Voilà novembre ! Faites provision de bois pour le cantou. Si vous avez été prévoyants vous y dégusterez entre amis de délicieuses châtaignes grillées sur la braise…


*Plan du site
*Recommander ce site à un ami
Photos / CPAnciennes / Wiki / RSS
Rubrique A.F Coulon. 2003
Retour Accueil Entre vous et nous Tourisme Loisirs Sports Pages passions Contactez nous


Informations culturelles
Théâtre à Aurillac Conférences / Rubriques d'A.F Coulon / Fêtes et manifestations diverses / Auteurs  / Livres/ Chanteurs /Auteurs compositeurs/ Artistes peintres/Echanges Solidairité /

Voir le site d'André François Coulon

LA CANTALINE

En 2050, cela fera 500 ans que Messire Jean Nicot, ambassadeur de France au Portugal, s’en alla en expédition vers les Amériques.

Des tribus Amérindiennes il rapporta, au Portugal puis en France, une plante jusqu’alors inconnue le tabac qui offrait des pouvoirs magiques lorsqu’on faisait brûler ses feuilles et qu’on en respirait la fumée.

Catherine de Médicis, adepte des sciences occultes favorisa l’expansion de l’herbe à Nicot. La pratique de fumer, réservée d’abord aux nobles gagna peu à peu toutes les couches de la population, tous sexes confondus. On détermina alors que les feuilles de tabac contenaient des alcaloïdes que l’on baptisa NICOTINE.

A bien y réfléchir l’imbroglio qui s’est actuellement créé autour du tabac où l’on trouve pêle-mêle l’argent, le profit, le plaisir, le rêve, la santé, la mort et la politique exclut le contexte global, l’intérêt général. Chacun y va de ses intérêts particuliers.

A lire notre presse départementale, écouter nos élus ou organismes consulaires… je me dois de faire le même constat de « lobbying». Lorsqu’il s’agit de partir à la conquête de nouvelles âmes, futurs adeptes du pays vert: entrepreneurs, industriels, artistes, artisans… tout le monde agit en ordre dispersé. Chacun, de son carré de verdure, recherche avant tout ses intérêts particuliers.

Électoralisme, démagogie, rêves, profits, utopies?

L’intérêt général du département est rancardé au second plan.

La situation est grave.

Quand comprendrons-nous que c’est à NOUS, individus lambda, cantaliens de base, de réagir, de nous unir.

Sans union point de force.

Le site cantalpassion nous offre une vraie tribune d’expression. Apprenons à nous en servir, apprenons à réagir aux différentes rubriques. Ne nous contentons pas de lire et d’oublier. Il en va de l’intérêt général de notre pays.

A moins qu’un savant botaniste (qu’il nous reste à trouver) découvre dans la flore cantalienne une herbe euphorisante que nous appellerions Cantaline.

On constatera alors que la consommation régulière de cette herbe, en tisane ou en pipe, évoluera très vite vers une accoutumance et une dépendance qui fera de nous des excités du système nerveux imaginatif et nous conduira à devenir des êtres réactifs, acteurs de notre devenir…cantalpassion rougira alors par la multitude des mails internautiques reçus qui constitueront une vraie force pour faire agir ensemble nos «managers».

En attendant Cantaline, écrivez, proposez, activez votre système nerveux végétatif, engueulez qui vous voulez… mais PROUVEZ QUE VOUS EXISTEZ!

af.COULON


PETIT PLAIDOYER POUR UN BONHEUR CANTALIEN .

On se dit vexé parce que notre département compte autant de vaches que d’habitants.

On pense souvent que l’herbe est toujours meilleure dans les prés voisins.

On se sent malheureux parce que notre regard ne croise jamais un TGV ou un AIRBUS en cours d’atterrissage.

On voudrait changer de voisin, à condition que ce soit lui qui parte.

On voudrait du soleil toute l’année mais pas trop de canicule.

On rêve de se réveiller et d’avoir la mer en face de soi, éclaboussante de bleus.

On jalouse l’étranger qui vient nous explorer en osant paraître plus heureux que nous.

On souhaite pouvoir se dire Cantalou sans provoquer la risée.

…On se dit alors convaincu que l’on sera plus heureux quand l’une ou plusieurs de ces étapes seront franchies.

LA VÉRITÉ est que l’on cherche le BONHEUR.

Nos pensées seront toujours emplies de regrets, de souhaits impossibles à atteindre.

Il est préférable d’admettre et de décider d’être heureux MAINTENANT.

Il n’y a pas de chemin qui mène au bonheur. Le bonheur EST le chemin.

LE BONHEUR EST UNE TRAJECTOIRE ET NON PAS UNE DESTINATION.

Il n’en faut pas beaucoup pour être heureux. Il faut juste apprécier chaque PETIT MOMENT et le consacrer comme l’un des meilleurs moments de sa vie:

- Rire de tout à commencer de soi-même.

- Surfer sur cantalpassion et se dire qu'il y a vraiment beaucoup de choses qui se passent dans notre département.

- Parcourir à pied le sentier de randonnée des Crêtes des Monts du Cantal.

- Sentir le vent froid vous caresser la joue.

- Avoir de vrais amis qui viennent quand on les appelle que ce soit pour un bon ou un mauvais moment.

- Se dire et se répéter que chez nous le mot ETRANGER veut dire HÔTE et non ENNEMI.

- Se persuader que tout finit par s’arranger car rien ne dure.

- Être convaincu que si le Midi a 100 couleurs, le Cantal n’a qu’une couleur: LE VERT, mais avec 100 tonalités différentes.

- Faire un voyage en TER entre Aurillac et Massiac et apprécier les mille visages du paysage parcouru.

- Partir découvrir un coin du Cantal jusqu’alors inconnu.

- Se donner pour mission de faire quelque chose pour son pays, ne serait-ce qu’en parler.

- Repenser à toutes celles et à tous ceux qui ont façonné notre Cantal par la sueur, le sacrifice de leur vie, l’écriture, les Arts, la parole… et ils sont nombreux!

Tout cela établira une trajectoire… forte de petits instants inoubliables.

Quelles joies pour nous de rendre notre pays gai. Il n’y a pas de meilleure carte postale. C’est aussi cela le bonheur.

afCOULON


Retour aux sources.

Dans une chronique précédente, je vous parlais de l’eau. Aujourd’hui je vais à nouveau vous parler de l’eau mais plus particulièrement de l’eau ferrugineuse, acidulée, sulfureuse, chaude ou froide.

Grâce aux textes laissés par Henri DURIF réunis sous le titre «Guide historique, archéologique, statistique et pittoresque du voyageur dans le département du Cantal» j’ai eu envie de vous faire découvrir certaines sources d’eaux minérales de notre département.

J’aimerais d’ailleurs que des lecteurs qui fréquentent notre site puissent nous écrire pour nous dire si certaines de ces sources existent encore.

VIC sur Cère: ces eaux étaient connues des Romains. Froides, d’un goût alcalin elles étaient recommandées dans les affections scorbutiques, la gravelle et les fièvres.

TEISSIERES – les- Bouliès: eaux froides, ferrugineuses et contenant une grande quantité de gaz carbonique (mais pas de soufre ni de bromure!), elles étaient assimilables à l’eau de Seltz. Elles avaient la prétention de soigner les gastralgies et de remédier aux pâles couleurs.

SAINT MARTIN-VALMEROUX ou FONT SAINTE, à un kilomètre ouest du bourg, cette eau froide et piquante donnait au vin une saveur aigrelette. Elle était conseillée pour traiter les névropathies de l’estomac et l’anémie.

FONTANGES, source de La Bastide, près du bois Noir: eau inodore, légèrement salée, délicieuse pour être mêlée au vin. s’employait pour apaiser les migraines.

Entre MARCENAT ET CONDAT: la source de Trémiseau offrait une eau âcre capable de faire mousser le vin. On la prescrivait pour tonifier l’appareil digestif et réparer l’affaiblissement amené par les fièvres.

Et enfin les eaux chaudes de CHAUDES-AIGUES qui jaillissent en de nombreuses sources dont celle du Par. Prises en boisson elle traite les laryngites, les gastralgies et les maladies nerveuses. Administrées à l’extérieur, elles guérissent des rhumatismes, de la goutte, des tumeurs et des engorgements du foie.

Je rajouterai deux sources connues personnellement, l’une minérale et l’autre prétendue miraculeuse:

COREN les EAUX: eau équivalente à l’eau de TEISSIERES les Bouliès semblable à une eau de Seltz.

VERNOLS: une eau qui guérissait autrefois un mal très répandu dans nos campagnes: l’ergot du seigle.

Amis cantaliens, n’hésitez pas à nous communiquer vos informations sur ces sources ou d’autres…

af.COULON


Il y a des petitesmisères qui nous agacent plus que d’autres.

Je fais partie des gens révoltés par le fait que la bonne tartine de confiture préparée à partir d’une savoureuse tranche de pain de seigle retombe systématiquement du mauvais côté (celui bien entendu de la confiture) lorsqu’elle vous échappe. Je suis sûr que vous partagez les mêmes agacements face à ce véritable fléau du petit déjeuner.

Vous portez accusation au sommeil, qui ne vous a pas encore quittéou au réveil dont la sonnerie vous a trop brusquement tiré du lit.

Il est vrai que démarrer la journée par un bon petit déjeuner composé d’un excellent café au lait et de tranches de pain beurrées ou «confiturées» - ou les deux superposées - présage d’une journée qui devrait se passer sans problème!

L’inverse serait-il annonciateur d’une journée de galère? seule une voyante «extra-glucide» pourrait le confirmer!

Mais pourquoi donc dans le Cantal (comme partout ailleurs où l’on prend le temps de bien «petit-déjeuner») les tartines vont-elles atterrir systématiquement du mauvais côté, celui du beurre ou de la confiture, nous obligeant alors à dépolluer l’objet de notre convoitise matinale et à nettoyer carrelage ou moquette?

J’avais même envisagé, il n’y pas si longtemps de créer un mouvement de protestation au doux nom de «Comité de protestation contre le renversement des tartines» le C.P.C.R.T.

Projet aboli par le fait que je viens de découvrir les conclusions de Monsieur R.A.J. MATTHEWS, professeur de mathématiques appliquées et de sciences des computers à l’université d’Aston à BIRMINGHAM. Elles sont publiées dans la prestigieuse revue «The European Journal of Physics…» et me voilà à présent rassuré. Il était de mon devoir de ne pas vous laisser dans l’ignorance.

Cet éminent professeur couronné de diplômes a passé plusieurs années de sa riche vie de chercheur à trouver les raisons de ce renversement automatique des tartines arrivant au sol. Il tient d’ailleurs à préciser que sa découverte s’applique à l’équivalent pour les très anglaises tranches de toasts. Heureusement! car j’aurais été très ennuyé si seules les tartines issues d’un bon pain pétri, façonné, et cuit par un authentique boulanger auvergnat étaient victimes d’un tel comportement scientifique! Un bon pain doré, qui chante longtemps sous la croûte, aux saveurs du terroir ne peut, à mon sens, faire l’objet d’aucun reproche d’autant qu’il n’existe depuis la nuit des temps que pour notre plaisir nourricier et gustatif.

A partir du phénomène de la vitesse de la lumière, de la masse du proton (particule constitutive du noyau de l’atome, dont la charge positive est égale à celle de l’électron) et par le biais du rayon de BORH et enfin de la vitesse de rotation, notre mathématicien en arrive à la conclusion que pour éviter à la tartine de retomber du mauvais côté il faudrait que nous utilisions des tables d’une hauteur de 3 mètres minimum. Ainsi la tartine pourrait effectuer une rotation complète sur elle-même et se rétablir dans une position telle que l’ingrédient qui la recouvre soit sur le dessus!

Je reste médusé devant une telle avancée de la science.

Ainsi nous voilà rassurés, la tartine ne nous en veut pas personnellement, simplement nous ne lui offrons pas les moyens de faire autrement. C’est réconfortant!

A dater d’aujourd’hui vous n’avez plus le droit de vous lamenter sur les petites misères du monde.

A BON ENTENDEUR SALUT!

© af COULON


Le Porteur d'eau

En réponse au jeu paru sur notre site, voici la réponse apportée par une chanson d’auteur inconnu mais interprétée par deux cantaliens de Marchal. Merci à Marie-Claude ROUSSEAU de RIOM qui a bien voulu me retranscrire le texte de cette chanson ; et félicitations à nos deux gagants MRS ROUEYRE ET DUBOIS.

K7 –« PROMENADE EN AUVERGNE » --- Marchal – 9/93

Maurice SERRE – accordéon

Jean FARGES – chanteur

Quand j’eus quinze ans , mon père m’a dit , il te faut gagner ta vie.
Comme les garçons de ton âge , tu dois quitter le pays.
Et depuis, loin de mon village , je me débats dans Paris.
C’est moi le porteur d’eau , avec mes deux seaux pour fardeau.
J’arpente les quais de la Seine , je suis tous les jours à la peine.
Pour un modeste sou , je monte un seau d’eau chez vous.
Sachez profiter de l’aubaine , quand passe Baptistou.
Car moi Baptistou , je vends de l’eau fraîche , de la bonne eau fraîche , un seau pour un sou.
C’est moi Baptistou , toujours sur la brèche , et qui se dépêche , de gagner des sous.
Quand j’aurai des économies , comme tous mes bons amis ,
J’aurai une échoppe à Grenelle , à Montrouge ou à Bercy
Et en livrant ma clientèle , je lui conterai ceci :
C’est moi le porteur d’eau , je n’ai plus mes seaux pour fardeau.
Je vends du charbon , des bûchettes . Tous les bons bourgeois m’en achètent.
En vrai fils d’auvergnat , me voilà devenu bougnat.
Ma fortune sera bientôt faite , car j’ai confiance en moi.
Car moi Baptistou , debout dès l’aurore , je travaille encore , preste à vos cantous.
C’est moi Baptistou , qui nul ne l’ignore , se vante et s’honore , de gagner des sous.
Mais l’appétit vient en mangeant , quand j’aurai beaucoup d’argent ,
J’achèterai hôtel à Vincennes , et café-bar à Nogent ,
Et bien plus tard , loin de la Seine , je rêverai très souvent.
C’est moi le porteur d’eau , qui suis revenu au hameau.
J’ai acquis un vaste domaine, je suis bien payé de ma peine.
Pourtant pour un magnat , je suis un bon auvergnat.
On dit que j’ai eu de la peine , je me demande pourquoi.
Car moi Baptistou , toute mon existence , avec insistance ,
J’ai trimé beaucoup , et si Baptistou est dans l’opulence ,
C’est la récompense , des gars de chez nous .


LE SAVIEZ-VOUS?

Un fin linguiste ALAIN NOUVEL vient d’avoir à répondre sur l’origine de l’appellation de ce sommet Pyrénéen, point essentiel de référence pour tout Catalan: le mont CANIGOU – 2874 mètres d’altitude-.

Le Canigou, phare ou belvédère pour les méditerranéens trouve mention dans une chronique d’un moine Italien Fra SALIMBENA, sous le nom latin de MONS CANIGOSUS. En latin chien se dit CANIS et en pays catalan GOS ou GOUS. Cette appellation latine rend donc deux fois CHIEN le mont CANIGOU.

Un Perpignanais de mes amis m’a affirmé qu’avec un peu d’imagination, on peut confondre la silhouette du mont CANIGOU avec une dentition de chien.

Mais là n’est pas l’objet de mon propos.

Revenons-en donc à Alain NOUVEL.

Selon celui-ci il faut chercher l’explication de l’appellation CANIGOU dans la préhistoire et plus exactement dans une racine (je n’ai pas dit canine) «pré-indo-européenne où KAN-T désignait une pierre, un rocher. CANIGOU tout comme CANTAL signifie rocher et en occitan GROSSE PIERRE; CANTENA veut exprimer une pierraille et CANTAREL un petit

tas de pierres empilées dans un champ…» .

C’est donc le mot pierre qui a donné son origine au nom de notre cher département.

Célébrons notre solidité. Cela vous étonne? Pas moi.

Je me sens maintenant très proche des catalans, aux yeux levés vers le mont CANIGOU sans lequel ils perdraient le nord, leur boussole. Plus qu’historique ou préhistorique le CANIGOU demeure légendaire, mystérieux. Il est l’âme catalane.

Et si je ne vois pas d’un moment mon cher PLOMB DU CANTAL je perds moi aussi le nord, ma boussole. Le PLOMB est lui aussi légendaire, mystérieux. Il est l’âme du CANTAL.

Enneigé au-dessus des brumes, coiffé de nuages, menaçant orage, il est là en toutes saisons, par tous temps, fidèle.

Il constitue un trésor que nous devons garder jalousement. Nous sommes une peuplade fière et solide comme nos amis catalans.

Et si beaucoup sont de mon avis je vous proposerai une fête que nous pourrions organiser pour le prochain solstice d’été. Mais pour cela vous devrez vous manifester en adressant des mails de soutien à cantalpassion pour ce projet flamboyant.

©af.COULON


DIENNE

S’il existe un site d’une grande beauté, apogée d’une nature brute, sincère, parfaitement authentique et chargée d’une rare énergie : c’est bien celui de la vallée de la Santoire et du village de Dienne.

Vu du rocher de Laqueille où se situait, nous dit l’histoire, un temple dédié à la déesse Diane (origine du nom Dienne)‎, le village s’étend tel un amphithéâtre dont l’arène serait ces grandes prairies où serpentent les eaux claires de la Santoire et le décor de fond cette imposante roche qui prend aux yeux du poète allure de Sphinx.

Shinx basaltique, gardien d’une vallée descendue du Col de Cabre et du Puy Mary, rescapé d’une énergie volcanique éclatée il y a des millions d’années, il continue en puissance souveraine à veiller, tel un sage, sur une terre de chair, de forêt, de jour, de nuit, de couleurs et de saisons

Imprenable tableau quand arrive l’automne ; hommages de roux, d’orangés et de pourpres en apothéoses sous l’or d’un soleil qui s’éteint, et où de petits hameaux et burons nichés dans cet écrin mordoré, font éclater leurs toits de lauzes.

Plus tard la neige et la tourmente hiberneront les jours en ondes immaculées, pour les mieux réveiller par de frêles lumignons d’or : les jonquilles sauvages.

L’éphémère narcisse, petit astre blanc, et la tendre violette encenseront alors la vie et élèveront nos cœurs pour qu’ensuite genêts, foins et regains finissent d’éveiller nos sens olfactifs, loin des suintements goudronneux et « oxydaux-carboneux ».

Après la beauté, l’énergie, la couleur et les senteurs ; l’autre idée suggérée par ce site sera celle d’un trait d’union mystique, tiré entre firmament et terre où la Roche-Sphinx, témoin mêlé aux astres impérissables, lierait Dienne à l’univers, l’obligeant à lever les yeux vers la dimension cosmique.

Jamais je n’aurai ressenti autant de grandeur d’âme et d’apaisement à contempler cet immense théâtre de vie que des acteurs, fugitifs passagers, ont su préserver comme un bien multi-centenaire, berceau d’inestimables valeurs ; lui conférant éternité…

… et le Sphinx continuera de veiller, apaisant les souffrances de l’âme et interdisant, tel l’ancêtre bienveillant, la folie d’utopies irraisonnées.

© af COULON


Dans ce pays nous avons desprofesseurs extraordinaires ….

Je me souviens des cours de sciences naturelles qui en classes se cinquième et quatrième nous donnaient l’occasion de partir en observation à l’extérieur. Belles occasions que ces sorties pour échapper à la surveillance de professeurs habituellement campés sur leur estrade !

Un jour nous partîmes découvrir le monde des insectes : fourmis, taons, libellules, abeilles, mouches ….Traversant un pré le prof nous invita alors à nous pencher sur une bouse de vache pour y guetter un insecte coprophage (mangeur d’excréments)‎ appelé scarabée que nous baptisâmes aussitôt « mange-merde ». Le prof ne tarit pas d’arguments pour nous faire comprendre l’utilité de cet insecte. En réalité nous n’avions que faire de la vie de cet animal si particulier, noir, avec de grandes pattes, ressemblant plus à un cafard ou une araignée qu’à un insecte aussi sympathique que la coccinelle !

Eh bien cet homme avait raison ! et j’irai le lui dire dans la maison de retraite où je sais qu’il réside maintenant.

En effet, Laurent Dormont , scientifique rattaché au CNRS, vient de démontrer que le scarabée des bouses de vaches est indispensable au bon fonctionnement de l’écosystème.

Sans ces bestioles les bouses de vaches certes biodégradables mais sur une très longue période, envahiraient les pâturages en les asphyxiant et les infectant. Dans les années 197O, lorsque nos premiers bovins (dont des Salers)‎ ont été exportés vers l’Australie sans « nos bousiers », les fermiers ont vite constaté que leurs prairies se recouvraient peu à peu de déjections nauséabondes qui empêchaient de nouvelles pousses d’herbe. Il leur a fallu 15 ans pour introduire des bousiers.

Dans leurs observations les scientifiques de l’équipe de Laurent Dormont ont même pu faire le constat que ce scarabée ne s’attaquait pas à n’importe quel excrément, principalement celui des bovins (expérience réalisée avec des pièges à insectes)‎.

Dans les Cévennes où il est envisagé de réintroduire des bovins, l’équipe travaille actuellement pour analyser la réaction des insectes plus habitués aux excréments de moutons.

Globalement, il n’en demeure pas moins un problème de taille  : certains traitements issus de laboratoires pharmaceutiques provoquent des effets toxiques sur les coprophages  !

Merci Monsieur le professeur pour avoir essayé de nous dire que chaque insecte contribuait à l’équilibre  de Mère-Nature… et c’était en 196O  !

Pardon Monsieur le professeur si j’ai été plus sensible au chant du grillon enfermé dans une vieille boîte de cirage durant les cours que vous dispensiez du haut de votre estrade  !

© af.COULON


ALBEPIERRE

S’il vous arrive de ne pas savoir où aller faire une belle promenade lisez le texte qui suit et rendez-vous sur le lieu… vous trouverez là bien des choses à voir et des balades à faire dans un décor somptueux. 

Si c’est la géographie qui a donné son histoire à Albepierre, ce sont les eaux du Benêt, du Lagnon et les treize fontaines qui coulent dans le village qui lui ont donné la vie.

Réfugié au point de rencontre des criques glaciaires de Chamalières et du Plomb du Cantal, Albepierre apparaît comme accouché de la montagne. Sans doute ébauché par des ancêtres défricheurs de clairières, il y a des milliers d’années, ses habitants par atavisme l’ont façonné au fil des siècles.

Femmes, paysans, domestiques,  penchés sur une terre rude ont progressivement su maîtriser une nature au préalable rebelle.

Ainsi accompli Albepierre sait se perpétuer sans artifice, en toute simplicité.

Égayant les franges des bois environnants, le village continue de tressaillir de présences ancestrales.
Ses solides demeures campagnardes ont su garder un caractère permanent et majestueux pour en aiguiser l’horizon.

La générosité venue du cœur prévaut aujourd’hui sur la nécessité imposée par la sévérité d’une vie rurale toute faite de sueurs.

Mais demain, peu à peu le village s’échappera vers de nouveaux villageois arrivés d’ailleurs. Ils seront très respectueux de ce riche passé construit avec amour et sens du travail par des ancêtres qui leur seront inconnus…

et les enfants continueront d’aller se rafraîchir et jouer auprès de l’une des  treize fontaines du village.

 

Voir : l’église, le four, les croix, l’architecture générale, les fontaines… Parcourir les chemins communaux, monter au dessus soit en prenant la direction du château soit en se dirigeant sur la route de Prat de Bouc ou La Molède.

Voir également le site de Bredons, au dessus de Murat mais commune d’Albpierre (passer par Auzolles haut et bas  puis Pignou).

 

af. COULON



La situation est grave… mais pas désespérée…

Voilà que commencent à fleurir dans notre département des enseignes aux consonances anglo-saxones proposant de «  la bouffe  » aux goûts venus d’ailleurs.

Notre terroir nous offre de telles richesses culinaires que je ne peux croire que nous allons abandonner peu à peu cet immenses privilège de savourer  : saucisses aux lentilles, tripous, truffades, chou farci, potée, tête de veau ravigote, poulets aux cèpes, tartes à la myrtille…

Notre répertoire régional est trop inépuisable  !

Pour cuisiner aujourd’hui c’est pourtant devenu simple  ! Il suffit de mettre un plat dans le micro-ondes le matin, de programmer sa cuisson et le soir, dés la porte franchie, le dîner est prêt… car le moment du repas est délaissé au profit de l’émission de télé  !

Deux dangers nous guettent si nous n’y prenons garde  : le recul de notre tradition culinaire auvergnate et l’absence d’éducation aux goûts culinaires.

Lorsque je demande à mes petits voisins le type de plat qu’ils aimeraient cuisiner eux-mêmes, ils répondent à l’unanimité «  la pizza  ».

Je me souviens – il n’y a pas si longtemps après tout – que lorsque notre mère nous posait la même question, ma sœur et moi répondions «  du poulet et des frites  » . Du poulet élevé au fond de notre jardin et des pommes de terre cultivées par notre père.

J’ai même récemment lu que la poire et la pêche étaient boudées par les consommateurs car «  il faut l’éplucher  ».

Ce n’est pas en engloutissant un yaourt aux fruits qu’on remplace le plaisir de manger un fruit frais… Ah  ! c’est vrai, il demeure le risque de tâcher la chemise  !

Place est donc faite de plus en plus aux aliments muets. Désormais nous nous alimentons au lieu de manger avec régal.

A force de consommer des produits tout prêts nous perdons le goût de notre cuisine.

Il devient essentiel que nous adoptions, comme jadis, notre alimentation aux rythmes des saisons.

Rien ne vaut à mes yeux un produit frais. Pour cela il nous faut reconquérir une agriculture de proximité.

Ce pari n’est-il pas intelligent à souhait  ? et régionaliste de surcroît  ?

Ce n’est pas pour un ballon ou autre gadget que nous devons déterminer les choix alimentaires de nos enfants. Il y a mieux. Ils méritent mieux.

Le pari est donc ouvert. Si des recettes vous manquent cantalpassion peut vous en obtenir.


Je lance d’ailleurs un appel  : si certaines internautes le veulent, elles peuvent nous communiquer leurs recettes de terroir. Elles serviront à d’autres et apaiseront nos consciences, en réjouissant nos palais.

Qu’on se le dise  !

CANTALMITIES  ;

af COULON


Avez-vous entendu parler de la fée verte

Au XIX° siècle cette fée verte faisait des ravages. Verlaine et Rimbaud la glorifiait, Manet l’immortalisa par une toile baptisée «Le Buveur  ». Cette fée verte, un apéritif aux vertus magiques et envoûtantes, était nommée ABSINTHE.
Parmi les absintheurs célèbres et incorrigibles citons  : Beaudelaire, Nerval, les frères Goncourt, Alphonse Daudet, Toulouse Lautrec, Van Gogh….
Certains furent d’ailleurs «  liquidés  » par cette fée verte.
L’histoire de l’absinthe avait pourtant bien démarré. Pline l’Ancien et Galien célébraient ses vertus dés l’Antiquité. Cette plante médicinale servait à concocter des tisanes digestives.
A la fin du 18°siècle la potion devint élixir grâce à un médecin français exilé en Suisse, le docteur ORDINAIRE. Le breuvage passe alors du domaine thérapeutique à celui de boisson apéritive.
Cet apéritif est importé en France par le gendre du docteur  : Henri-Louis PERNOD, installé à Pontarlier, berceau de la fée verte.
Produit issu de la distillerie d’alcool avec des feuilles d’absinthe mélangées à l’anis et au fenouil, il titre 72°  !
1830, les militaires de retour de la conquête de l’Algérie lancent la mode de l’absinthe sous prétexte de se protéger de la dysenterie.
Devant l’ampleur des dégâts causés par l’élixir, les députés français votent son interdiction en 1915.
Aujourd’hui l’absinthe est encore fabriquée en Tchéquie, Espagne et en Andorre.
La Grande Bretagne vient d’ailleurs d’en autoriser la vente  !
Mais savez-vous que notre département, s’il a sans doute connu la fée verte… a eu aussi – mais dans des temps plus anciens- sa propre fée verte nommée l’eau d’or  ?
L’eau d’or, liqueur alcoolique, était préparée à base de vin, d’aromates, d’épices, de miel, d’eau et fines particules d’or.
Cette boisson avait été inventée par des alchimistes au Moyen Age. Elle portait alors le nom d’HYPOCRAS  .
Ces alchimistes s’étaient appliqués à rendre l’or «  potable  » et l’eau qui en provenait constituait une panacée infaillible.
Tous les vieux livres de pharmacie ou même de cuisine ne manquaient pas de donner la recette de cette potion presque magique (normal en terre gauloise). Elle conserva sa réputation jusqu’au 18° siècle.
Plusieurs chroniques font état de l’usage de cette eau d’or (Henri Durif 1807-1881).
A Anterrieux  : «  Lorsque, en 1586, ARIBERT, seigneur de Saint Juery, prit possession du château il entendit la messe dans la chapelle. A l’Evangile un homme en armes ayant voulu mettre l’épée nue, ainsi que l’ordonnait l’étiquette, blessa accidentellement le maître au front. Beaucoup de sang coula, et ARIBERT devint très pâle. Comme on craignit une syncope, le sommelier se précipita hors du sanctuaire, pour aller quérir de l’eau d’or. Il paraît que l’indisposition d’ARIBERT passée, l’office continua.  …» Plus avant, en 1275, il est relaté qu’à Saint Marc «il existait un obit*, fondé par ROBERT, seigneur de Chaliers, et célébré avec d’étranges cérémonies. Le clerc étendait sur le pavé, devant l’autel, une couche de paille et dessus un drap mortuaire. La messe dite, l’officiant recevait du curé 3 oublies, espèces de pains ronds, minces et sucrés  ; plus deux doigts d’hypocras qui était un vin de liqueur coupé d’épices, de miel et d’aromates. La paille revenant au sacristain…  »
Cantalpassion lance un défi… pourquoi ne pas ressusciter ce breuvage (les paillettes d’or ne sont peut-être pas obligatoires  !). Qui osera  ? Le jeu en vaut la chandelle… l’hypocras pourrait s’ajouter aux traditionnelles productions locales  : tripoux, cornets de Murat, croquants de Salers, gentiane….
Un pharmacien avisé et cantalien (de préférence) pourrait peut-être nous retrouver la recette mentionnant les proportions exactes  !
A vous d’en juger… mais si l’aventure prend corps les membres de l’association Cantalpassion et l’auteur de ce texte exigent d’être invités à la première dégustation. Qu’on se le dise et que l’on nous tienne au courant.
* obit  : service religieux célébré par fondation pour un défunt à la date d’anniversaire de sa mort. af. COULON
* "L'abus d'alcool peut être dangereux... A consommer avec modération"


L’EAU

L’eau de mer représente 97,5% de l’eau de notre planète. Les 2,5% d’eau douce proviennent aux 2/3 des glaciers et le tiers restant, soit 110.000 milliards de m3, de la pluie, dont 70.000 milliards de m3 s’évaporent en permanence. Sur les 40.000 milliards restants, 20% sont peu accessibles. Au bout du compte 32.000 milliards de m3 sont disponibles. Ce qui est largement suffisant pour les besoins de l’humanité.
Le problème ? c’est que ces 32.000 milliards sont très inégalement répartis.
Certains scientifiques étudient la possibilité de dessaler l’eau de mer par un procédé “d’osmose inverse”. Ce procédé est hélas déclaré très couteux.
Aujourd’hui la guerre menace pour la raison essentielle du pétrole… si vital pour les pays riches !
Ne serait-il pas possible d’envisager des échanges EAU PETROLE ? Il existe de grands oléoducs qui conduisent l’or noir sur des milliers de kilomètres pour l’acheminer vers des ports du Moyen-Orient.
Pourquoi n’existerait-il pas des oléoducs pour diriger notre eau vers le Moyen-Orient ou les rives de la Méditerranée ?
L’Auvergne est riche de ce trésor que je qualifierai d’or bleu (couleur du reflet d’un ciel pur sur nos lacs, ruisseaux, rivières, fontaines…). Certes les politiques de nos communes à l’égard de l’eau sont encore trop aléatoires et faites de “bricolages” ! beaucoup d’habitants manquent d’eau quand arrive la saison estivale tandis que d’autres (ou les mêmes) sont appelés à consommer une eau polluée… ces situations sont anormales mais pas sans solution. Il suffirait de décider et d’agir. Mais qui osera imaginer que nous pourrions exporter notre abondance d’eau?
Plus besoin de dessaler ! Plus besoin d’usines coûteuses ! La mise en place d’oléoducs- qui prendraient alors leur véritable nom d’aqueducs ( du latin aqua ductus –conduite d’eau-)- serait sans aucun doute d’un coût moindre et d’une efficacité certaine !
Certains m’accusent déjà de rêveries… sans doute oublient-ils que l’échange nous permettrait de redécouvrir le vrai sens du mot commerce (actvité qui consiste en l’achat, la vente ou l’échange de denrées ou marchandises…).
Ne croyez-vous pas que le jeu en vaut la chandelle ? J’ai même envie de dire que l’eau vaut la flamme.
Quels bonheurs que de pouvoir envoyer de l’eau qui servirait à rendre des peuples plus autonomes, en leur offrant la possibilité de cultiver ou d'élever pour se nourrir, faire commerce et parvenir à un niveau d’hygiène respectable !
L’eau, symbole de Paix par l’échange entre les peuples… n’est-ce pas là l’essentiel ?
Mais cette Paix est plus dure à réaliser que la guerre.
Dommage ! vraiment dommage!
NB : Les chiffres mentionnés au début sont diffusés sur le site www.odmer.com
af.COULON


Saint Valentin fête des amoureux , .

A celle que nous devrions tous aimer…
J’en veux à ce temps qui sans cesse défile
La passion dans nos cœurs reste indélébile
Par les cinq sens tu dérègles nos désirs
A jamais je ressens et entends tes soupirs.
Les braises de ton volcan sont restées allumées
Éclairant les noirs ennuis de nos longues soirées.
Ailleurs c’est le désert si l’on reste près de toi
Dans tes mille couleurs nos regards se noient
Ta verte chevelure apaise toutes rages
Augure d’un fabuleux destin sans cage.
Ton manteau neigeux si largement déployé
Accroche les muses sur tes flancs escarpés
Le bleu de tes rivières taquine l’émotion
Imprime turquoise les toits de nos maisons.
Confondus au basalte ses solides habitants
Fiers mais discrets veulent aller de l’avant.
Haute-Auvergne tu es à nulle autre pareille
Aide-nous à rester lucides et bien en veille
Pour que notre passion ne jamais s’éteigne
Et que ta douceur de vivre nous étreigne.

Un Cyrano à sa douce aimée.

afCOULON


LES WALKYRIES DE SAINT SIMON…

En ces temps là, les bergers de Saint Simon évitaient le «  Suc des Dames  », prétendu lieu de rassemblement des fées (fades). En faisant paître leurs troupeaux à cet endroit un mauvais sort risquait d’atteindre leurs moutons  ;
souvent ils avaient constaté que l’herbe fraîche du soir s’y retrouvait tassée et piétinée le lendemain matin. Les fées avaient tenu leur rassemblement nocturne. Ces fades disposaient d’un pouvoir exceptionnel. Sous une apparence séduisante ces blanches filles du démon cachaient une volonté de vengeance.
Un soir d’été 1632, dans l’une des auberges de Saint Simon, Pierre Mousset imbibé de vin à souhait, paria qu’il irait cette nuit même surprendre les demoiselles dansant au Suc des Dames.
Le pari engagé, Pierre prit sa musette et partit à travers bois, du côté de Mazic. Persuadé que les fées n’existaient pas, il avançait cependant avec quelques inquiétudes… mais le pari était engagé. Il fallait maintenant aller jusqu’au bout.
La nuit était claire, la lune pleine, la nature tranquille. Cela lui suffit à retrouver du courage pour poursuivre son chemin.
Pierre marchait et il ne lui restait plus qu’une colline à franchir pour arriver au suc. Ce dernier sommet franchi, il distingua au loin une douzaine de demoiselles qui dansaient et folâtraient autour du mamelon. Il poursuivit son avance.
Pierre qui était aussi ménétrier, commençait à dessaouler. Marche et émotions l’avaient aidé à écluser.
Il remarqua la pâleur des fées et s’étonna que chaque fois que leurs mains se touchaient il lui parvenait un son creux pareil à des os qui auraient été privés de chair.
Il s’immobilisa, admirant les demoiselles, contemplant leurs formes lascives qu’un simple tissu enfermait dans une prison transparente.
Envoûté par un tel spectacle il se crut de la fête, sortit sa cornemuse et commença à interpréter ses plus beaux airs.
Aussitôt les fades s’enfuirent. Deux seules, moins peureuses, s’approchèrent et vinrent lutiner l’homme à la musette, ravi.
L’une enleva son chapeau et disparut avec. L’autre lui vola trois roses attachées à son gilet. Pierre la poursuivit voulant récupérer son bouquet mais surtout espérer autre chose.
Quoique courant il ne put l’atteindre et quand il y parvint cette maîtresse impalpable lui glissa entre les bras.
Ils firent ainsi beaucoup de chemin et parvinrent jusqu’à l’escarpement où l’on domine Belliac.
Arrivé au bord du précipice le ménétrier voulut rétrograder, mais la fée s’approchant lui dit tout bas, une douce parole et la montagne retentit aussitôt d’un bruit de chute et de quelques plaintes.
Le lendemain on retrouva Pierre, le corps mutilé, la tête sanglante, n’ayant plus qu’un léger souffle de vie.
Prés de lui gisait sa cornemuse encore gonflée.
On ne retrouva jamais le chapeau ni les fleurs.
Le malheureux n’eut que le temps de raconter son aventure. Il demanda pardon à Dieu en souhaitant, s’il devait mourir, trouver un paradis rempli de fades. Il reçut l’absolution et trépassa.

af COULON janvier 2003


Site dédié à Pierre Dufour

Le " Typoète" Aurillacois PIERRE DUFOUR vient de nous quitter. Après sa famille, ses deux passions étaient l'imprimerie et la poésie. Il réalisait lui-même ses ouvrages de A à Z dans son atelier  du 21 rue du Val à BELBEX.
Pierre DUFOUR manipulait l'humour par les mots.
Il réalisa aussi un ouvrage remarquable "Un jour le pain nous fut compté" (paru en 2000).
Pour lui rendre hommage je reproduis ici l'un de ses multiples poèmes :

QUATRE AVATARS...
Sur un pur-sang m'étant juché,
j'avais - paraît-il - fière allure !
Mais ça n'a jamais galopé...
la faute à la monture !

Sur mon vélo m'étant couché,
je rêvais d'un Tour sans bavure.
Mais nul soigneur ne m'a dopé.
La faute à ma nature !

Dans une auto m'étant fourré,
ma foi j'ai bouclé la ceinture.
Mais j'ai plutôt mal démarré
La faute à la ouature !

Sur un bateau m'étant hissé
enfin j'approchai l'aventure...
croyez-vous que j'ai navigué ?
La faute à la oualure !
Texte tiré de "Maladie d'humour n'est pas mortelle".

 


Pierre Dufour à la fête des vieux métiers en juillet 2001

Je suis vraiment abasourdi. je savais qu'il avait un cancer, mais à ma connaissance localisé. c'et vraiment une grande figure de la poésie contemporaine en auvergne qui disparaît, bien qu'il n'ait jamais bénéficié de la moindre médiatisation. Son originalité est totale, tant par ses vers humoristiques que par sa pratique conjointe de la poésie et de l'édition. le typoète, oui, ce nom lui allait admirablement. Il aimait le travail original, dans la plus belle tradition. Je ne me fais pas d'illusion, pas le  moindre article sans doute dans La montagne ou alors peut-être dans l'édition d'Aurillac. Nous ne le verrons plus malheureusement aux fêtes du
livre avec son offset "à bras" comme il disait. Qui vendra aujourd'hui ses ouvrages? Sans doute personne. Merci, André-François de nous avoir communiqué cette triste nouvelle.

Claude Vidal
 

Bêtisier inspiré par «  LE NOUVEAU BESTIAIRE  » du TYPOETE Pierre DUFOUR

Ami lecteur, installe-toi confortablement dans un fauteuil crapaud.
Je ne vais pas chercher à te faire bouffer la grenouille, à la limite te faire goûter une reine des reinettes ou alors des cuisses de grenouilles cuisinées à la crapaudine.
Je te préviens, je suis caméléon dans l’âme, j’ai la faculté de me fondre dans mon environnement. Il m’est cependant impossible de détendre ma langue d’une vingtaine de centimètres pour saisir … un ourson en chocolat.
Les oursins ou encore châtaignes de mer sont trop piquants pour les attraper. Le mieux est de les laisser baigner dans une valve de bénitier, ce mollusque géant appelé aussi tridacne géant.
Je t’avertis  : j’aime bien te faire sourire, mais aussi t’apprendre quelques mots savants ou quelques bizarreries de la nature.
Revenons à nos moutons, je suis là pour te parler des batraciens et des amphibiens.
Tu connais la grenouille de bénitier. Je ne te parlerai pas de cet animal-là.
Il y a 2.600 espèces de grenouilles pour satisfaire les crapauds libidineux qui restent sur le dos des grenouilles pendant des heures, voire des jours. Parfois en vain et tant mieux, car le frai peut atteindre un chiffre de mille œufs.
La grenouille la plus commune est la grenouille verte ou rainette.
Je préfère par exemple, te raconter que «  les grenouilles des arbres ont des ventouses qui leur permettent de se tenir sur n’importe quelle surface, même sur un morceau de verre vertical  . Leurs bonds puissants et précis peuvent leur permettre d’engloutir un insecte avant même d’atterrir  ».
La grenouille léopard met seulement 1/10ème de seconde pour détendre ses pattes arrière et se propulser jusqu’à 12 fois sa propre longueur.
La grenouille taureau de Californie peut peser jusqu’à 2 kilos et manger des oiseaux.
La grenouille fouilleuse vit dans le sol du désert australien. Quand il pleut, elle reste alors dans les flaques et absorbe de l’eau , autant que la moitié de son poids. Elle devient ronde comme une boule. «  Les peuples aborigènes, pour étancher leur soif, creusent le sable pour attraper ces grenouilles, les pressent comme une éponge et boivent l’eau directement dans la bouche.  »
Et pour conclure, quelques rimes sublimissimes  :

Le crapaud coasse
Le corbeau croasse
L’étourneau rêvasse
La grenouille fait des grands bonds
La citrouille hait le potiron
L’arsouille bée devant ses canons
Le têtard se dandine
Le guépard se débine

Tu repars ou tu dînes  ?

C B


Dans ma chronique du mois précédent j’ai voulu rendre hommage aux femmes rondes…
Pour ce premier mois de 2003, j’ai voulu une fois encore rendre hommage à celles à qui appartient le paradis…. du moins je l’espère !

MONT VÉNÉRÉ

En songe je découvris le jardin du ciel.
Dans ce jardin perpétuel construit à partir d’un identique calcul des masses et des proportions, les harmonies étaient d’une rigoureuse perfection.

L’eau, berceau amniotique, se dispersait en de multiples ruisselets pour y nourrir saules, bouleaux, conifères et bruyères.

Une succession de fruitiers longeait des sentiers cotonneux.

Abricots, pommes, cerises, poires, oranges et figues n’obéissaient plus aux lois des saisons. Leur production était perpétuelle.

Au milieu du Mont Vénéré, un monastère de contemplatives. Réunies au moment de la divine adoration, elles fredonnaient de concert une douce mélopée répétitive semblant remontée du fond de leurs entrailles.

Jamais leurs lèvres ne s’ouvraient.

Ce bourdonnement harmonieux leur mettait l’âme en paix et venait sublimer leur splendide corps féminin pour en détourner l’énergie sensuelle.

Dans ce ciel les Dieux étaient des Femmes…

af. COULON JANVIER 2003



Laisser/lire des commentaires sur cette page... Signaler des erreurs :-)
( 0 )
conseil_general ..... ..... ..... .....

Retour contact