapport aux événements, l’heure est à la prière et à la vengeance.

Personne à l’heure actuelle ne se permettrait de critiquer la politique étrangère agressive du Président qui a sa part de responsabilités dans ce qui vient de se passer. Les Américains sont unis derrière leur Président pour le meilleur et pour le pire. Le Président incarne l’orgueil blessé d’une puissante nation et, d’ailleurs, j’ai entendu des instituteurs expliquer aux enfants américains que tout irait bien désormais car le Président veillait sur eux et sur leur pays (certainement de quoi les rassurer).

de Nadine Puechguirbal


Christian Moullec

L'homme qui vole avec ses oies !

Reportage de Daniel ROUEYRE

Christian MOULLEC est technicien météorologue, il réside dans la vallée de la Jordanne.

Il est breton du Morbihan, marié à Paola originaire de St Pierre et Miquelon.

Sa passion de toujours: l'ornithologie

Il est membre de la Ligue pour la Protection des Oiseaux. Depuis très jeune, son frère lui fait découvrir le vol libre en deltaplane.

Un but l'envahit désormais : voler avec des oiseaux.

1993, Christian MOULLEC arrive dans le Cantal, et reprend assidûment la pratique du deltaplane.

1995, il motorise son aile delta. Après bien des difficultés, il vole avec ses deux premiers oiseaux : 2 bernaches nonnettes, et son expérience lui vaut une publication au sein du magazine «Paris Match».

Il réalise que son vœu le plus cher peut enfin prendre forme: Christian nourrit l'espoir secret de réintroduire l'oie naine (espèce en voie d'extinction). La médiatisation de ses travaux vont lui permettre de rencontrer des scientifiques de renom.

1996 : Fort de sa première expérience, Christian élève 12 bernaches nonnettes et vole avec elles.

Son idée: Voler avec elles sur une distance de 650 km en partant du Cantal pour les emmener en Grande Brière, au bord de l'estuaire de la Loire sur une zone d'hivernage protégée.

L'aventure s'effectue en compagnie d'une équipe de télévision et Christian acclimate ses animaux après quelques péripéties là où il le souhaitait. Il ne reste plus qu'à supplier le ciel que rien ne leur arrive pour voir revenir au printemps suivant ses oiseaux sur un site aménagé à leur effet.

Mais là, il faut se rendre à l'évidence, suite à un incendie intentionnellement provoqué dans le marais breton, un prédateur, pas celui que l'on peut penser, mais des humains, ont raison des animaux et stoppent de façon définitive les travaux que l'on peut qualifiés à ce stade de réellement scientifique. Christian ne reverra jamais ses bernaches voler au dessus des monts du Cantal. Aujourd’hui ses bernaches nonnettes vont heureusement très bien et se reproduisent sur le parc ornithologique Breton.

1999 : Projet encore plus ambitieux, voler avec 30 oies naines en les emmenant d'une réserve naturelle suédoise proche de Stockholm, vers une autre réserve naturelle située au bord du Rhin, à proximité de la frontière hollandaise en Allemagne. Il y emmènera 27 oiseaux sains et saufs après un périple de quelques 1800 km, dont 900 au-dessus de la mer Baltique. Cette aventure a été filmée et diffusée en télévision sur France 3 et Arte. Cette expérience a été couronnée de succès puisque au moins 60 % des animaux ont été revus sur la réserve suédoise dès leur première migration de retour. Chaque hiver les oies naines de Christian sont maintenant observées régulièrement sur la réserve Allemande.

Les projets : A ce jour Christian s'est rapproché d'une association allemande qui organise la suite du projet : voler avec une centaine d'oies naines accompagnant plusieurs ULM sur une durée plus grande, environ 5 ans. Ceciafin d'apporter au milieu naturel un nombre plus significatif de ces animaux (environ 500 ) afin renforcer le programme de réintroduction de cette espèce menacée.

Différents horizons : Christian a volé dans différents pays pour des démonstrations et pour permettre la réalisation de films documentaires sur les oiseaux. Citons l'Allemagne, la Hollande, la Belgique, l'Angleterre avec des oies ou des grues. Mais aussi en Afrique du Sud avec des grues demoiselles et des grues couronnées.

Souhaitons beaucoup de réussite à Christian dans sa passion et ses convictions de réimplantation.

N'oublions pas de citer celle qui le soutient jour et nuit, Paola son épouse. Je suis heureux de vous avoir présenter ce Cantalien d'adoption, passionné et engagé.

      Pour Cantalpassion : Daniel ROUEYRE

 

Au dessus des monts du Cantal,
en arrière-plan : le Puy Chavaroche






En compagnie des bernaches nonnettes



Avec ses oies naines

Entre Corrèze et Dordogne - 15200 ARCHES -

C’est une commune un peu perdue au milieu des monts, qui possède encore un vieux donjon, accolé à une petite église datée de 1240.
Le donjon a été rabaissé de 18 m car on a voulu le démolir. Vu la solidité de l’ouvrage, l’idée a été abandonnée et c’est tant mieux. Toutefois, comme rien ne se perd, les débris de cette tentative de démolition, ont été récupérés afin de construire certaines maisons de la localité.
Cette tour, ronde à l’extérieur, se révèle hexagonale à l’intérieur. Des pierres volcaniques ont été utilisées lors de sa construction. Un escalier très étroit, communiquant aux étages supérieurs, a été réalisé à même la pierre, dans l’épaisseur du mur.
Le dernier étage de cette tour de garde était voûté et au centre de celle-ci, se trouvait une ouverture, ronde, à laquelle on appliquait une échelle, pour arriver à la plate-forme servant de toit.
La sentinelle de garde retirait cette échelle, afin de se ménager la possibilité de redescendre à sa guise. Vu la hauteur de la tour, l’ennemi fut très visible et il pouvait être signalé très rapidement.
Comme dans tout pays, il y a des légendes. Arches n’échappe pas à cette règle.
On assure qu’un souterrain, partant de la tour, traverse le village de Jarrige, à quelques kilomètres de là et conduit au ban communal d’Orset ...
Ce qui est par contre tout à fait véridique, c’est que cette tour faisait partie d’un château en 1475, qui fût cédé par le doyen à la famille de Battut, investie de la Seigneurie de Montfort. Il existe d’ailleurs vers le ban communal de Soultz (ça ne s’invente pas), à quelques km d’Arches, un château au lieu-dit Monfort, que l’on ne peut visiter, mais qui est visible de l’extérieur et de loin, puisqu’il est sur une hauteur.
Le bourg d’Arches qui compte 1700 ha, dont beaucoup en terres cultivées, se situe à 9 km de Mauriac (ville jumelée depuis le 14 septembre 1996 avec Ingersheim, près de Colmar), possède quelques belles maisons.
Il occupe un plateau dont trois côtés ont leurs versants respectifs sur la Dordogne, la Sumène et le ruisseau de la Biau.
Une bonne partie des terres est formée de calcaire primitif, une sorte de marbre qui se polit et donne un joli effet aux cheminées et aux consoles.
Tout en étant un petit bourg, Arches n’en est pas moins dynamique.

Arches, la place de l’Eglise avec le donjon.

 

 

 

 

 

Château de la famille Montfort, cité dès 1329

Restaurant « le Fournil » hôtel ** à Arches

Une navette gratuite circule entre Mauriac, la grande voisine, où tout se passe et le petit bourg au donjon, où l’on prend le temps de vivre et de se parler.
L’Hôtel Restaurant ** « Le Fournil » assure le ravitaillement par le biais d’un petit magasin qui fait dépôt de pain, laiterie, fromagerie, épicerie. L’entrée juste à côté, vous ouvre largement la porte, vers un grand comptoir, avec une petite pièce accommodée de tables, pour y prendre l’apéro, taper le carton, ou simplement se rencontrer. Vous pouvez aussi y dîner ou déjeuner en toute tranquillité et vous laisser gâter par la cuisine régionale au goût du terroir. « Le Fournil » offre la possibilité d’un séjour idéal au calme, avec ses 7 chambres tout confort, terrasse, jardin et parking privé. De là, vous pouvez sillonner et partir à la découverte des sites exceptionnels et des richesses patrimoniales de ce Cantal, frontière avec l’autre belle région, la Dordogne.
Pierre Dolivet.

Pierre Dolivet Photographe Auteur..