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Richesses de l'église
Saint Bonnet
A Giou de Mamou
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Un peu d'Histoire
Le rocher de Giou a probablement été
occupé dès l'époque celtique qui a laissé de nombreux mégalithes sur le tout
proche plateau de l'Hôpital. Le nom même de Giou serait d'une antique
origine et indiquerait que Jupiter (Jovis) y était adoré.
L'église actuelle a vraisemblablement été fondée sur un sanctuaire roman,
ruiné pendant les guerres anglaises, mais dont on retrouve encore les bases
maçonnées bien assises sur le socle basaltique
Elle avait été donnée au X° siècle par
Bernard, vicomte de Carlat, au monastère de Conques.
En 1392, un sieur Thérisse lègue dans
son testament une somme assez forte pour aider à la réparer; et peut-être
même à la reconstruire. Dédiée à Saint Mamet, elle a pour premier patron
Saint Bonnet, évêque de Clermont.
Depuis le XV° siècle, elle a été régulièrement restaurée. On retrouve trace
des nombreuses interventions qui l'ont amenée jusqu'à nous:
1656,1853 et 1991-réparation du clocher,
1780-reprise de la voûte et remplacement du dallage,
1850-installation d'une tribune en bois et réfection du portail d'entrée,
1853-réfection de la toiture et des enduits extérieurs, dépose de la
tribune, restauration des peintures murales, des tableaux, sculptures et
objets sacrés. |
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Vue de l'église
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Saint Bonnet de
Clermont
(Extraits L.Réau)
Né vers 633, il succéda à son frère
aîné Saint Avit comme évêque de Clermont. Au retour d'un pèlerinage à Rome,
il mourut de la goutte à Lyon en 700.
Son nom semble être une déformation de celui d'un dieu indigène de la Gaule,
BELENUS, que l'on retrouve dans plusieurs noms de lieux: Beaune, Beauney. La
vierge l'aurait invité à célébrer la messe sur un autel préparé par les
anges. Elle lui aurait aussi donné une chasuble qui était conservée
pieusement, dans le trésor de la cathédrale de Clermont. Il a été démontré
que cette chasuble avait été donnée en 988 à GERBERT d'Aurillac, alors
archevêque de Reims, par Adélaïde, femme d'Hugues Capet.
Patron de Clermont, de Bourges et de...Giou de Mamou, il était invoqué
contre la goutte à cause de la maladie dont il mourut. Les estropiés avaient
aussi recours à ss bons offices.
On le présente en évêque avec la mitre et la crosse. |
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Vitrail du choeur : chemin de vie, oeuvre de Jean
LABELLIE - 2000. Cet artiste s'est illustré dans l'art du vitrail à Caurols
et au Rouget (églises romane et contemporaine en châtaigneraie cantalienne). |
La famille de Giou
Giou est une ancienne seigneurie qui
avait un "château très fort" dont on peut encore voir les vestiges en amont
de l'église.
Cette maison d'ancienne chevalerie s'est illustrée dans la carrière des
armes.
Géraud de Giou fut abbé de La Valette (Malte) en 1232.
Claude de Giou, commandeur de Carlat, se signala dans la défense de Rhodes
où il fut tué en 1480.
Pierre de Giou, son petit neveu, général des galères de l'ordre de Malte,
s'immortalisa dans la défense de cette place par Soliman le Magnifique en
1565. Il devint maréchal de l'Ordre, et fut deux fois ambassadeur du grand
Maître auprès du roi de France.
Jacques de Giou, gentilhomme de la
chambre du roi et de la fauconnerie de Louis XIII, s'était illustré pendant
les guerres de Languedoc et le siège de La Rochelle.
La famille de Giou s'est éteinte au début du XIX° siècle sous la
restauration |
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Détail de la voûte |
Le protestantisme à Giou
Au milieu d'angelots et de rinceaux
baroques, une date 1685 et une injonction "Flectatur Coelestum" que l'on
peut traduire par "tu te soumettras à la parole divine" nous interpellent
dans l'axe de l'église. Aucun texte n'est venu corroborer ce qui reste une
forte présomtion. On peut en effet penser que le retour à la religion
catholique de la famille de Giou, peu de temps après la révocation de l'Edit
de Nantes-1685- a du marquer les esprits au point d'en inscrire la trace sur
les parois du choeur.
Celles-ci, tout naturellement, sont venues sacraliser l'obéissance à l'édit
de sa majesté Louis XIV - Flectatur Coelestum
Depuis trois générations, en effet, la religion calviniste était entrée dans
la famille de Giou. Alliances et mariages étaient conclus dans la communauté
protestante. Une bibliothèque d'une certaine importance, saisie en 1697 au
château, regroupait des ouvrages de la nouvelle religion imprimés pour la
plupart dans les cités protestantes de Genève, Bâle ou Strasbourg. D'autres
signes attestent encore de cette appartenance à la famille réformée, comme
l'invitation à son sacre faite à Monsieur de Giou par Henri IV
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Plans de l'église |
Un peu
d'architecture
De style gothique la nef ne manque pas
d'ampleur. Comportant deux travées, elle est voûtée sur croisées d'ogives,
tout comme les chapelles latérales.
La chapelle de droite contient le tombeau (enfeu) de la famille de Giou,
dont le blason est sculpté en clé de voûte (d'argent à trois tourteaux de
gueules poses deux en chef et l'autre en pointe).
Le choeur a été peint au XIX° siècle, probablement sur un décor plus ancien
du XVII°, dont la partie frontale a été préservée par un retable (rinceaux -
angelots - date 1685).
Le clocher "à peigne", caractéristique de l'architecture des églises rurales
de la région, comporte 4 ouïes contenant 3 cloches. La plus petite, qui est
aussi la plus ancienne (1528), est réalisée en bronze à l'argent. Elle porte
l'inscription "A fulgure et tempestate, libera nos Domine - Sancte Bonici,
ora pro nobis" (de l'orage et de la tempête protège nous seigneur - Saint
Bonnet, priez pour nous).
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Tableau représentant Saint François
de Sales en pied, mains jointes.
Oeuvre du peintre aurillacois FABRI, datée de 1726.

Christ aux liens.
Statue de bois polychrome (XV° - XVI° siècles). |


Saint Bonnet évêque, statue avec socle,
en bois polychrome (XVIII° siècles), représenté avec la mitre et la crosse. |

Tableau "Saint François d'Assise remettant la Règle du Tiers Ordre à Saint
Louis et à Sainte Elisabeth de Hongrie" (inventaire M.H.).
Le thème de ce tableau est rare. L.Réau n'en signale qu'un exemple (A.Della
Robbia - XII° siècle).
Saint François apparaît, soulevant à sa droite, avec l'aide de deux anges,
le livre ouvrant la règle, qu'il présente au roi Saint Louis vêtu d'un grand
manteau bleu fleurdelisé et à la reine Sainte Elisabeth.
Cette toile datée de 1657, est l'oeuvre d'un peintre aurillacois, Laurent
Bassot, auteur de "La Cène", grand tableau placé dans la nef de l'église
Notre Dame aux Neiges d'Aurillac, classé Monument Historique (bibliographie
B. Mézard RHA - avril mai 1991). Elle a été restaurée en 1997
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Association des amis de l'Eglise de Giou -
Textes et photos J. et F. Estival - juin 2002
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