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Thèse du Docteur Caumon (page
18)
~ Symptômes immédiats et le plus souvent temporaires,
~ Symptômes retardés et habituellement évolutifs .
a) Symptômes immédiats et le plus souvent temporaires
* Troubles de la conscience et du comportement :
La perte de connaissance est fréquemment rapportée (72% des foudroyés selon COOPER
) et ceci même si le trajet du courant épargne la tête.
Elle peut être brève avec reprise spontanée de la conscience. Une perte de connaissance prolongée doit faire suspecter un arrêt
cardio-respiratoire ou une lésion neurologique grave du type hémorragie intracrânienne.
Donc le plus souvent la victime gît au sol à l'endroit où elle a été projetée, immobile, sans aucune contracture musculaire ,ni convulsion, il est
cependant possible qu'un tel foudroyé perde ses urines.
A part la perte de connaissance, une très grande variété de troubles de la conscience et du comportement sont possibles. Le plus observé est l'amnésie antérograde (oubli des circonstances de l'accident et souvent des
faits survenus durant les quelques jours précédent l'accident) dans 46% des cas.
Citons quelques manifestations précoces fréquentes :
anxiété, agitation, irritabilité, sensation d'avoir été assommé, apathie, céphalées,
réaction de type hystérique, symptômes dépressifs et phobiques .
* Atteintes périphériques:
CHARCOT a décrit des troubles parétiques ou paralytiques transitoires des membres (inférieurs surtout) traversés par le courant lors
du foudroiement, baptisés kéraunoparalysies . Elles affecteraient deux tiers des victimes .
L'exemple le plus typique est un cas de foudroiement collectif dans une église, où tous
les participants à une célébration ont perdu connaissance. Mais seuls, ceux qui étaient
debout sur les dalles de pierre, ont eu les membres inférieurs paralysés pendant
quelques minutes à quelques heures ; alors que ceux qui étaient sur une estrade, donc
isolés du courant de sol, en ont été indemnes.
II s'agit de paralysies flasques avec disparition de toute sensibilité. La peau est bien souvent moite, pâle et marbrée. Les pouls
périphériques ne sont parfois plus perçus à la palpation. Il n'y a habituellement pas de
trouble mictionnel, ni de trouble de la défécation.
Ces symptômes disparaissent en quelques heures , si ce n'est pas le cas , il faut alors penser à une lésion de la moelle épinière.
Pour CHARCOT, ces troubles sont dus à une perturbation fonctionnelle directe des nerfs périphériques, alors que CRITCHLEY
. pense plutôt à des phénomènes vasomoteurs intéressants les nerfs périphériques.
CABANE a décrit récemment une atteinte nerveuse périphérique comportant une lésion plexique C6 bilatérale, chez une femme
de 32 ans victime d'un foudroiement par éclair latéral. A un an, les séquelles nerveuses
périphériques sont en régression lente. Sous traitement par morphine, la patiente a pu
reprendre son métier de kinésithérapeute.
Les lésions des nerfs crâniens sont moins fréquentes.
Une étude d'IRANY-OROVECZ et SOMOGY a relevé les lésions les plus fréquemment rencontrées :
- Troubles de l'audition :10% des cas.
- Aphonie :6% des cas.
- Parésie faciale : 4% des cas.
- Anisocorie : 3% des cas.
- Aréflexie pupillaire : 3% des cas.
- Troubles de la déglutition : 2% des cas.
. MORGAY rapporte l'histoire d'un malade qui présentait une paralysie des muscles masticateurs résolutive en une joumée .
SADDLER a décrit une paralysie bulbaire chez une femme de 70 ans avec troubles importants de la déglutition, ayant nécessité une
alimentation par sonde nasogastrique pendant 33 jours. Date à laquelle, elle a récupéré
une déglutition normale sans que ne persiste aucune séquelle .
* Atteintes médullaires :
Plusieurs cas de paralysies précoces et permanentes à type de
paraplégie (T8), tétraplégie (C4) ont récemment été décrits par CHERINGTON
.
* Atteintes cérébrales :
Des hémorragies cérébrales avec hématome extradural, sousdural ou intracrânien sont régulièrement rapportées.
STEINBAUM cite le cas d'un jeune homme de 15 ans victime d'un foudroiement direct, avec point d'entrée céphalique, lors d'un match de football
américain. L'arrêt cardiaque initial a été résolutif après 30 secondes de manoeuvres de
réanimation, suite à quoi a persisté un coma (score de GLASGOW à 5) sans déficit
moteur évident. La tomodensitométrie cérébrale a révélé une contusion intracérébrale
frontale droite avec un hématome sousdural de faible abondance. L'adolescent a quitté
l'hôpital le neuvième jour et il n'a gardé ultérieurement aucune séquelle de cet accident.
Une thrombose cérébrale peut aussi se constituer très rapidement suite à un coup de foudre direct avec contact céphalique.
CHERINGTON a décrit la constitution d'une lésion ischémique chez un garçon de 15 ans, victime d'un foudroiement direct. L'histoire a été marquée par un
arrêt cardio-respiratoire de courte durée résolutif sur les lieux de l'accident- L'examen
clinique a retrouvé : un point d'impact dans la région occipitale droite, une rupture du
tympan droit et une hémiplégie gauche.
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