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Paul  Bélard est né en 1944 à Nouvialle, un petit village du Haut-Cantal situé dans la commune de Narnhac, canton de Pierrefort. Quatre ans plus tard, ses parents quittent la région pour « monter » à Paris, en quête d’une vie plus clémente. Cependant, chaque année, Paul revient passer les trois mois de vacances chez son oncle resté au pays, pour des étés qui ont un avant-goût de paradis.

Jeune ingénieur, il commence sa carrière professionnelle chez Michelin à Clermont-Ferrand. Il apprécie les valeurs de cette entreprise qui ne sont pas étrangères à celles que lui enseignait sa grand-mère : horreur du gâchis, épargne, frugalité, amour du travail bien fait. Plus tard, aux Etats-Unis, les souvenirs de ces moments heureux resteront toujours aussi vivaces. En fait, ils deviendront le sujet de ses trois premiers romans.

Paul Bélard vit près de New York, avec sa femme Dorothy, une Américaine qu’il rencontra à Clermont-Ferrand en 1972, et leur fils Marc, né en 1978. Cette rencontre va chambouler sa vie. En 1974, ils se marient puis s'installent à Paris où Paul, passionné par les livres depuis son adolescence, se forme à la reliure, à raison de deux ou trois séances par semaine et ce, pendant trois ans, auprès de Paule Ameline, célèbre maître relieur.

Belard Paul

Le couple retourne aux Etats-Unis en 1978, Paul travaille dans différentes sociétés d'ingéniérie avant d'intégrer Verizon Communications en qualité d'ingénieur de projet. Parallèlement, il se fait connaître auprès des libraires auxquels il propose ses services de relieurs. De fil en aiguille, ce qui n 'était qu'un passe-temps s'est presque transformé en un deuxième emploi qu'il évoque en ces termes :"Vous sentez le cuir, le papier, vous les touchez et les sentez, vous utilisez vos mains et votre esprit, et vous êtes vivant".

Mais ce n'est pas tout, Paul Bélard a une autre passion : Elvis Presly qu'il découvre dès 1958 en écoutant la radio, peut-être lorsqu'il revenait en vacances chez son oncle, dans le Cantal ? Il s'est passionné pour l'artiste au point de publier plusieurs ouvrages à compte d'auteur, limités à une cinquantaine d'exemplaires chacun, afin de rétablir la vérité, "le premier, j’ai décidé de l’écrire parce que je commençais à en avoir assez d’entendre des ignorants dire qu’Elvis était raciste et volait de la musique noire". Et Paul Bélard de citer B.B. King : « Si quelqu’un dit qu’Elvis Presley était raciste, alors il ne sait rien d’Elvis Presley ou de l’histoire de la musique. »

 Paul Belard Elvis

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Oeuvres romanesques de Paul Belard

Les pralines de l'orphelinat

2021 - Editions Les 3 colonnes

Belard pralines

Ce roman écrit à la première personne est le récit des 6 années que Bastien, jeune Cajun, a passées, de 10 à 16 ans, de 1948 à 1954, dans un orphelinat catholique de la Nouvelle-Orléans où plane encore l'ombre de la deuxième guerre mondiale.

Mais ce résumé est très – trop - réducteur pour rendre justice au roman de Paul Bélard. Les 350 pages se dévorent d'un trait, on est emporté par la narration du jeune Bastien qui découvre pêle-mêle le racisme, le bien, le mal ainsi que l'autorité, l'injustice et la mesquinerie d'où qu'elles viennent, l'amitié entre camarades d'infortune, qu'ils soient cajuns, créoles, red bones ou encore asiatiques, la musique sous toutes ses formes (jazz, blues, dixieland, zydeco, cantiques et spirituals) qui, d'où qu'elle vienne, des cuisines aux grilles de l'orphelinat - on entendrait presque les notes du cortège funèbre qui accompagne en musique la dépouille deThélonius, scène qui n'est pas sans évoquer la marche funèbre qui ouvre le film James Bond : "Vivre et laissez mourir"– leur procure tant d'émotions.

En outre, les échos du monde parviennent sans trop de difficultés aux jeunes pensionnaires à travers les grilles de l'orphelinat, toujours ouvertes et jamais franchies, soit par l'enseignement dispensé et les nombreux livres de la bibliothèque, domaine de la lumineuse sœur Geneviève, soit par les sons et les couleurs de la vie de dehors (feux d'artifices du 4 juillet, décorations de Noël).

J'ai été séduite par cette plongée dans le quotidien de Bastien, enfant vif et intelligent dont la logique se heurte souvent à la vie codifiée des sœurs dont toute remise en question semble exclue - l'enseignement théorique dispensé aux élèves n'esquive pas la question de l'esclavage et le dénonce et, dans le même temps, les tâches domestiques de l'orphelinat – cuisine et lessive – sont exécutées par les nonnes noires.

Paul Bélard, par le biais de l'instruction donnée aux enfants, nous fait revivre quelques-unes des périodes, moins connues du grand public, de l'histoire des Etats-Unis telles que « les massacres, les déportations et les migrations comme celle des Cherokees chassés du Tennessee par le président Andrew Jackson », ou le grand dérangement qui a vu les Acadiens d'Acadie déportés en Louisiane mais aussi au Québec, en France, ou à Saint-Domingue.

Enfin, Paul Bélard ne pouvait pas passer à côté d'un clin d'oeil à son idole, Elvis Presley, c'est chose faite à la page 342.

DTF, avril 2022

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Les gamins de la rue Saint-Quentin

2014 - Editions De Borée

Paul Belard 2014

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La course des érables

2017 - Editions L'Harmattan

Paul Belard 2017

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De Michelin au Nouveau Monde

2011 – Editions Des Monts d’Auvergne

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Dans Moissons d’Enfance et La ferme aux Ecrevisses, Paul Bélard a raconté avec précision, tendresse et humour la vie dans le Cantal des années 1950. Cette même fraîcheur, sincérité et légèreté de ton se retrouvent dans son troisième livre De Michelin au nouveau monde. Michelin y est décrit avec clarté, humour et, bien entendu, une teinte de sens critique que l’objectivité commande. Récit remarquable d’un vécu Michelin unique. Passionnant !

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La ferme aux écrevisses

Paul Bélard (2008)

Paul Belard 2008

Un été à surveiller tout seul les vaches, ça ressemble un peu à une punition. Mais pour le petit Paulou, pensez donc ! Les vaches qui enflent, les génisses amphibies ou les combats de taureaux assurent un surprenant spectacle quotidien.

Et puis les tirs d'adresse au lance-pierre sur les mâles parties d'un bovin et le lancer de bouses sèches à travers champs complètent astucieusement les journées de ce gamin des villes.

Il reste juste assez de temps pour la sieste et la pêche aux écrevisses. Le soleil se couche. Vivement demain !

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 Moissons d’Enfance

2006 - Editions De Borée

paul belard 2006 

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