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Le Lioran
aujourd'hui

Un tunnel dangereux

Travaux. Juste avant le percement 14 mars 2004
Le Lioran hier...

3 paires de boeufs pour tirer le chasse-neige!
Avant que la lame du chasse-neige fasse son apparition devant des
engins spécialisés, c'étaient aux bufs que revenait le travail pénible du
déblaiement. Sur cette carte postale du début du siècle,
trois paires de bufs ont été attelées au chasse-neige pour déblayer la voie.

Quittant comme à regret la blancheur de la neige
Qu'argentent brillamment deux ou trois jours de gel
Et les hauts sapins verts que le vent froid assiège
La route du Lioran entre dans son tunnel.
Etienne Marcenac
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Le Lioran Avant-hier
Notes sur La percée du tunnel du Lioran.
"Lorsque en hiver la neige couvrait les montagnes, sans néanmoins empêcher les habitants d'aller
pour leurs affaires d'un endroit à un autre, il n'en était pas de même du passage du
Lioran. IL n'y aurait eu qu'un pied de neige en rase campagne, si le vent la poussait
dans la nuit, le lendemain le Lioran était infranchissable; alors les communications
étaient interrompues entre les arrondissements, le roulage arrêté, les voituriers
condamnés à se morfondre dans les remises de Murat et de Thiézac."
L'abbé Chaumeil, 1840.
Projets du percement du tunnel
" La première idée de ce percement , l'une des entreprises
les plus hardies qui ait été tentées depuis plusieurs années, appartient à M. Delamarre, alors préfet du Département. C'est en 1836 que furent faites les
études....Deux projets sont établis: l'un de 1400 mètres l'autre de 2300 mètres. Le
moins coûteux est adopté par le ministère le 4 avril 1839.
G. Marlhiou, 1840
Première pierre
( sous louis Philippe )
Elle fut posée le 30 septembre 1839.
Visite des travaux
Quand vous pénétrez sous ces voûtes basaltiques, vous songez aux
catacombes. La lampe du mineur que l'on aperçoit au loin figure la torche précieuse que
n'a garde de laisser s'éteindre le visiteur du vaste et ténébreux sépulcre. Mais on
est bientôt distrait de sa poétique rêverie par le bruit assourdissant des marteaux qui
frappent sur le fer. L'imagination se fixe alors à Vulcain dans son antre, faisant
résonner son enclume au milieu des cyclopes.Vous approchez et vous n'avez devant vous
que de pauvres ouvriers à la physionomie soucieuse se doutant fort peu de vos idées
mythologiques, et qui gagnent dans cette tombe le pain de la famille.
Froment, 1841.
La rencontre des mineurs
La galerie fut forée de part et d'autre, et les chantiers de l'Alagnon
et du Viaguin rivalisèrent d'ardeur. La rencontre eut lieu le 24 novembre1843, à 4
heures du matin."
La fête
Le 4 décembre 1843, les mineurs du Lioran vinrent fêter la
Sainte -barbe à Aurillac; le gouvernement leur avait accordé une gratification de 720
francs. Sur plus de deux kilomètres, le peuple, blasé, à l'endroit des sommités
oisives vint les attendre.
Le banquet eut lieu salle électorale, rue du collège.
"Boire au roi, à son gouvernement, c'était boire à la continuation de la paix, et
les ouvriers savent que c'est par elle seule et uniquement sous son empire que de grands
travaux peuvent être entrepris, et les classes laborieuses être occupées"
Le chant que les mineurs entonnèrent sur l'air de la
Marseillaise, montre que les républicains d'Aurillac n'étaient pas absents de la
scène:
Allons mineurs de la percée!
Le grand jour vient de se lever.
Sous la barre à mine embrasée,
La montagne va s'éventrer ( bis ).
Oyez par la roche profonde
Sourdre comme un bruit de canon!
De nos frères de l'Alagnon,
C'est la foudre qui tonne et gronde!...
Al'uvre, les mineurs! Précipitons les coups,
Frappons, Chargeons,Le Lioran s'entrouvre devant nous.
G.Marlhou,1844.
Le coût des travaux
Les travaux de la percée absorbèrent 640.000 fr. et la vie d'un homme.
Les ouvriers fournirent 164.000 journées de travail. Nombre de coups de mine tirés:
80.000. Volume des blocs extraits: 60.000m3. La voûte et le revêtement coûtèrent
600.000fr.
La route fut ouverte en 1846.
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