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Le 2 avril 1874 naquit à Salers Jean Marie Paul Joseph Gely, premier des cinq enfants du foyer d’Etienne Gely (1845-1893), négociant en Espagne et d’Anne dite Lucie Chanut, originaire de Saint-Martin Valmeroux.

gely mere gely pere

Les parents de l'abbé Gely

Il effectue ses études secondaires au petit séminaire de Pleaux, l'un des seuls moyens d’instruction pour les enfants de la campagne que les curés repéraient, ce fut sans doute le cas pour le jeune Jean Marie Paul Joseph, futur abbé Gély, puisqu’il partit ensuite à Paris étudier la théologie au lycée Saint-Sulpice.

Il est ordonné prêtre en 1897 et revient aussitôt exercer son sacerdoce dans le Cantal, d’abord vicaire à Antignac (1897), puis à Saint-Paul-de-Salers (1899), à Jussac (1904) et enfin à Saint-Géraud d'Aurillac en 1906. C’est pendant cette dernière période qu’il fonda la célèbre association sportive « La Géraldienne ».

abbe gely 1906

En 1911, il est nommé curé à Saint-Christophe les Gorges, il y restera 36 ans jusqu’à ce que sonne l’heure de la retraite. En 1946, il se retire dans sa maison de Salers, maison qu’il acheta à l’abbé Chaumeil en 1913 grâce à une souscription faite auprès des Sagraniers afin d’y établir une école, l’institution Notre Dame de Lorette, qui abrite actuellement le musée de Salers.

abbe gely cheval gely au volant

Si le nom de l’abbé Gély est parvenu jusqu’à nous, c’est sans aucune doute grâce à la photographie, pratique alors balbutiante, qui le distingua de ses congénères. Les premiers clichés que nous lui connaissons datent de 1899, ce serait donc pendant son ministère à Saint-Paul de Salers qu’il commença à s’y adonner, non pas en studio comme cela se fait lorsqu’on allait « se faire tirer le portrait » mais à l’extérieur puisque c’était lui qui allait au-devant de son sujet. Il faut imaginer ce que cela signifiait alors en terme de contraintes, telles que le poids et l’encombrement puisqu’il fallait transporter avec soi le boîtier en bois à soufflet et le trépied sans oublier la boite en bois contenant les lourdes plaques de verre. A son retour, une fois le matériel déchargé, il s’enfermait dans son presbytère pour développer les prises de la journée.

enfants hauterive vanneurs gely
basilique mauriac gely labour gely

C’est ainsi que l’abbé Gely immortalisa une grand nombre de scènes de la vie rurale, figeant ici le mouvement d’un bras maniant la faux, là le geste expert de la vanneuse, ailleurs il fixe sur la plaque de verre le retour des fillettes de l’école chaussées de lourds sabots ou encore celui de l’aïeule chargée du bois qu’elle a ramassé dans la forêt. Quelques photos de paysages, de châteaux, d'églises ou de Salers, sa ville natale, viennent compléter cette collection.

En outre, la notice consacrée à l’abbé Gely par les Archives départementales du Cantal nous apprend qu’il fut également un grand voyageur, puisqu’il ramena de nombreux clichés de ces voyages en Italie, en Tunisie et en Palestine.

Si un si grand nombre de photographies de l’abbé Gely sont parvenus jusqu’à nous, c’est sans doute parce que, dès le début du XXe siècle, une centaine de ses clichés ont été publiés par les éditions Carrier-Vigier en cartes postales.

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A gauche la photo de l'abbé Gély, à droite la copie peinte sur toile par Antoine Cayrol

Enfin, Renaud Benoit-Cattin*, conservateur du patrimoine, nous apprend qu’une salle du rez-de-chaussée de l’hôtel du Pont et du Parc (actuel hôtel Arverne ?) à Vic-sur-Cère abrite une peinture sur toile réalisée par Antoine Cayrol en 1909 reproduisant la scène des faucheurs d’après une photographie prise sur le vif en 1899 à Saint-Paul-de-Salers et imprimée sur carte postale.


*Renaud Benoit-Cattin, « Un copiste inattendu à Vic-sur-Cère (Cantal) », In Situ [En ligne], 5 | 2004, mis en ligne le 17 février 2012, consulté le 10 mai 2020. URL : http://journals.openedition.org/insitu/2495

DTF mai 2020