Voilà novembre ! Faites provision de bois pour le cantou. Si vous avez été prévoyants vous y dégusterez entre amis de délicieuses châtaignes grillées sur la braise…


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Rubrique A.F Coulon 2002.
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AVERTISSEMENT DE POETE

Qui n’a pas reçu de message «texto» sur son portable? Afin de gagner de la place le langage des ces textos devient surréaliste à souhait;

J’ai lu un « Dire à DD que G KC L’OTO» ou «J’TM» ou encore «RV DIM 15 H.»

Je redoute ce langage de synthèse totalement synthétique. Sans doute faut-il vivre avec son temps… mais faut-il pour autant simplifier notre belle langue au point de la transformer en termes seulement phonétiques?

C’est au nom de ma révolte face à ces raccourcis que j’écris cette chronique.

J’ai remarqué que dans l’annuaire ou sur les cartes et guides routiers ou encore sur les panneaux indicateurs placés à l’entrée de nos villes et villages, les patronymes de ces lieux sont maintenant amputés du qualificatif qui les mettait jusqu’ici en valeur en affichant leurs plus.

Tout cela a pour conséquence d’enlever une idée poétique ou historique voire de gommer une véritable identité ou qualité de vie du lieu et ceci pour cause de surface d’impression volontairement limitée.

Ainsi trouve-t-on MAURS au lieu de MAURS LA JOLIE, BARRIAC au lieu de BARRIAC LES BOSQUETS, SAINT MAMET au lieu de SAINT MAMET LA SALVETAT, SAINT MARY au lieu de SAINT MARY LE PLAIN, LA CAPELLE au lieu de LA CAPELLE DEL FRAISSE, YOLET au lieu de YOLET le DOUX…

MAURS sans sa JOLIE devient fade. BARRIAC perdant ses bosquets ne représente plus cette plaine ondulée où s’épanouissent haies vives et arbres…

SAINT MAMET perdant la SALVETAT (SALVARE en latin) oublie le village de la SALVETAT qui exprima en son temps (1342) le droit d’asile permettant de donner du temps au temps pour laisser calmer les colères. SAINT MARY LE PLAIN ainsi qualifié parce qu’assis sur la haute plaine et ne voulant pas se confondre avec SAINT MARY LE CROS, situé plus bas et entouré de pierres (sens du mot cros). LA CAPELLE DEL FRAISSE, avec sa dénomination patoise confirmait la quantité considérable de beaux frênes qui entourent le bourg…et heureusement il en reste encore.

YOLET LE DOUX (qu’au Moyen-Age on nommait BIOLET pour exprimer la grande quantité de bestiaux qui vivaient dans ses herbages) commune remarquable par sa beauté et la position agreste de ses habitations avec d’un côté des jardins, des vergers, des clairières où il se cultivait du froment, du seigle, du sarrasin, du chanvre et du lin avec succès; de l’autre une allure différente car dans le Cantal la nature ne se répète pas, la vallée se hérisse de montagnes dont le vives coupures se prolongent à l’horizon… Tout exprime ici la douceur, ressenti d’un balcon placé devant une vallée entière avec ses métairies et châteaux au milieu desquels ceux de Caillac et du Doux. L’un avec ses tours massives, l’autre avec sa façade moderne

Villageois de ces lieux réagissez, agissez, écrivez, pétitionnez, convoquez vos élus… ne souffrez pas de telles amputations.

Vous verrez il n’est pas loin le temps où pour uniformiser davantage le nom des communes il ne sera plus indiqué que leur code postal en cinq chiffres.

Gardez bosquets, frênes, gorges, votre douceur, votre beauté…

J’ai mis en observation SAINT CHRISTOPHE LES GORGES, SAINT JACQUES DES BLATS, TESSIERES LES BOULIES, VEDRINES SAINT LOUP…

Un internaute lointain qui parcourt la liste des communes du Cantal doit pouvoir d’emblée nourrir son imaginaire poétique rien qu’en lisant les noms de nos cités au patronyme qualifié.

En acceptant de telles mutilations c’est la poésie, l’image d’un bien-être, un portrait qui disparaissent.

Je vous aurai avertis… C’est un poète qui vous l’aura dit!




BILLET D’HUMEUR

Vous avez dit DECENTRALISATION???Nos acteurs politiques, économiques et administratifs départementaux en ont récemment débattu à Aurillac (voir compte rendu paru dans La Montagne).

Quelles compétences l’Etat va garder? Routes et voies ferrées resteront à la charge de qui? Quelles couvertures pour le Haut débit et la téléphonie? Péréquation? Utilité à venir d’un conseil général? Qui aura les sous?… telles semblent avoir été les questions évoquées lors de cette réunion.

Il est regrettable qu’aucune œuvre de pédagogie n’ait été envisagée dans chaque commune où la décentralisation aurait été expliquée et où nous, gens du peuple, aurions pu donner notre avis sur la décentralisation et surtout sur notre façon de percevoir l’avenir de notre département.

Si la décentralisation ne démarre pas d’abord dans la tête de chaque cantalien, elle sera échec . La marmite commence toujours à bouillir par le bas. Il nous faut cesser de laisser le soin à nos seuls élus de penser à notre place… sinon nous allons vers une décantalisation… déjà et hélas bien entamée. Regardez par exemple les inimitiés- parfois violentes- qui existent entre certains élus ( un député et un sénateur à St. Flour, des conseillers généraux entre eux ailleurs ou encore entre maires de communes voisines). Ne pensez-vous pas que la décentralisation risque d’exacerber ces haines de personnes AU DEPEND DE CHAQUE CANTALIEN.

On ne peut émettre que des réserves au regard du chemin parcouru par notre département… fait de petits morceaux d’actions par ci par là… sans cohérence générale, sans véritable projet global… c’est bien ce dernier point qui manque le plus au Cantal.

ALORS AMIS CITOYENS CANTALIENS, réagissez. Réagissons et sanctionnons fort.

Allons tous voir nos élus et réclamons des réunions animées par des associations locales. Ces réunions feraient l’objet de comptes rendus qui seraient ensuite mis en synthèse et transmis à nos acteurs politiques, économiques et administratifs.

Sans cela nous n’aurons plus le droit de nous plaindre!

afCOULON

12/2002



En cette période de fête une célébration s’impose:

ODE AUX FEMMES RONDES

Que dirions-nous de nos musées si les femmes peintes sur de somptueux tableaux de «Maîtres» n’exhibaient que maigreurs et proéminences squelettiques?

Quel regard aurions-nous sur des sculptures aux épaules efflanquées, aux visages émaciés, aux pommettes décharnées?

Les jeux de l’amour et du hasard ne nous donneraient alors que pâles scènes galantes?

LA GLOIRE FEMININE DEPEND DU VOLUME.

Aux nues le relief s’impose. Il ne peut en être autrement Risques de tristesses que la mode doit abolir, les rondes doivent être encouragées à accepter leurs débordements qui trouvent en elles raison de consacrer leurs personnalités et garder leur naturel.

Oui, gent dames, gardez vos rondeurs.

Nous savons tous qu’une maigre n’engendre que lassitude et monotonie de vie.

Continuez, je vous en supplie à célébrer la joie de vivre.

N’écoutez pas les produits allégés, ils contiennent poison: ce venin qui tue lentement en condamnant votre liberté de vivre et notre bonheur à vous contempler.

Rue Émile Duclaux, rue des Frères ou rue Victor Hugo, je vous surprends parfois luttant face à une devanture pâtissière où s’étalent des gâteaux à la crème, des friandises de toutes espèces ou des chocolats émouvants.

Laissez-vous donc aller. Jouez à vous faire plaisir!

Succombez et riez!

Je rirai avec vous car je sais que demain quand l’aiguille de la balance osera s’avancer un peu plus haut vous crierez:

«Au diable la tristesse…»

et lorsque ce siècle s’en ira, grâce à vous sera perpétuée cette jovialité permanente qui habite si bien les femmes de chez nous; et qui, avouons-le, leur va si bien.

Amis peintres, sculpteurs, poètes, écrivains, chanteurs, compositeurs: à vos talents!

Le siècle prochain devra se souvenir de nos femmes rondes.

copyright AF. COULON




Chronique pour un mois de novembre 06/11/2002

Pour se perpétuer l’identité cantalienne doit entretenir sa mémoire jusqu’à l’obsession.

Mémoire de cet unique cratère qu'est le volcan du cantal. Il fit naître des montagnes de très haute altitude pour ensuite lentement les laminer et les ramener à une dimension plus humaine.

Mémoire de cet écrin de verdure, d’étendues d’herbages, d’eaux, de forêts sans lesquelles la vie n’aurait pas pris naissance.

Mémoire de ces joyaux d’architecture qui transportent l’émerveillement du simple buron d’estive (simplicité, économie et utilité) confondu à la pente de la montagne, à cette multitude de petites églises trapues, de croix, de fontaines, de fours communaux, de bâtisses rurales.

Mémoire de ces femmes et de ces hommes qui chacun à leur manière ont su se montrer fiers d’appartenir à ce pays simple et généreux et qui n’ont jamais cessé de penser et d’agir humblement pour que sa renaissance soit perpétuelle. Eh oui, dans le Cantal on est à l’échelle de l’éternité ; là est toute la différence qu’on se le dise !
copyright AF. COULON


L’automne est la traditionnelle période des rentrées: des classes, des pommes de terre, des châtaignes… mais aussi celle de la rentrée littéraire.. alors pourquoi pas ce petit conte sans prétention pour exprimer ce moment!

Les rentrées de Ran-ran

Ran-ran était homme de la terre. Célibataire parce qu’aucune femme n’avait voulu de lui, il n’en demeurait pas moins un joyeux drille.

Des 12 vaches allaitantes dont il avait hérité de ses parents il avait su tirer un profit suffisant pour s’assurer nourritures, fantaisies de la vie et plus tard une modeste retraite de paysan.

Mise à part la période du service militaire et le mariage de l’une de ses sœurs à Paris en 1969, il n’avait guère eu l’occasion de quitter son village natal et nourricier de PIERRE-MARIE.

Ce village est situé au pied du Plomb du Cantal, dans un décor somptueux. Son rapide portrait: un château, une église, 13 fontaines, une poignée de paysans, une coopérative laitière et beaucoup de maisons qualifiées de résidences secondaires occupées de temps à autres par des gens issus du pays ou amoureux des lieux.

La vie de PIERRE-MARIE s’articule autour de 3 cafés et d’une épicerie.

Le café "chez Marinette" servait de lieu de convivialité à notre ami Ranran.

Le matin un ou deux petits "blanc’cass", à midi un apéro et le soir quatre ou cinq "rouges limés" régulaient le rythme de ses journées.

Les propos du matin tournaient immanquablement autour du temps:" Avec tous leurs satellites ils nous ont tout détraqué… et les savants de l’agriculture accusent nos vaches… qui pètent trop et détruisent la couche d’ozone…" se plaisait-il à proclamer sitôt qu’il apercevait une nouvel attablé. C’était sa phrase scientifique fétiche.

A midi il y avait trop de monde inconnu pour qu’il s’aventure sur le moindre sujet: des ouvriers, des routiers, des V.R.P… alors Ran-ran écoutait, souriait sous son béret et enregistrait. Le lieu lui servait de journal. Il apprenait tout ce qui se passait sur le canton: travaux, morts, histoires de fesses…

Mais c’était le soir qu’il restait le plus longtemps dans l’estaminet, et quelques fois même il tapait la belote avec Louis, le curé et le ferrailleur. Là le monde se refaisait et quel monde!

C’était toujours Ran-ran qui donnait le signal du départ, avec le même rituel, la même phrase: " je vais ren..ren.. rentrer, j’ai mon ch…ch…chien qui m’a…a…attend" . Son surnom venait de là.

Ran-ran était bègue.

Si ses temps libres (ses RTT, disait-il d’un trait et sans bégayer) étaient rythmés par ses passages chez Marinette; sa vie de travail avait toujours été cadencée par les rentrées saisonnières: rentrée du bois à l’automne suivie par celle des vaches à l’étable, rentrée des foins, des pommes de terre…sans oublier la rentrée d’argent apportée par la vente des ses broutards lors de sa période d’activité rurale et puis bien sûr et surtout, les rentrées du soir après son passage au café.

Bien que sans enfant (faute de femme!) il se soumettait également à la rentrée des classes. Dés le premier jour de classe il entamait la lecture d’un livre, celui que lui avait offert sa nièce d’Aurillac à l’occasion de Noël.

A raison d’un chapitre par jour il arrivait allègrement à la fin de l’ouvrage en quinze ou trente jours selon le nombre de pages. Parfois lorsque un chapitre était plus sentimental il le relisait deux ou trois fois de suite.

Avec humour il répondait à ses interlocuteurs plutôt moqueurs: " Là les ga…gars je…je…ne..ne… bég…bégaie pas".

Il avait lu: Le Grand Meaulne de Fournier, L’Amant de Duras, Le Pitaud de Galoni, Hasard de JM. Le Clézio…et bien d’autres.

Ses copains lui avaient bien dit qu’il devrait lire la Bible "elle te tiendra plus longtemps.." mais il trouvait le pages trop fines pour ses gros doigts.

Pour cette rentrée des classes 2002 il s’attaquerait à Paolo CUELHO: l’Alchimiste, son dernier cadeau de Noël.

Un mort subite, à la page 422, dans son lit, l’emporta avant qu’il n’ait pu terminer l’ouvrage.

"Mais c’est qu’il était devenu savant notre Ran-ran…" proclama le curé lors de l’oraison funèbre. Toute l’assistance sourit et accompagna Ran-ran pour sa rentrée dans ce prétendu Autre Monde, celui où l’on ne bégaie plus!

Après ses obsèques sa nièce trouva dans le tiroir de sa table de cuisine trois cahiers d’écolier remplis de réflexions issues de ses lectures et rencontres plus un conte né probablement dans l’esprit de Ran-ran:


PETIT ÂNON SANS NOM.

POMME a quatre ans.

Pour son anniversaire ses parents lui ont offert un petit âne gris.

Plusieurs fois, dans la journée POMME court au pré pour s’assurer que son ânon ne manque de rien.

De l’herbe, il a à volonté.

De l’eau, le seau en est rempli.

De la tendresse, POMME sait lui en donner.

Elle lui parle, le flatte, le caresse, lui confie dans le creux de ses longues oreilles ses secrets les plus secrets.

Il ne lui manque qu’une chose, un nom.

Comment appeler cet âne, reçu en cadeau?

Un soir où il fait nuit POMME décide d’aller rendre visite à son âne, dans le pré.

Dans le ciel la lune brille, bien ronde, souriante et emplie de lumière.

L’ânon est prés du seau, en train de boire toute l’eau.

La lune se reflète dans le seau, au beau milieu de l’eau.

Soudain, POMME ne voit plus le lune dans le seau.

L’ânon a bu la lune.

C’est décidé, il l’appellera GOBE-LUNE.

Tous les livres (18 au total) et le conte furent offerts à la bibliothèque du village.

Ran-ran n’avait pas totalement disparu. Ses livres lui survivaient… et qui sait, là-haut, il y a peut-être une très grande bibliothèque où Ran-ran passe ses journées… sans avoir à se soucier de rentrer pour soigner son "Flator" parti poursuivre sa vie de chien à Aurillac!

@ af. Coulon


MEMOIRE D'ENFANCE HEUREUSE

(Octobre 2002)

Je vous avertis, l’enfance d’un petit cantalien peut s’avérer terrible! Écrire sur un lieu c’est inévitablement parler du temps, de ce temps qui appartient au passé mais qui se vit au présent, dans nos têtes.

Quand il s’agit d’évoquer l’enfance et ces jeux qui nous plongent dans l’imaginaire, le gamin qui demeure en nous aujourd’hui se plaît à effeuiller et à détacher par pincées ces morceaux de passé.

Chercher à attraper des orties pour tracasser les jambes des filles, ramasser des fleurs de pissenlit arrivées à maturité et aller les souffler, par surprise, aux narines des copains suffisaient à occuper nos jeudis de grand beau temps.

Nous n’étions pas privés non plus de prés, de champs, d’arbres et de bois : bois verts, élancés, frênes enracinés sans le sol, épais buissons, haies de mûres et murs de pierres sèches; tout n’était qu’enchantement, insouciance, joies de vivre.

Mes oreilles résonnent encore de cet air que maman savait fredonner en écartant le linge tandis que je lui passais les épingles : Un auvergnat n’avait qu’une chemise ; Elle était faite en toile bise ; Il la retournait tous les ans : " Bigre ! qu’il fait bon dans du linge blanc ! " Vu des cabanes que nous investissions, je me rappelle d’un ciel plus bleu qu’il ne paraît aujourd’hui.
Le secret espoir de trouver quelques poteries ou mieux encore des pièces de monnaie oubliées par des Celtes ou des Gaulois, excitait nos curiosités.

Nous nous étions pris de passion pour le jeu de quilles et les jours de mauvais temps nous explorions le grenier d’Adrien où un vieil accordéon nous laissait entrer dans une sorte d’univers fantastique et de rêves où s’entremêlaient cirque, carnaval ou bal du 14 juillet.

Pendant ce temps les filles retiraient des cartons poupées en porcelaine ou en celluloïd, baigneurs, ours en peluche… Il y avait aussi un vieux poste de TSF à galène, mais c’était une autre histoire ; nous n’avions pas le droit d’écouter seuls !

Je suis demeuré ce gosse assis devant le tableau, sans doute inachevé, d’une enfance dont la simple évocation m’éclabousse d’un bonheur perpétuel. Et je me sens incapable de formuler autrement le coin de terre qui détermine l’irremplaçable tendresse qui habite ma mémoire.

Je vous avais prévenu dans ce pays une enfance peut s’avérer terriblement merveilleuse; et la vôtre ?

ã AF. COULON


Cantalthérapie (Septembre 2002)

Chacun sait que l’automne apporte son lot de mélancolie dans les cœurs et dans les âmes.

Les jours vont vers un raccourcissement inéluctable. L’été animé, joyeux et vivant a laissé la place à la solitude, au silence, au froid. Il se dit même que le taux de déprime atteint des niveaux maximum.

Alors, amis cantaliens, si tel est votre cas, je vous propose une cure, une thérapie par et grâce à notre cher Cantal: une Cantalthérapie… étonnant non?

Cette cure passera par vos cinq sens: la vue, l’odorat, l’ouïe, le toucher et le goût.

Essayez, vous m’en direz des nouvelles… j’ai pratiqué et obtenu gain de cause, parole de cantalien!

La vue: si le temps le permet (et c’est souvent le cas en automne) partez un matin du col de Font de Cère et parcourez le sentier des crêtes jusqu’au Puy- Mary avec retour par le même chemin et en prime pour les plus courageux, l’ascension du Puy Griou.

Vous reviendrez emballé par tout ce que vous aurez vu. Vous vous serez imprégné de l’environnement de cet unique cratère qui composait le volcan du cantal. Votre fatigue sera saine. Vous aurez abandonné votre mélancolie devant une telle magnificence déployée rien que pour vous. Vous vous étonnerez dés le franchissement du col de Rombière, puis celui du col de Cabre et arrivé à la brèche de Roland un ultime élan vous propulsera vers le sommet.

Vous comprendrez alors que vous appartenez à un pays rare dont vous êtes l’un des héritiers.

Si votre courage manque (normal en début de cure) prenez votre voiture et passez par Murat, Albepierre, Prat de Bouc, la Sagnette, descendez sur la vallée de Brezons puis rentrez par le Carladès. Il y a très peu de monde sur cette route où les vaches vous regardent passer et où l’air est d’une rare pureté… Arrêtez-vous souvent, contemplez le paysage, admirez le château de la Bohal, l’église de Brezons… et pour finir imaginez-vous prenant une collation avec la célèbre reine Margot, amie des poètes et autres artistes…Oh! que cela vous fera du bien!

Après la vue, attaquez-vous à l’odorat.

L’automne se répand en couleurs certes, mais aussi en odeurs.

Marchez le long d’un pré où le regain vient d’être coupé, ouvrez grand vos poumons… vous percevrez des senteurs végétales à nulle autres pareilles. Rendez vous ensuite vers La Feuillade en Vézie, dans le bois de Cancelade, sous les chênes et bouleaux. Grattez et humez l’odeur de ce sol, de sa mousse et des champignons … vos narines seront flattées. Surpris par l’importance de certains cèpes vous serez saisi par l’envie de les cuisiner, pimentés d’ail, pour qu’un fumet "extra-ordinaire" vous mette en appétit.

Empli de ces richesses olfactives, vous serez vite convaincu que notre terre cantalienne sait se montrer généreuse pour les siens, dés les touristes partis.

Vous avez donc habillé votre vue des plus beaux paysages cantaliens et vous y avez ajouté tout ce qui peut le mieux flatter votre odorat, votre Cantalthérapie avance. Vous êtes sur le chemin de la guérison, courage!

L’ouïe. Aventurez-vous sur la route entre Mauriac et Aurillac et stoppez votre véhicule au niveau de la cascade des Salins. Dirigez-vous à pied vers la cascade. Bâti juste au–dessus, le viaduc de chemin de fer offre ses douze arches. En un seul jet, l’Auze franchit ici un escarpement basaltique de 30 mètres de haut. Passez sous la cascade, faites une longue halte et imprégnez-vous du bruit de cette eau pure qui descend pour s’écraser plus bas en multiples remous…Le spectacle est fabuleux…vous assistez à une symphonie en eau, interprétée par Dame nature. Oubliez tout, ne pensez plus à rien et vos soucis seront emportés par les flots en vous laissant un sentiment de bien-être… normal, non loin de là se trouve la fontaine dite des Druides, dont l’eau présentait parait-il des qualités thérapeutiques.

Sur le chemin de votre retour, prenez le temps de repérer une troupeau en estive et écoutez les sonnailles de nos belles vaches rouges. Et si à ce moment le vent vous apporte du plus loin, le tintement d’un clocher, vous atteindrez la plénitude d’une harmonie intérieure jamais ressentie.

A présent cheminons vers la guérison par le toucher.

Emportez-vous en châtaigneraie, vers Cassaniouze par exemple. Ramassez des châtaignes, celles que vous dégusterez cet hiver au coin de l’âtre…et d’où elles sauront vous rappeler les souvenirs de cette journée par leurs craquements provoqués par la chaleur et par l’embaumement de votre maison tout entière grâce à cette délicieuse senteur du terroir propres à elles et à elles seules.

Le contact de vos mains avec la châtaigne (privée de sa bogue bien sûr) ressentez-le comme sensuel, chaud, décontractant. N’hésitez pas pour en acquérir ces bienfaits de les laisser tourner entre vos doigts longtemps, le plus longtemps possible.

Le soir, chez vous, prenez un livre.. l’un de ces livres écrit par un auteur cantalien… et ils sont nombreux. Vous resterez surpris de constater que le livre, avant d’être ouvert et pour l’être de façon désirée, doit être touché, tourné, caressé… telle la châtaigne, car ils préparent l’un comme l’autre à tellement de belles émotions. Prenez un Jacques Mallouet, son "Jours d’Auvergne" ou le "De la Cère au Danube" de la douce Annie Paillissé-Capmau, ou le "Rimelines" de Daniel Brugès ou…

Vous serez alors saisi de l’envie de rentrer dans l’ouvrage, d’en parcourir chaque ligne pour vibrer du plaisir de découvrir un peu plus les femmes et les hommes de chez nous habités par l’amour de leur Cantal.

Pour clore cette cure j’ai volontairement gardé le goût .

Pour satisfaire ce sens essentiel et vital, montez chez Annie et Gérard au buron de Font de Cère du Lioran. Là-haut dégustez une salade de lentilles de Planèze puis un tripoux d’Aurillac, une truffade et pour conclure un cornet de Murat garni de framboises et de chantilly.
Une semaine plus tard, reproduisez ce menu chez vous entouré de vos meilleurs amis… Vous sentirez alors que votre guérison est accomplie, votre joie de vivre a regagné votre esprit et peut-être alors penserez-vous à me remercier?

Et si d’aventure vous ne vous sentez pas totalement guéri: le compositeur français Camille SAINT-SAËNS (Camille cinq sens) créa en 1886 une fantaisie musicale intitulée "Le carnaval des animaux"… trouvez un enregistrement, écoutez, écoutez-le sans cesse, jusqu’au total accomplissement de votre résurrection….

af. COULON


Rire

Rire de tout est la meilleure façon de regarder la vie.
c'est que nous savons faire en pays cantalien. Alors pourquoi ne pas faire une fête autour de l'alambic ? . (août 2002)

Pour cet été, j'ai envie de faire ressusciter l'alambic, cette infernale machine qui savait si bien distiller fruits et raisins pour faire naître un nectar très corsé, plus pousse-repas que pousse-café et qui a presque totalement disparu de notre belle région.

Imaginons donc qu'à la fin de cet été 2002 nous cherchions à louer un grand champ de pomme de terre, en prenant bien soin que la récolte ait été accomplie. Tous rassemblés dans ce champ, nous pourrions alors envisager de passer une longue soirée, jusqu'à l'aube du surlendemain. et cela s'appellerait une « patate-party ».

L'alambic distillerait les pommes de terre qu'apporteraient tous les participants qui, ensuite s'enivreraient avec le breuvage issu de l'infernale machine. Cette boisson originale (mais pas tant que cela, puisque les polonais la connaissent depuis longtemps et même certains de nos arrières grands-parents - à l'époque de la dernière guerre- !) rendra plus amoureux les plus timides, plus artistes les plus maladroits et donnera du verbe haut aux plus taciturnes d'entre nous.

Et comme il n'y a pas de fête sans musique ; des musiciens, à l'aide de grandes cueillères en bois du pays taperaient sur des poêles ( les padelles comme on les appelle ici) en harmonie avec deux joueurs de pipeau (qui auraient été bergers dans une vie antérieure).

Pour les moins enclins à la musique et à la danse, ils pourraient se regrouper dans un coin du champ et évoquer le Dieu CelteTeutatès ou autres Dieux Gaulois, en récitant le Te Deum de la pomme de terre.

Ah ! un détail, s'il ne nous était pas possible de louer un champ de patates, peut-être pourrions-nous louer un champ de betteraves et notre fête prendrait alors le nom de « Bête-rave-party ». ? Et je vous l'assure l'alcool de betteraves n'est du tout désagréable.

Un dernier point : « L'abus d'alcool est dangereux ». Intéressant non ? Vous êtes avertis, alors riez et donnez -nous votre avis.


A tous ceux que la méfiance guette à l’égard de "l’étranger" qui viendrait vivre au Pays…


Notre avenir serait-il Tchadien

Vous rendez-vous compte, à l’heure où le volcan du cantal surgissait et bien avant l’ère glaciaire (entre 75 et 10.000 ans) qui devait le laminer : naissait TOUMAÏ.Ce fossile découvert très récemment au Tchad par l’équipe de Michel BRUNET, aurait 7 millions d’années !Fabuleuse découverte !TOUMAÏ est-il " apparentable " à la lignée des chimpanzés ?Sa face plate et ses petites canines lui confèrent l’apparence de l’ancêtre de l’homme.Sa boîte crânienne allongée et aplatie accréditerait sa ressemblance à un chimpanzé.

Nous, pauvres hominiens, appartiendrions-nous à cette grande famille des singes ?L’homme descend-il donc du singe ou demeurons-nous un singe parmi les autres ?TOUMAÏ est-il bipède ou quadrupède ?A quel moment remonte la séparation homme-singe ? si toutefois elle s’est produite ?TOUMAÏ est-il le témoin de cette séparation ?" C’est en tout cas le plus ancien représentant de la lignée des grands singes à laquelle nous appartenons " répond Pascal PICQ paléoanthropologue au Collège de France.Serions-nous les derniers survivants de cette espèce ?

Au-delà de cette somme de questions qui dorénavant va nous tarauder, il me paraît essentiel de connaître le sexe de TOUMAÏ.Est-il homme ou femme ?" La femme étant l’avenir de l’homme " (Jean Ferrat), je plaiderais pour que TOUMAÏ soit une femelle.

Qu’en pensez-vous ?Je vous aurai prévenus, dans ce pays il nous arrive de penser….

@af COULON juillet 2002



Je vous aurai averti,Chez nous les femmes ont du caractère et elles sont tenaces

Fille de Bredom, dentellière à Murat CATHERINE FOURNIER tente de sauver la reine MARIE-ANTOINETTE.Fils de Durand Hurgon, dit Viscarden, et d'Antoinette Benesty (vivant à Albepierre), Jean HURGON épouse en 1737 une fille de Bredom, Catherine Faucillon. Ne trouvant ni travail ni logement à Albepierre les jeunes époux se sont installés à Bredom.De ce foyer naîtront cinq filles et trois garçons.

C'est la dernière des filles Catherine (la tradition imposait alors que les enfants portent le prénom de leur marraine ou parrain) qui inscrira son nom dans l'histoire de France.Bien que bossue, " mal faite " et au physique ingrat Catherine apprendra à lire, à écrire et à signer grâce à sa tante et marraine Catherine Faucillon, soeur du tiers ordre de saint Dominique, une menette comme on dit au pays.La terre ne pouvant assurer la subsistance de toute la famille, le ménage Hurgon s'installe à Murat à partir de 1750 pour y tenir une auberge.

Catherine y apprend la dentelle, première source de revenus pour bon nombre de Muratais d'alors.Catherine prendra époux à l'âge de 36 ans en l'église de Bredom en présence des familles dont l'oncle Benesty qui signera pompeusement les registres  " de Benesty " pour essayer de se donner une image plus bourgeoise.

Le mari de Catherine, Jean Fournier (originaire de Brujaleine), est brassier-voiturier.Parallèlement vit à Murat une famille Basset dont le fils Jean-Baptiste apprend le métier de perruquier grâce à son cousin Traverse.Alors que débute la Révolution, Jean-Baptiste décide de monter à Paris pour faire fortune. Il se lancera dans la politique.Peu à peu Murat plie sous le joug révolutionnaire.

Catherine Fournier, respectueuse des institutions monarchiques, canalise toute son énergie pour lutter contre la municipalité, la fermeture de l'église de Bredom, les prêtres assermentés.. combats qui vont la conduire une nuit en prison.Lassé des compromissions de son épouse Jean Fournier décide de quitter Murat pour partir s'installer à Paris avec sa famille, au 44 de la rue de la Vannerie.Des amis originaires de Murat  dont Basset  intègrent très vite les Fournier dans leur cercle et Catherine se persuade de plus en plus qu'il y a quelque chose à faire pour sauver la reine emprisonnée à la Conciergerie.

Le plan d'un complot voit le jour. On dénombre déjà plus de 540 hommes prêts à participer à l'enlèvement de la reine.Les jours passent et l'heure de l'exécution de la reine approche, son procès a débuté et Catherine exprime de plus en plus son impatience devant la lenteur de la mise en place du complot, ". nous n'avons pas besoin de paroles, il faut des gens qui sachent frapper. ".s'écriera-t-elle au cours d'une réunion clandestine.

La veille de l'exécution de Marie-Antoinette l'organisation est démantelée, Catherine, Basset, et un peu plus tard le fils Fournier sont arrêtés.Ils sont dix neuf à être emprisonnés à la Conciergerie.Ils ont été trahis.La reine est conduite à l'échafaud. 30.000 soldats forment haies sur le trajet. Des canons sont placés sur les ponts, aux carrefours, sur les places. La reine est guillotinée à midi un quart ce 16 octobre.Peu de cris " Vive la République " montent de la foule.

Au jugement (du 21 au 27 nivôse) aucun reniement ne sortira de la bouche de Catherine ; 51 témoins seront entendus. Les débats seront houleux.La question posée au jury sera : "  A-t-il existé, au mois de vendémiaire, une conjuration tendant à égorger les membres de la Convention Nationale, ceux des autorités constituées et à enlever de la conciergerie la femme Capet pour la soustraire à la vengeance nationale et proclamer Louis XVII ? "Catherine Fournier et Basset seront condamnés à mort.Le jeune Fournier est lui, condamné à 20 ans de détention après avoir été exposé en place publique.Les autres accusés seront acquittés mais resteront en prison.

Obéissant à une double fidélité : à la monarchie et à la foi traditionnelle (pas celle dispensée par de prêtres assermentés), Catherine Fournier marque inévitablement Albepierre, Bredom et Murat de son empreinte.Le caractère populaire de cette tentative de complot (que les historiens appelleront " conspiration des perruqiers ")est à remarquer. Autour de Catherine : de petits commerçants, des artisans, des ouvriers. aucun noble, aucun riche propriétaire.

A l'heure où " féminité " est devenu maître-mot, on ne peut que se réjouir de voir une femme, militante, conspiratrice, admirative de Charlotte Corday, vouloir à ce point sauver une autre femme, " l'Autrichienne ".Lorsque Catherine vit que le complot de prenait pas forme assez vite elle s'écria "  Vous êtes tous des lâches, indignes d'être hommes. "Nous n'avons pas le droit d'oublier Catherine Fournier, la dentellière qui a sacrifié sa vie à son idéal de fidélité, ni le Muratais Basset qui à 21 ans s'est fait l'artisan d'une cause désespérée, ni l'enfant Fournier exposé vivant sur l'échafaud en place publique pour que le peuple vienne l'humilier..

Je vous avais averti, les femmes d'ici vont jusqu'au bout de leurs idées. ce pays a du caractère.

 



"CANTAL PASSION URBI ET ORBI. Coup de Gueule
"JUIN 2002

Notre site CANTAL PASSION, offre un panel tel que chacune et chacun peut y trouver tout ce qu’il cherche au sujet de notre cher département : connaissances d’un lieu, poésies, idées de balades, pages d’annonces, résultats et analyses liés à des compétitions sportives, photos anciennes ou actuelles, programmes de fêtes villageoises, livres, expos….C’est votre site.

Il est urbi et orbi.Urbi, car il s’offre aux gens de chez nous.Orbi, car il renseigne ceux qui ont envie de venir découvrir nos lieux de vie, d’histoire, d’architecture, de pleine nature…Il a vocation à contribuer au mieux-être et à la mise en valeur de notre CANTAL.

Il peut aussi permettre d’attirer des " exilés " venus de la ville, d’une autre Province, d’un autre pays !Dans les chroniques mensuelles que je rédige j’essaie de faire valoir les composantes essentielles de la vie d’ici : les hommes et les femmes qui ont " fait " ce pays, qui en ont forgé le caractère.Face à ce déballage d’énergies (celles des gestionnaires du site, des autres chroniqueurs, photographes amateurs…), chers amis concitoyens Cantaliens, vous ne savez opposer que du SILENCE , de la PASSIVITE.

Cela m’inquiète et me met mal à l’aise.Seriez-vous à ce point immergés dans l’inertie actuelle du volcan cantalien ?Faudrait-il que nous soyons plus provocateurs ?Nos pages sont-elles à ce point anesthésiantes ?Les sujets abordés manqueraient-ils de sel ?Serions-nous morts sans que nous le sachions ?Aujourd’hui et plus que jamais, (et sans doute parce que nous sommes en périodes électorales) il est question de l’avenir du Cantal (professions de foi des candidats, meetings, articles de presse, grand débat…).Je crois l’avenir sérieusement menacé par le fait que nous donnons l’impression de ne plus avoir de ressorts, d’esprit d’analyse et de contradiction.

Si nous continuons d’attendre tout des élus… nous allons à l’échec le plus total. Peut-on réellement miser sur l’avenir au moment où des idiots parlent d’un pact du minimum vital pour ce type de département !Non chers amis, c’est par la base, par nous et nos idées que nous ferons avancer les choses.

Le site CANTAL PASSION peut servir de tribune permanente à ce débat. Pourquoi s’en priver.Pour l’anecdote : une dame de SEQUEDIN dans le Nord, Madame BRIGITTE FOUACHE, infirmière libérale, est la seule personne qui ait réagi à l’une de mes chroniques : celle qui célébrait humoristiquement la pomme de terre.

Elle me rappela avec beaucoup de sel, que le Nord était la capitale française de la pomme de terre, mère patrie de la frite… mais elle trouva " adorable " le fait de rendre hommage, par ce texte, aux modestes jardiniers de notre terroir. Rassurez-vous je ne suis pas à la recherche de compliments, j’ai passé l’âge. Mon seul but est de répondre présent quand notre département se pose des questions sur l’avenir.A vous de jouer,Répondez, critiquez, proposez (le site est ouvert à tous ceux qui veulent se faire connaître) et rions ensemble.

Nous pourrions d’ailleurs répandre auprès de la presse locale, des élus, des associations tout de vos réactions et analyses.

Cantal Passion est un site vivant animé par des êtres en vie qui œuvrent pour que se perpétuent les valeurs du pays, gages d’avenir.

A .F. COULON JUIN 2002


J'ai inventé une machine à remonter le temps cantalien.

01/06/2002

Interminable cet escalier en colimaçon !
Vais-je enfin sortir de ce long parcours effectué dans une presque totale obscurité ?Une mince flamme de bougie tremblote devant moi, son approche paraît impossible.

Plus j'avance, plus la flamme maintient sa distance. Si je fais marche arrière, la lueur se déplace également et l'écart persiste. Visiblement je fais du surplace. Le mouvement de mes jambes n'est qu'illusion.Comment sortir de cette ténébreuse situation ? La peur  commence à me gagner. Mon front se perle de sueur.Même assis sur le rebord d'une marche, la flamme continue de me narguer.Désemparé, je frotte vigoureusement mes yeux. Les gouttelettes de transpiration viennent subitement agrandir mon champ de vision. Une grande clarté surgit alors, une porte s'ouvre.

Je pénètre dans une immense pièce dont la totalité des murs est recouverte de splendides tapisseries représentant des scènes bucoliques.

Au milieu de la pièce une longue table de bois recouverte d'une nappe en dentelle de Murat, présente neuf  couverts dressés sans aucun doute pour attendre des convives dont je dois être le premier arrivé.Chaque assiette réalisée en fine porcelaine de Limoges, représente un personnage cantalien illustre.

En bout de table, il y a GERBERT, pape Sylvestre II, né à Saint-Simon en 940. Habillé de ses lourds vêtements pontificaux et coiffé de sa tiare, il est assis devant une table sur laquelle sont répandus différents composants, qui rassemblés constitueront une horloge à balancier.

Ce pape fut à la fois, sorcier, scientifique, mathématicien, inventeur et compositeur de musique.Un religieux est placé à la droite du Saint Père : Jean de ROQUETAILLADE né vers 1300 à Yolet.

Debout il surveille des cornues bouillonnantes d'où s'échappent des vapeurs multicolores.Ce moine alchimiste était aussi prophète reconnu.

Il annonça publiquement un nombre important de faits qui se vérifièrent : invasion des anglais, bataille de Crécy, prise de Calais, la peste (appelée  mort-noire), la famine.A côté, le peintre François LOMBARD né prés de Saint-Flour en 1607 termine d'apporter quelques dernières touches à son chef d'ouvre intitulé : " Petit mangeur de pois ".Puis, le cruel marquis Gaspard d'ESPINCHAL, né en 1622 à MASSIAC. L'assiette offre son portrait ; ses yeux exorbités sont en relief.Spécialiste dans l'enlèvement de belles filles, il commet aussi plusieurs meurtres et estropie son propre fils dont il soupçonne l'illégitimité avant de tenter d'empoisonner Hélène de Chateaumorand.

Né à Vic-sur-Cère en 1694, Louis de BOISSY ne semble pas troublé de se retrouver assis prés d'un grand criminel. Louis de BOISSY est habillé de son costume d'académicien. Ses pièces de théâtre, très prisées pour leur gaieté et leur esprit très satirique lui valurent son élection au temple de la littérature.

Il écrivit entre autre : " Les dehors trompeurs " et "  L'homme du jour ".De l'autre côté de la table quatre autres invités :Tout d'abord un officier : Charles Alexandre d'ANTERROCHE, né à Murat.

L'air hautain, il fixe froidement une hypothétique ligne d'horizon. C'est lui qui sut répondre aux Anglais lors de la bataille de Fontenoy en 1745 , alors que ceux-ci proposaient aux Français de tirer le premiers : "  Messieurs nous ne tirons jamais les premiers, tirez vous-mêmes ". A ses côtés Louis GROGNIER , né à Aurillac en 1775, professeur de botanique médicale, d'hygiène et de zoologie à l'école vétérinaire de Lyon.

Parmi ses ouvrages le " cours de multiplication des animaux domestiques ".Il contemple d'accouplement d'un verrat et d'une truie.Dominique DUFOUR des PRADES né en 1759 à Allanche, aumonier de l'empereur, accompagne ici  Napoléon à Bayonne (1805). Il fut ensuite nommé ambassadeur à Varsovie.

Et enfin, le baron Alexandre DELZONS, né à Aurillac en 1800 avocat mais surtout historien local des plus distingués. Ses articles composent les annales de l'Arvernie depuis les temps les plus reculés jusqu'au X° siècle.

Il pose devant une bibliothèque emplie de très vieux ouvrages.

Mais que suis-je venu faire ici ?A peine la question posée, j'entends arriver des pas, lourds, presque cadencés.Entrent des laquais, porteurs de candélabres d'or, tous allumés.Ils vont me chasser, la chose paraît probable pour ne pas dire certaine.Non, je n'attire même pas leur attention.Ils déposent leurs candélabres à différents endroits, sur la table.

La pièce qui était jusque là suffisamment éclairée, devient à présent féerique. Toute l'argenterie placée prés des couverts finit elle aussi par jouer d'éclats lumineux comparables à ceux qu'offriraient des diamants qui auraient été déposés ça et là.Serai-je devenu homme invisible ?L'un des laquais m'ordonne alors de courir chercher des bûches afin d'alimenter la cheminée dont le feu ne présente plus que quelques braises rougeoyantes.

Je suis donc laquais, comme eux.Je sors de cet étonnant univers où tout n'est qu'extra-ordinaire pour aller accomplir la tâche demandée.Dehors le froid est si vif qu'il me saisit et me réveille en sursaut.Assis dans mon lit, je comprends alors que tout cela n'était qu'un rêve. un rêve certes, mais grâce auquel en simple corvéable j'ai pu apercevoir quelques-uns des hommes  qui ont su marquer par leur image et aider au rayonnement de ce cher et grand CANTAL.

Je vous avais prévenu, j'ai inventé une machine qui aide à remonter l'histoire du Cantal à travers les hommes qui l'ont habité, aimé ou laissé trace de leur passage. bien d'autres auraient pu mériter une part de ce rêve : AJALBERT, ASTORG, BEAUFETI, BEAUFILS, BELLOY, BERNET, BREZONS, BRIEUDE, BRISSON, CAMBEFORT, CANDEZE, CHALVET, CHAPPE, CINQ-ARBRE, DELZONS Alexis, DERIBIER, DESSAURET, DESTAING, DEVEZE, DUBUISSON, DURAT, ESQUIROU, FONTANGES, FORTET, Catherine FOURNIER, GANDILHON GENS d'ARMES, GANILH, GERAUD,GIOU, GUILLAUME d'AUVERGNE, GUITARD, HIGONET, HUMIERES, JACOBI, JONIN, LABOUDERIE, LABROHA, LAPARRA de FIEUX, LARONADE, L'HOPITAL, LIZET, LOMBARD, MANHES, MAYNARD, MILHAUD, MIRAMON, MIREMONT, MONTAUDON, MOURGUES, NOAILLES, ODON, PAGES  de VIXOUZE, PIGANIOL, POMPIDOU, RANGOUSE, RAULHAC, ROBERT, SISTRIERES, TOURNEMIRE(s), VAIR, VERNHES, VEYRE, VIGIER.à vous d'en trouver d'autres. il y en a encore. Ce pays est riche.

A.F. Coulon


Que dîtes-vous de cette "pensée"

 


Amis visiteurs, je vous aurai avertis. Nous avons dans le Cantal un peuple de nomades, celui des estives.


26/04/2002. 
Le soleil d'un chaud après midi plonge derrière les collines arrondies qui bordent les plateaux du haut Cantal.Les vaches sont traites à nouveau par les hommes qui ont parcouru une bonne dizaine de kilomètres pour les rassembler.

Les jeunes garçons barrent les ouvertures de l'enclos fabriqué pour les traites avec des buissons épineux. A l'intérieur quelques vingt personnes, tous des hommes et deux cents têtes de bétail qui, une fois la traite accomplie, vont rester là pour la nuit.

Le lait rassemblé, les hommes et les garçons reviennent pour le repas du soir : lait, oeufs, tapioca, oseille, mélangés.L'obscurité est tombée.Les jeunes traînent, plaisantent, parient.Les autres prisent et palabrent.

Sous l'arbre des sacrifices un poulet vient d'être immolé pour que les Dieux viennent se percher au dessus et écouter les mortels recommander leurs morts pour qu'ils continuent de leur envoyer sécurité et prospérité.Le lait est mis en caillée par les femmes, dans d'immenses marmites chauffées dessous par des bois morts.Demain la caillée sera pressée, roulée et mise à sécher à l'air libre (mais à l'ombre) dans de grandes corbeilles en fibres végétales, jaunies par le soleil.La nuit s'installe et les sommeils aussi.

De temps à autre une vache trépigne, une chèvre tousse, un bébé pleure.Deux hommes se croisent en chuchotant et se faufilent d'un abri à un autre. Ils ont rendu visite à leurs différentes épouses.Peu à peu tout ce peuple d'estives s'enfonce dans la sérénité d'une nuit nomade.

Ai-je tout inventé ? Avez-vous rencontré ce peuple cantalien ?Racontez !

 
Chut ! chez nous, les arbres nous parlent...

Je vous aurai avertis.01/04/2002Un enfant me demanda un jour ce qu'était un poète.Je mis longtemps à lui répondre.

La meilleure définition que j'ai pu lui donner à été la suivante :« C'est toi un poète. L'enfant que tu es sait regarder les choses autrement, avec ton imagination, ta sensibilité, tes rêves. »  et nous avons parlé aux arbres.

ARBRE,Cinq lettres réunies sous le masculinPour exprimer une puissance gracileQui écarte ses bras par-dessus les cheminsPour, à tous les oiseaux offrir asile.Conifère ou feuillu, point de rivalitéL'un se pique d'orgueil quand arrive NoëlL'autre d'avoir contemplé telle royautéEt là, le témoin du péché originel !Arbre à palabres, de Judée ou de vieIl sait être témoin d'inutiles propos.Exaltée d'ardeur et envoûtée de magieSon ombre est bénéfique à tous genres de repos.

FORÊT,Cinq lettres réunies sous le fémininPluriel du précédent, tu en es le vaisseauTon musc s'est épris de goût sauvaginEt mille couleurs te muent en héraut.

FORÊT,En gardienne du silence, tu le séduisPour ensuite l'offrir aux Muses et au poèteVenu attendre que tombe la nuitEt que s'éclaire la voûte céleste.

FORÊT,Protectrice des espèces les plus petitesAntre mystérieux, secret et insoliteHabile refuge du chevreuil traquéAux hommes tu donnes image de probité.

ARBRE, FORÊT,Masculin singulierPar son féminin confondu en plurielsPour alors se répandre en mille fiertésTelles la vie, l'amour, la mort. faits de champs virtuels. 

Amis visiteurs, je vous avais avertis, racontez-moi ce qu'ils vous ont dit. 


Ô Patate

01/03/2002

Nous te louons, ô Patate, nous te proclamons Reine,O Reine du royaume de la terre.Tous, hommes, femmes, enfants, porcs, te proclament sans cesse.

Sainte ! Sainte ! Parmentier un jour t'a ramenée.Les cieux, la terre, nos jardins et assiettes sont emplies de ta gloire.Le chour souterrain des vers de terre,Le très vénérable sir MAC'DOL'armée métallique des éplucheuses. Le petit  « économe » de nos tiroirs. La Sainte Bouffe Proclament ton nom d'infinies manières,et te vénèrent,en robe ou papillote, éfritée, râpée, gratinée ainsi qu'écrasée, consolatrice des édentés.Ô mère d'inépuisables saveurs Teutonne Kartoffel. De ta terre noire débarrasséeTavelée, belle et jaunie tu apparais.Pour apaiser l'hommeTu n'as pas eu horreurDes entrailles du sol.Tu as brisé l'aiguillon de la mort. Ouvert nos estomacs au parfum de ton corps.Tu es assise au fronton de d'édifice culinaire cantalien.Nous te supplions de continuer à nourrir tes serviteurs.

Fais que n'apparaisse jamais, la patate transgénique.Sauve ton peuple roturier. Et demeure notre héritage. Chaque jour nous te bénissonsEt nous louons ton nom  dans ce siècle. Et dans le siècle à venir.Daigne nous préserver des intentions scientifiques de nos nobles savants.Aies pitié d'eux. Patate, aies pitié de nous. Et que ta grande miséricordeSe répande encore dans les jardins de nos villages.J'ai espéré en toi,Ô Pomme de Terre !

Jamais nous ne pourrons être rassasiésA jamais demeure inégalée. Je vous avais avertis chez nous la table est bonne : chou farci, potée, pounti, tripoux, tarte aux myrtilles, cornets de Murat, et la célèbre truffade toute faite de pommes de terre d'ici. avez-vous aimé ? ? ?

 


Avertissement aux futurs « explorateurs » de ce pays. 

17/02/2002

Notre département vient d'être classé premier de France pour la sécurité (express n° 2639 de début février 2002).

Bravo ! Parmi les synonymes du mot sécurité nous trouvons : fiabilité, sérénité, tranquillité, assurance et fidélité.

C'est eux que je préfère à l'interprétation purement basique du mot sécurité au travers de chiffres qui ne vantent que le faible nombre de crimes et délits de tous poils !Ailleurs le sens d'un pays prend parfois des formes absurdes : paraître pour paraître est devenu souvent trop primordial.

C'est parce que notre Haute-Auvergne a été pétrie par des siècles d'histoire, d'architecture qu'elle sait être fiable, sans artifices.

Aujourd'hui elle a su conquérir une identité supplémentaire , celle de la sérénité, par sa couleur verte : celle des arbres, des forêts, des prairies.Ses pentes douces et raisonnables ont su façonner les femmes et les hommes qui vivent ici.Après avoir lutté contre des légendes pittoresques : avarice, Gallia comata (Gaule chevelue), mal-propreté (voir la création théâtrale et musicale de J. ARNAUD pour l'Alcazar en 1932, intitulée « Le premier bain d'un Auvergnat »), et autres clichés.

Nous avons tranquillement laissé nos vallées et montagnes assurer nos richesses.Ici les richesses ne s'étalent pas au soleil elles se perçoivent du dedans.Notre terre  de contraste nous a faits à la fois rudes et hospitaliers, discrets et généreux, pudiques et fiers, conteurs et réalistes, taciturnes et volontaires, libres et fidèles, respectueux de la parole donnée et « maquignons ».

Tout habillé de vert, comme les académiciens, le sanctuaire que nous habitons est celui de l'accord parfait entre hommes et matière.« ACHABATZ d'INTRAR »« FINISSEZ d'ENTRER »Le Cantal est splendide mais il est farouche et endurant.

Du dedans vous n'aurez pas le même regard.N'est-il pas doux de chercher dans le lointain, les rougeurs du matin et d'écouter les échos qui chantent derrière nous.Arrêtez-vous, prenez le temps de manger.On ne contredit pas un vieillard cent fois millénaire ...je vous aurai averti..A.F.COULON 02/2002


PREMIER BAIN D'UN AUVERGNAT
SCENE COMIQUE 1932

Paroles et musique de H.Marcoud.

Refrain

Je jura, j m'facha Ch'est un bon système Si tous mes pays f'saient d'même On s'moqu'rait pas Des Ouvergnats.

 

1er couplet

Hier le médecin me dit: sans plus attendre Pierre il faut aller prendre un bain demain matin. Un bainça vous rafraîchira. J'suivrai dis-je votr précept. Pour m'rafraîchir j'acceptemais pas pour me lava.

 

2ème couplet

J'ai beau m'mettre en courrouxJ'puis pas emm'ner CathrineJ'lui dis qu'ça me chagrineTu vas rentrer chez nousUne auch'tre fois cha vaudra mieuxJ'f'rai vignir un' baignoireDedans dans plus d'histoireNous nous mettrons tous deux

3ème couplet

Enfin l'garçon paraitTandis que j'm'démèneSans tarder il m''mmèneDans un p'tit cabinetPuis soudain m'enferm'dedansPrès d'un' baignoire en cuivreA dix huit choux la livreCa valait plus d' trent'francs.

4ème couplet

Le garchon voit bientôtQu'il faut pas qu'on m'attrapeIl tire une choupapeOu pass' l'eau que j'avais d'tropJe plonge un doux tranch' portMon corps dans l'onde claireJ'y rechete une heure entièrepuis une autre encor

Fouchtra ces bains làQuel drôl' de chistèmeMais j'ai bien prouvé tout d'mêmeQu'on n'se moqu' pasDes Ouvergnats

Mais viens y donc méchant gringalet de quatre sous... Est-ce que tu prends un Ouvergnat pour une bête ? vougggri! Mauvais marchand d'eau chaude! Sais tu bien que je n'aurais pas besoin de ta marchandise pour te laver la tête, bouggri ! Tel que vous me voyez je viens de rester dans un bain pendant plus de deux heures la rête dans l'eau jusqu'aux deux oreilles, vouggri ! Je vas vous expliqua la choje, ne faites pas attention, mais je dois être tout pâle tant je suis rouge de colère.

Attendu qu'il n'y a que les gens sales qu'ont besoin d'aller au bain pour se nettoya. Ce matin je dis donc à Catherine mon épouje: pour l'instant nous allons laisser le charbon tranquille. Je ne sais pas ce que c'est que cette mécagnique de bain chaud qu'on me guit de prendre, mais ch'est égal, tu vas faire un piquit bout de toilette et je t'emmène, cha ne coutera pas plus cher pour deuche que pur un et tu te rafraîchiras en même temps que moi , vouggri ! Chucchintement, nous arrivons au bain de la rue Cossonnerie et je me demande au burreau une baignoire et de l'au chaude pour Catherine et moi. Mais voila que l'on me répond que l'on ne peut pas nous mettre tous les deux dans la même baignoire. Est- che que vous plaisantez ? que je réponds parceque nous ne chommes jamais été au bain, vous espérez vous moquer de nous ! Vous croyez donc que j'ignore que la famille Gravelache est alée un soir dans un bain qu'on appelle l' Ambigu qu'ils ont vu jouer le chpectacle et qu'ils ont tenu six dans la même baignoire vouggri !

Collectivement je renvoie donc Catherine et j'entre dans un grand couloir ouch que cha chentait bon la léchive et le chavon de Marseille, bouggri ! J'donne mon numéro à une magnière de garchon de café qui me le prend et s'en va sans rien plus me dire. En attendant qu'il me fache chauffer de l'eau je commence à me dejaébiller dans le couloir; je me déchausse, je require ma veschte, mon gilet, ma chemise, mes chaussettes et mon chapeau. Finalement, ayant tout retiré je m'aperchois que j'ai oublié de prendre un calechon de bain, bouggri ! a che moment il entre un echepeche d'echecogriffe qui me prend pour un nègre et me dit que j'aurais du au moins garder mes bretelles; je deviens pâle comme la mort, j'attrape une cherviette et je me la mets au cou, et comme ch'était trop court, je perds patience et je me mets à crier: Eh garchon, faites-moi entrer dans l'eau chaude, ou je m'en vas trouver la marchande de bain et j'me fais rendre mon argent, fouch'tra ! et la dessus je jura

Ch'est comme je vous le dis, il m'enferme sans me dire seulement de quel côté l'on che met dans chette grande casterolle. Enfin je ne fais ni j'une ni deuche, je retire mon pantalon et je me dis : Au pequit bonheur, on doit d'abord mettre chimultanément l'une après l'autre, les deux jambes bouggra ! Je m'avanche donc et je trempe une première jambe, mais la première choje que je vois c'est une échepeche de bouchon que ch'est imbécile de garchon (pour me faire une niche) avait attaché au bout d'une ficelle, je fais semblant de rien j'aveine mon couteau, je coupe la fichelle, et je retrempe une seconde fois une chegonde jambe...Vouggri di couquine ! ch'était trop chaud ! Je ne fais ni j'une ni deuche, je repasse mon pantalon et je fais vignir le garchon...Mais ch'est trop chaud que jje lui dis...Chuccintement il me montre au dessous d'une espèche de piquit bénitier quelqque chose comme un serpent en cuivre bouggra ! et me dis que je n'ai qu'à tourner pour avoir  de l'eau froide. Resté seul je retire mon pantalon et je me mets à tordre le cou à cet animal de cherpent de fachon que l'eau froide coulait comme du tonneau de mon coujin choulignac, vouggri ! Je retrempe donc une troisième fois une troisième jambe dans la grande chaudraniaque...vouggri ! di couquine ch'était de la glache ! Je ne fais ni j'une ni deuche je repasse mon pantalon et je fais vignir le garchon..Je lui echeplique la cchoje et j'apprends que le cherpent de droite verchait  de l'eau chaude. Une fois seul je tods le cou à la couquine de couleuvre, je remplis le rechte de la baignoire et retirant mon pantalon je trempe pour la quatrième fois une quatrième jambe.Bougrra ! Ch'était plus chaud que la première fois. Au risque de cuire comme une écreviche, que je me dis il faut que je l'endure mille chiaux d'eau du diable ! d'autant plus qu'il n'y avait plus de plache pour mettre de l'eau. J'essaye donc de me glisser dans cette bouillante limonade, mais je veux que le diable me brûle, si j'euche pu seulement enfoncer le demi-quart de la moitié de mon individu ans que ça déborde vouggri ! Je ne fais ni j'une ni deuche je repasse mon pantalon et je fais vignir le garchon.. Donnez moi un chiau, que je lui dis. Miq cha che fait dans la baignoire qu'il me répond. Dans la baignoire ? Vous croyez pas qu'elle n'est pas assez pleine ? Est che que vous croyezque je ne me suis pas aperçu que vous vouliez vous fiche de moi, en me tendant des ficelles dans les jambes, en faisant nager des bouchons et en m'enfermant à double tour et la dechus je Jura

depuis le jour de mes noches, je n'avais pas éprouvé une pareille sensation bouggra ! Au bout d'une heure ce n'était plus de l'eau c'était de l'encre ! Pour en prendre le plus possible j'ai réchepiré pendant deux heures rien que par le nez, bouggra ! Comme vous le voyez il n'y a absolument que le haut de ma tête qui n'a pas trempé fouchtrra ! Pendant que j'étais dans l'eau, je me chouviens que le médechin m'avait dit: "Quand vous serez dans le bain, il faudra prendreun oeuf ou deux cha vous enlèvera les pédicures qui envahissent votre tête" Cheulement, j'avais négligé de lui demander chi chetait à la coque ou chur le plat que je devais les manger bougrri ! Enfin je me les fais chervir sur le plat ma    is je crois que j'en aurai bien mangé une douzaine que cha ne m'aurait rien fait du tout ! Bougrri !  Pourvous fignir je me rhabille et pour essayer encore de se fiche de moi, voila cet animal de garchon qui me demande si je n'ai pas besoin de pédicure ? Des pédicures ? que je lui dis, vous voyez que j'en ai plein la tête que je mange des oeufs pour que cha disparaiche, et vous m'en proposez vougrri ! Et puis qu'est-che que vous me demandez ? Vingt six chous pour deux j'oeufs sur le plat ! Bougrri! Vingt a chi chou pour du jeu ! Teu mouque de ieu bougrri ! A t' za moya me meun d' jute d'la chumo de fiutza pu teu que te bailla ingt a chi cheu pour du jeux, coune vaut de Badabé, Frimouche de Louchtrougnai ! Ah t'za moya me men t'échtrangouilla a la bricaine don vougrri! d'une poutonde rifraine de rifaille bougrri !

@f.Coulon